Traumatismes… ou cicatrices de l’âme ?

Introduction

Vous avez cliqué sur le lien ? Vraiment ?

Ah ben c’est que vous êtes déjà en bonne voie de guérison !

Ben oui… si vous étiez véritablement traumatisé, vous n’auriez peut-être même pas eu le courage de cliquer pour lire sur un thème aussi… traumatisant.

Pas mal l’intro hein…

Bon, parlons sérieusement maintenant.

Pour ce faire, regardons un enseignement de la Michna :

« Kol hamatsil néfech a’hat miIsraël, kéïlou kiyem olam malé »

— Tout celui qui sauve une âme d’Israël est considéré comme s’il avait accompli un monde entier.

C’est l’une des plus belles phrases de nos Sages. Elle représente même, je dirais, une part de l’ADN du peuple juif : une nation qui valorise la vie humaine au point de considérer qu’une seule existence vaut un monde entier.

Mais cette phrase soulève plusieurs questions.

Tout d’abord, elle commence par kol hamatsil — “tout celui qui sauve”. Le mot tout inclut n’importe quelle personne, juive ou non. Pourtant la suite parle du sauvetage d’une âme d’Israël. Alors où est passé le non-juif ?

Deuxième difficulté : la Michna parle d’abord de sauver une personne, puis conclut que c’est comme si l’on avait accompli un monde entier. Quel est donc le lien entre sauver une vie et “accomplir un monde” ?

Enfin, relevons un dernier détail.

Pourquoi parler d’« une âme » ? On aurait pu dire simplement : un juif.

Si je puis me permettre, commençons justement par là.

Il serait réducteur de lire dans les paroles de nos Sages un simple encouragement à sauver des vies humaines. Et il serait encore plus faux de penser qu’un juif vaudrait plus qu’un non-juif. Ce n’est absolument pas le propos.

Dans certains manuscrits du Talmud, le mot “Israël” n’apparaît même pas. Et pour cause : cet enseignement vient renforcer une idée fondamentale.

Au moment de la création, D. n’a pas créé une multitude d’êtres humains. Il a créé un seul homme.

Le Midrash explique pourquoi.

Afin que personne ne puisse dire : « mon père est plus grand que le tien ».

Mais aussi pour nous enseigner que celui qui sauve une vie humaine devient, en quelque sorte, le parrain de l’humanité tout entière. Il participe à l’accomplissement du monde de D.

En d’autres termes, tous les êtres humains possèdent une valeur infinie.

Mais une dimension donne à cet enseignement une profondeur supplémentaire : l’âme.

Oui, pardonnez ma franchise, mais il y a des personnes qui se comportent avec humanité… et d’autres qui l’abîment.

Biologiquement, nous sommes tous des humains. Mais moralement et spirituellement, tout dépend de ce que nous faisons de cette humanité.

Combien de personnes souffrent à cause de mots qu’on leur a lancés.

Combien souffrent de critiques, d’insultes, d’humiliations.

Combien souffrent de coups qu’on leur a portés.

Combien souffrent parce qu’on les a manipulées.

Mais cherchons le point commun de toutes ces blessures.

Ce n’est pas seulement le mot, ni le geste, ni l’acte lui-même.

C’est l’inhumanité de celui qui l’a commis.

La haine derrière les paroles.

La perversité derrière la manipulation.

La négation de l’âme de l’autre.

Voilà ce qui blesse profondément.

Avant même de chercher comment guérir de nos traumatismes — et oui, nous en avons tous — il faut comprendre une chose : ces blessures touchent ce qu’il y a de plus profond en nous.

Notre âme.

Une âme qui est éternelle. Une âme qui vient d’En-Haut.

C’est elle qui est visée.

C’est elle qu’il faut protéger.

C’est elle qu’il faut relever.

Car celui qui redonne vie à une âme lui redonne, en quelque sorte, une existence éternelle.

Lorsque je prends ma voiture pour aller au travail, les rues grouillent de monde. Les enfants marchent vers l’école avec leurs parents, les adolescents descendent du bus en groupe, les adultes se pressent pour commencer leur journée.

Et je me dis alors :

Qu’il est beau, ce monde.

Et soudain je remarque un passant qui attend sur le trottoir pour traverser la rue.

Je me dis alors :

« Tu vois ce qu’est un être humain ? »

Nous croyons voir des hommes, des femmes, des enfants.

Mais en réalité, chaque être humain est un monde à part entière.

Un monde complexe qui demande de l’attention, un sourire, de la bienveillance.

L’enfant mignon que tu crois voir comme un simple petit corps est bien plus que cela.

Il est le fruit de l’amour de ses parents, de leurs disputes, de leurs réconciliations. Il est une pâte encore modelable. Il grandit à l’école sous l’influence de ses professeurs, dans la complicité de ses amis, parfois sous la jalousie d’autres.

Quel monde se cache derrière chaque visage.

Qu’Il est grand, le Maître de l’univers, de coordonner et de façonner l’humanité et son histoire. Combien d’empathie, d’amour et de tendresse Il insuffle pour que le monde continue à vivre.

Celui qui, ici-bas, sauve une âme s’associe alors à la volonté du Divin, à la plus noble des causes : l’homme.

Et si nous regardons autrement nos blessures ?

Souvent, face à un acte offensant, nous pouvons être énervés, colériques, prêts à nous emporter. On pense : « Que D. le punisse ! Qu’il subisse ce que j’ai subi ! »

Mais en réalité, notre vraie force ne réside pas dans la colère, mais dans la conscience de notre propre réalité.

Si nous ressentons une gêne, une offense, une blessure, c’est justement parce que nous possédons un cœur pur.

Si nous étions à la place de l’autre, nous n’aurions pas agi ainsi.

Cette droiture et cette dignité intérieure sont exactement ce qui nous choque dans le comportement des autres.

Et ce constat ne doit pas devenir un fardeau ou une peine. Au contraire : c’est une joie.

Une joie de savoir ce qu’un homme droit et digne doit véritablement être. Une joie de constater notre sensibilité, notre humanité.

Et peu importe la raison de celui qui nous a blessés, peu importe son rang, sa puissance, sa notoriété. Peu importe son passé ou son avenir. Chacun a sa vie, chacun son combat.

Lorsque nous sommes sur le bon chemin, pleinement humains et fidèles à notre cœur, ces comportements ne nous perturbent plus. Nous savons nous élever au-dessus de tout cela, au-dessus de toutes les difficultés. Nous restons droits, intacts dans notre dignité, et c’est là toute notre force.

Ainsi, n’ayons pas peur de nos traumatismes.

Ils sont la preuve de notre profondeur humaine, de notre sensibilité d’âme.

Nous pouvons prévenir, guérir, soutenir ceux qui auront besoin de nous, en leur rappelant qu’ils sont purs, précieux, porteurs d’éternité.

Celui qui redonne vie à une âme ne répare pas seulement une personne.

« Il participe à la reconstruction du monde ».

 

Alors… prêt pour la suite ?

Prochain chapitre :

« Chacun sa place — le secret pour raviver nos relations ».

À suivre bientôt sur Dvar Matok. ✨

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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