Femmes et veillée de Chavouot : Faut-il étudier ?

Question de Yaël : Bonsoir Rav Elbilia, Je me posais une question concernant la fête de Chavouot : est-il d’usage pour nous, les femmes, de participer à la veillée ? Si oui, est-il recommandé d’étudier des textes en particulier, ou vaut-il mieux privilégier la lecture des Tehilim ?

Réponse : Bonsoir Yaël,

Effectivement, la fête de Chavouot est un moment phare du Am Israël,  le jour où nous avons reçu la Torah.

C’est le moment idéal pour prier, pour demander à Hachem de nous donner les forces et l’intelligence de comprendre les préceptes de la Torah et de la Halakha, afin de savoir comment nous comporter au quotidien; Atteindre cette fidélité de pensée qu’un Juif se doit d’avoir envers son Créateur, ses amis et le monde entier.

Mais ce n’est pas tout. Il faut prendre conscience que la Torah n’est pas synonyme de sacrifice ou de prichout (de détachement) du monde. Non, bien au contraire !

Contrairement aux autres fêtes, la seule Mitsva spécifique que nous avons pendant Chavouot, c’est celle de se réjouir et de « kiffer » en famille et entre amis.

Comme nous l’enseigne le Rambam (Maïmonide), la moitié du temps – incluant les prières – est consacrée à Hachem, et l’autre moitié est pour nous-mêmes. L’idée profonde de Chavouot, c’est de comprendre que Torah et loisir ne sont pas contradictoires.

Il n’existe pas un « moi à la synagogue » et un « moi en dehors de la synagogue ».

Non, même lorsque tu prends soin de toi et que tu profites, tu dois prendre conscience que tu accomplis une Mitsva ! C’est là que réside le véritable bonheur d’un Juif.

La veillée de Chavouot : Une coutume, pas un sacrifice

Concernant la veillée de la nuit de Chavouot, il faut savoir qu’il s’agit d’une belle coutume (Minhag) qui s’est répandue il y a quelques siècles.

Son but est de réparer le fait que nos ancêtres s’étaient endormis la veille du don de la Torah et ne s’étaient pas levés de bonne heure pour la recevoir.

Cependant, de nombreux décisionnaires écrivent noir sur blanc que si une personne sait d’avance que sa Tefila (prière du matin) ne pourra pas être récitée et vécue avec Kavana (concentration) à cause de la fatigue de la veillée, il vaut bien mieux pour elle de dormir convenablement. Après une belle Tefila en pleine forme, elle aura ensuite tout le temps d’étudier normalement pendant la journée. (Chevet Halévy)

Et pour les femmes ? Une connexion « No Limit »

Les femmes, quant à elles, n’ont pas pris sur elles ce Minhag de veiller. (Ben Ich Hay dans Od Yossef Hay p. vayichlah)

Bien sûr, si une femme désire quand même étudier en soirée, elle le peut tout à fait !

Elle pourra par exemple lire le livre des Tehilim (Psaumes) en l’honneur du Roi David – qui a quitté ce monde le jour de Chavouot – ou encore lire le livre de Ruth avec ses commentaires ou encore tout autre livre de halakha accessible…

Mais j’aimerais que les femmes comprennent une chose essentielle : elles ne doivent absolument pas se sentir exclues de la veillée ou de la Mitsva d’étudier la Torah à proprement parler (l’étude académique, comme les hommes peuvent le faire avec le Talmud ou la Michna).

Pourquoi ?

Si les femmes sont exemptées de cette réparation, la raison est simple… elles n’ont pas fauté avec le Veau d’or !

Autrement dit, elles n’ont jamais trompé Hachem après le don de la Torah, et n’ont pas donné leurs bijoux pour construire l’idole en attendant que Moché descende du Sinaï.

N’ayant pas fauté, elles n’ont pas besoin de faire cette Techouva spécifique en devant dorénavant étudier la Torah non-stop, ni de veiller pour réparer ce lien. Leur connexion avec le Créateur est restée intacte, pure, no limit et sans frais supplémentaires !

Le conseil halakhique pour Chavouot

Alors, si vous voulez le véritable avis de la Halakha : mesdames, allez dormir ! Profitez d’être des femmes, prenez conscience de votre immense valeur et, surtout, gardez votre énergie pour le nécessaire.

Soyez en forme pour la matinée et pour vous réjouir véritablement avec votre famille pendant cette magnifique fête.

Hag Sameah !

R. Yehouda Elbilia 

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Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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