Cette semaine, j’ai comme l’impression que “ça va ruer dans les brancards”. Ah oui ! Le thème abordé est si d’actualité… ce n’est pas un sujet poussiéreux ou “vieux jeu”. Nous parlons ici, ni plus ni moins, de la valeur de l’être humain et de la place de la femme !
Quoi ? Vous n’avez pas trouvé ce thème dans le texte ? Mais si, voyons… c’est écrit noir sur blanc pour celui qui lit attentivement. Alors, vissez bien vos lorgnons sur le nez avec la bonne focale !
La Torah nous dit : « D. parla à Moché : un homme qui fera le vœu de donner sa valeur à D. (au Temple) : son équivalent sera de 50 shékalim pour un homme âgé de 20 à 60 ans ; pour une femme, 30 shékalim. »
C’est intéressant, car le texte continue en fixant un tarif pour chacun : les enfants, les nourrissons… On pourrait s’interroger : pourquoi cette différence entre les hommes et les femmes ? S’agirait-il d’une hiérarchie de valeur humaine ?
Pas du tout. La Torah parle ici d’une capacité d’action concrète et de la force de travail à une époque donnée.
Mais regardez ce qui se passe quand on atteint l’âge de la sagesse.
La Torah introduit des fluctuations à la baisse avec les stigmates de l’âge : quand un homme atteint les 60 ans ou plus, sa valeur descend à 15 shékalim. Et pour une femme ? 10 shékalim.
Regardez bien les chiffres : l’homme perd 35 shékalim, soit une chute de 70 % de sa valeur initiale ! La femme, elle, passe de 30 à 10 : une baisse de 66 %. Proportionnellement, la femme affronte mieux les scories du temps.
Pourquoi donc ? Rachi, avec sa finesse inégalée, décoche ses lumières en s’appuyant sur une expression poignante du Talmud (Arkhin 19a) :
« Un vieillard dans la maison est un fardeau ; une vieille femme dans la maison, un trésor. »
Le Talmud nous explique qu’un homme âgé peut parfois devenir grincheux (j’entends des dents grincer, faut assumer les amis, rires), plus exigeant, plus lourd à porter pour son entourage quand il perd sa force physique.
Faisons amende honorable et sachons admettre que, bien souvent, avec le temps, une femme se bonifie, en ce sens où elle est capable de développer davantage de patience, de douceur, de présence apaisante. En un mot, elle devient le pilier incontournable, le « trésor » du foyer.
Aujourd’hui, nos sociétés luttent — à juste titre — pour l’égalité des salaires et des chances. Il n’y a aucune raison qu’un expert-comptable homme touche plus qu’une femme pour un même travail.
Mais la Torah nous enseigne une nuance fondamentale qui pousse le curseur : elle ne s’arrête pas à la force des bras ou au rendement productif, elle va plus loin en regardant la force du cœur.
Certes, dans les travaux physiques, les différences existent, mais avec les années, alors que l’homme peut perdre son équilibre ou son énergie, la femme gagne en densité spirituelle et humaine. Elle devient cette présence bénéfique dont on ne peut se passer.
Pour finir ce Dvar Torah, je dirais simplement : Messieurs les machos, à bon entendeur salut ! Nous avons beaucoup à apprendre des femmes !
Sur l’attention portée aux autres, sur la patience, et surtout sur cette capacité à aimer, de manière inconditionnelle, qui elle, ne prend pas une ride et ne se dévalue jamais avec les années.
Voilà pour la marge de progression… L’effort dépasse celui de la salle de sports ! Alors, smile ! Et au travail !
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