Enlever des toiles d’araignée pendant Chabbat

Question de Chantal :

Chalom ouvra’ha, est-il autorisé d’enlever des toiles d’araignée pendant Chabbat ? Y a-t-il un problème de détruire ou de déchirer la toile d’araignée ? Est-ce qu’il y a un problème de mouktsé ?

Réponse :

Très bonne question que je me suis posé moi même un jour de Yom Kippour!

Le Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm 262) écrit qu’il faut faire entrer Chabbat avec de beaux habits et une belle table dressée. Le Michna Beroura ajoute, au nom du Réchit ‘Hokhma et du Maguen Avraham, qu’il faut également nettoyer la maison des toiles d’araignée qui s’y trouvent.

Le Chla hakadosh écrit même que, de manière générale, il ne faut pas laisser de toiles d’araignée chez soi, car elles représentent et attirent les mauvaises ondes (sitra a’hra et ’hitsonim), susceptibles de causer des problèmes de chalom bayit et autres.

(D’ailleurs, on nous a toujours dit qu’il y avait une mitsva de tuer les araignées en semaine – (pas pendant Chabbat!) – car elles auraient participé à amener du bois pour faire brûler le Temple de Jérusalem. Je ne vous cache pas qu’après maintes recherches, je n’ai pas trouvé de source concrète disant cela. Cependant, dans les paroles du Chla hakadosh, il semblerait qu’il y ait une allusion à l’idée de s’en débarrasser.)

Mais qu’en est-il si, le jour de Chabbat, nous découvrons une toile d’araignée, ou que nous voyons une araignée en train de tisser sa toile – hop, elle tire un fil du plafond jusqu’à notre lit ? Pouvons-nous déchirer la toile sans tuer l’araignée, puis la déposer au sol ou sur le balcon ?

Le Kaf Ha’haïm (Ora’h ‘Haïm 328, note 270) rapporte le Yafé Lalev, qui s’interroge : y a-t-il ici un problème de détacher un élément rattaché au sol ? Et également un problème de mouktsé, comme le mentionne le Mor Ouktsia ?

Cependant, le Chemirat Chabbat Kehilkhata (Tome 1, chap. 23 §10 note 37) rapporte au nom du Rav Shlomo Zalman Auerbach zatsal qu’il est étrange de considérer le tissage d’une toile d’araignée comme une forme de binyan (construction) qui impliquerait une interdiction de sotère (détruire) ou de toléch (détacher). Ainsi, si cette toile dérange les habitants de la maison, il sera permis de l’enlever à l’aide d’un balai ou d’un autre ustensile, afin d’éviter un problème de mouktsé.

Il est évident que cette autorisation s’applique lorsque la toile d’araignée est attachée à un meuble ou un objet mobile, car les problèmes de soter et de toléch ne s’y appliquent pas. Mais même dans le cas où la toile est fixée au mur ou au plafond — c’est-à-dire à un élément rattaché à la structure de la maison — il n’y a pas non plus d’interdit.

En effet, comme le fait remarquer le Or Létsion (Tome 2, chap. 27 §13), personne ne considère une toile d’araignée comme faisant partie intégrante de la construction de la maison. Dès lors, il est permis de l’enlever, à condition bien sûr d’utiliser un ustensile et non les mains, pour éviter tout problème de mouktsé.

Concernant l’intervention de korea (déchirer), bien que les décisionnaires ne se soient pas explicitement prononcés sur la question  dans ce cas précis, il me semble que cela est dû fait que l’interdit de Korea, d’ordre torahique, ne s’applique que sur un tissu que l’on pourrait recoudre ou reconstituer selon notre volonté. Une toile d’araignée, qui n’est ni un tissu ni reliée aux interdits de couture ou de raccommodage, ne constitue pas une matière sur laquelle les Sages auraient instauré un interdit rabbinique de Korea.

Conclusion :

Il est permis d’enlever une toile d’araignée pendant Chabbat si cela nous dérange. Il faudra simplement veiller à ne pas l’enlever directement avec les mains, mais avec un ustensile quelconque, en raison du problème de mouktsé. (Chemirat Chabbat Kehilhata et Or Letsion)

Héyou Chalom,

R. Yehouda Elbilia

RUBRIQUES

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *