Question de O. : Bonjour Rav, pourquoi lisons-nous les Pirkei Avot entre Pessa’h et Chavouot ? Y a-t-il un lien avec le don de la Torah ?
Réponse : Très bonne question.
On trouve, dans Pirkei Avot, une Michna qui évoque les 48 kinyanim de la Torah — 48 acquisitions, ou plutôt 48 outils permettant d’acquérir la Torah.
Rav Israël Salanter expliquait que durant les jours du Omer, il est bien de travailler chaque jour un de ces 48 kinyanim en vue de Chavouot.
Mais une question se pose.
Nous comptons 49 jours entre Pessa’h et Chavouot… alors pourquoi seulement 48 kinyanim ? Il en manque un.
Ce premier élément, c’est la émouna — la foi en D., la reconnaissance qu’Il est le Maître du monde et Celui qui nous a fait sortir d’Égypte. C’est le fondement, préalable à tout travail.
Mais alors une autre question surgit.
Si ces 48 kinyanim apparaissent dans une seule Michna, pourquoi avons-nous la coutume de lire l’ensemble des Pirkei Avot pendant cette période ?
C’est ici que se trouve la clé.
Pirkei Avot ne sont pas des halakhot, mais des maximes de vie. Elles viennent nous enseigner que Derekh Eretz kadma laTorah — le savoir-vivre précède la Torah.
Durant cette période du Omer, nous sommes en deuil des élèves de Rabbi Akiva, qui n’ont pas su se témoigner suffisamment de respect les uns envers les autres.
Leur faute n’était pas un manque de Torah… mais un manque de midot.
Or, sans Derekh Eretz, il ne peut pas y avoir de véritable Torah.
Ainsi, nous lisons les Pirkei Avot pour travailler précisément cela : affiner nos traits de caractère, nous élever intérieurement, et devenir aptes à recevoir la Torah.
Comme le Talmud (Yoma 72): si l’homme se purifie, la Torah devient pour lui un élixir de vie. Mais s’il ne se travaille pas, elle peut, à D. ne plaise, devenir un élixir de mort.
Les Pirkei Avot ne sont donc pas un ajout — ils sont la condition même du don de la Torah.
Leilouy nichmat R Yossef Avraham ben Hanna vechlomo Martiano
Bonne étude et à bientôt,
R. Yehouda




