Tombée de la nuit : pourquoi l’angle du soleil compte plus que l’horloge

*Est-ce que 13 minutes et demie après le coucher du soleil en France correspondent à une inclinaison solaire de -6.3°, comme en Israël à ce même moment ?

Réponse : Non.

En Israël, 13 minutes et demie après la shki’a, le soleil atteint environ -6.3° sous l’horizon — ce qui, selon plusieurs poskim, marque déjà la tombée de la nuit (tset hakokhavim). Avis de Rav Ovadia Yossef zatsal.

Mais en France, à ce même moment (13 minutes et demie après la shki’a), le soleil n’est descendu qu’à environ -3.4°, ce qui est encore loin du niveau de pénombre requis pour considérer que la nuit est tombée.

Autrement dit : même si en Israël 13 minutes ≈ -6.3°, ce n’est pas du tout le cas en France.

En France, il faut attendre environ 25 à 27 minutes après la shki’a pour atteindre ce même angle de -6.3°.

Et que signifie -7.08° pour la tombée de la nuit en France, dans les calendriers ?

L’inclinaison solaire de -7.08° désigne la position du soleil 7.08 degrés sous l’horizon, après son coucher.

C’est un seuil astronomique précis que plusieurs autorités halakhiques en diaspora, notamment en France, utilisent pour fixer l’heure de la fin de Chabbat, de la sortie des jeûnes, ou encore pour réciter le Kriyat Shema de la nuit (Arvit).

Pourquoi ce seuil ?

Parce qu’il correspond à un moment où les premières étoiles visibles apparaissent, signe halakhique que la nuit est effectivement tombée.

Pourquoi ne pas se baser simplement sur un horaire fixe ?

Justement parce que l’inclinaison du soleil après la shki’a n’évolue pas de la même manière selon les régions du monde :

En Israël, le soleil descend rapidement sous l’horizon → la nuit tombe vite.

En France, le soleil descend plus lentement → il faut plus de temps pour atteindre la nuit.

C’est pourquoi certains poskim, comme le Rav Posen (Avis suivi par la communauté juive de France depuis des décennies) ont préféré se baser non pas sur des minutes fixes, mais sur l’angle réel du soleil.

C’est une méthode plus rigoureuse, plus fidèle à la réalité naturelle, et plus universelle, car elle permet de s’adapter à la géographie locale.

Voilà, en bref — pour les plus futés d’entre nous — une petite touche de culture générale 😉.

Pour la petite touche d’actualité:

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié les mots du Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, et du Grand Rabbin de Paris, Michel Gugenheim : « Nous ne laisserons jamais le temps, qui fait de nous des contemporains, nous séparer en France, ni personne briser l’unité de la communauté juive de France. »

Bien dit, Messieurs les Grands Rabbins. Chapeau.

 R. Yehouda Elbilia

* Un communiqué circule, appelant à suivre l’avis de Rav Ovadia Yossef pour sortir du jeûne de Ticha Béav dès 13 minutes et demie après la shki’a — sans fournir la prétendue réponse écrite qu’il affirme avoir reçue du Grand Rabbin d’Israël, Rav Its’hak Yossef Chlit’’a, justifiant cette position.

Les Grands Rabbanim de France s’y opposent clairement.

Et même si cette lettre venait à être montrée, cela ne nous obligerait en rien à changer de pratique : nous avons parfaitement le droit de continuer à suivre Rav Posen, comme c’est la tradition en France.

Voici, en quelques lignes, pourquoi.

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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