Parachat Behaaloteha : Les gens du voyage

Dans la paracha de cette semaine, les Béné Israël vont faire leurs premiers voyages en stars, réunis avec honneur et grandeur autour du Temple. Les chevaliers aux couleurs de leurs étendards, chaque tribu à son poste… ainsi se déploient les magnifiques légions célestes de D. Lui-même.

Le verset ne souffre d’aucune ambiguïté : on ne choisit pas le lieu de notre campement, ni l’horaire de notre départ :

« Sur la parole de D. ils camperont, et sur la parole de D. ils voyageront ; la garde de D. (le Michkan), ils la garderont; sur l’ordre de D. par l’intermédiaire de Moché » (Bamidbar 9:23).

Je ne sais pas si cela vous fait « tilt », mais moi, j’ai soudain pensé à un reportage que j’ai vu cette semaine – et qui sait, peut-être était-ce min hachamayim ? – sur les gens du voyage… les gitans.

« Combien de fois dans l’année déménagez-vous ? » demandait le journaliste. « En moyenne, trois fois par mois », répondait l’homme.

Mais attention, ce ne sont pas des individus perchés qui vivent isolés dans des caravanes. « Nous sommes une communauté », disait-il encore, « soudée… prête à se battre pour défendre les valeurs de la famille, la séparation entre les hommes et les femmes. Et puis, on n’appelle pas la police en cas de litige, on se débrouille tout seuls comme des grands… »

Oui, je ne vous le fais pas dire, ils ont toutes sortes « d’engins » qui vous calment vite fait, bien fait…

Voilà pour la parenthèse culturelle et le dépaysement. Juste pour conclure avec un chiffre : sachez que la France en accueille pas moins de 300 000..

Quant à nous, nenni ! Nous ne sommes pas les mêmes « gens du voyage ».

Le verset est extraordinaire : « Sur la parole de D. ils camperont… »

Normalement, le verset aurait dû commencer par le commencement : « Sur la parole de D. ils voyageront », puis ensuite « Sur la parole de D. ils camperont ». Comment comprendre cette nuance ?

En réalité, la vie d’un Juif ne se définit pas au nombre de déplacements qu’il effectue, ni au nombre de ses campements, mais en fonction de son adéquation avec la parole de D.

L’homme, par nature, est un être en évolution constante. C’est un « marcheur » parmi les hommes, qui s’élève chaque jour au-delà des difficultés et des aléas de la vie. Par nature, il marche, il avance loin devant pour grandir encore et encore.

C’est alors que D. s’adresse à lui et lui dit : « Arrête-toi ici. Plante ta tente ici. Apprends de cet endroit, de la situation que Je présente devant toi… Oui, cette épreuve peut être plus ou moins longue… mais ne t’inquiète pas, tu te remettras en route le moment venu, lorsque Je l’aurai décidé. »

Le Juif n’est pas un simple nomade qui erre de pays en pays, de ville en ville, en raison d’une insécurité grandissante, d’un manque de confort ou de réussite. Il est un homme qui cherche à déceler la parole de D. à travers son quotidien. Ce fameux trésor qui lui permettra de monter au niveau suivant dans ce jeu si extraordinaire de la vie.

Et oui, ici, le game over n’existe pas ! Le joueur sait pertinemment que la partie sera quoi qu’il arrive gagnante, car les épreuves de la vie ne sont que constructives.

Ce qui différencie le Am Israël des autres nations, ce n’est pas sa vulnérabilité, ni son destin si curieux de se retrouver constamment dans la tourmente ou la lumière, au centre de l’actualité pour essuyer des critiques à n’en plus finir. Non. Sa singularité réside dans la nature même de ses déplacements et de ses installations : le fait de garder au plus proche de lui, en son sein, ses rouleaux de Torah, le Temple, la parole de D. comme son plus grand trésor.

Achrenou ! Quelle chance nous avons de grandir et de nous épanouir avec, ancrée au cœur, la recherche d’une parole de D. authentique. C’est elle qui nous donne, encore et toujours, cette énergie infinie pour Lui ressembler à tout jamais.

Bonne route à toutes et à tous ! Et pour ceux qui s’impatientent : gardez espoir, le jeu est gagné d’avance. Bravo !

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Behaaloteha

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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