Parachat Vayikra : et si on n’était jamais vraiment parti ?

Un nouveau Séfer s’ouvre devant nous : le Séfer Vayikra.

Un livre assez atypique de nos jours, pour nous qui ne pouvons plus offrir de korbanot. Mais malgré cela, n’y voyons pas une perte de temps en prenant le temps de nous attarder sur ces lois, car en réalité, elles sont révélatrices d’une profondeur intemporelle.

A cet effet, amorçons par une simple remarque préliminaire sous forme de constat :

il existe une faute pour laquelle il n’y a pas de korban expiatoire : la faute volontaire, le mézid.

Premier questionnement !

Par ailleurs, comment comprendre la nécessité de sacrifier des animaux pour obtenir l’expiation d’une faute, ou même pour remercier D. ?

La déclinaison des questions pourrait se multiplier :

– Ainsi, pourquoi seuls des animaux domestiques sont-ils offerts ?

– Ou encore, pourquoi, parmi ces animaux cachers, ne figurent ni le poulet ni le poisson ?

– Enfin, pourquoi les offrir uniquement salés, et non sucrés ?

Intrigués par les réponses ?

J’en appelle à votre sagacité pour vous orienter vers votre ‘Houmach, dans le Guide des égarés… Soyons fous pour les accros à la modernité, interrogez ChatGPT — une fois n’est pas coutume, je vous le concède … Warning !!! Ne prenez pas tout ce qu’il vous dit pour argent comptant, il se plante pas mal en Torah ! Vous demanderez validation à votre Rav.

Impatients que vous êtes… Vous ne vous attendiez pas à ce que je vous laisse en haleine, haha…

Savlanout !!! Eh oui, aujourd’hui je préfère avant tout me focaliser sur une autre facette de notre nouveau livre, en lien avec le mois de Nissan :

Le retour… ou le commencement.

En effet, Nissan, mois de la guéoula, géoula d’un peuple qui fait ses premiers pas en dehors de l’Égypte, de cet oppresseur cynique, dur et cruel depuis des siècles. Quelle délivrance !

Mais un petit instant… En quoi consiste réellement cette délivrance ?

– S’agit-il avant tout de quitter l’Égypte, ou de se rapprocher de D. ?

– S’agit-il du début d’une nouvelle page de l’histoire, ou du simple retour vers son Créateur ?

Tel se trouve être précisément le récit de notre Séfer Vayikra.

L’homme, à sa naissance, réside au plus proche de D.

La question se focalise plutôt sur la perpétuité de cette proximité : saura-t-il rester attaché à Lui jusqu’à la fin de ses jours, ou bien, le redécouvrira-t-il avec le temps ?

Voilà qui ne relève point de l’évidence et requiert toute notre attention et notre réflexion, vous me l’accorderez sans nul doute !

Chose incontestable, nous nous trouvons face à toute la dynamique de notre livre, ainsi que de notre mois de Nissan :

On ne peut envisager de retour sans attache préalable avec le bon D.

Le recommencement constitue la redécouverte de cette évidence : nous détenons une place d’excellence aux côtés de D.

L’homme cherche, tout au long de sa vie, quelque chose qui pourrait le combler. Il va, vient, cherche à droite, à gauche, une source de bonheur et de bien-être…

Mais il oublie qu’il est, par essence, profondément et intimement lié à son Créateur.

En d’autres termes, toute personne qui cherche la proximité avec D., que ce soit après avoir fauté, ou par reconnaissance, ne fait en réalité qu’une seule chose : renforcer son contact, son lien avec HaKadosh Barouh Hou.

Initialement, l’homme pense simplement chercher quelque chose qui pourrait le combler. Puis, face à son erreur, il ne peut que reconsidérer son empressement et son manque de discernement, sa négligence et son laxisme en termes de vigilance ; voilà qui en appelle à la mobilisation, oblige à se rattacher à Lui.

Dès lors pouvons-nous mieux comprendre le fait que le korban soit un animal domestique, un animal qui accepte la réalité, faisant preuve d’abnégation.

De même, s’éclaire la non-utilisation de la poule ou du poisson, ces derniers renvoyant à une dimension moins noble, moins en accord avec cette idée d’élévation.

Le privilège l’emporte sur des animaux propres, porteurs d’une certaine noblesse.

Note supplémentaire, on utilisera du sel exclusivement pour le korban, en rappel de l’alliance conclue par D. avec le sel ; de ces eaux inférieures qui ne voulaient pas être séparées des eaux supérieures, aspirant à rester à proximité de D.

Quant à la faute volontaire, elle ne s’inscrit nullement dans la logique des korbanot, car elle traduit une prise de distance consciente vis-à-vis de sa source. Or, le korban vient recréer un lien ; la clause suspensive étant que l’homme accepte d’y croire.

Tel est le mouvement de celui qui a fauté.

Tel est aussi celui du peuple d’Israël pendant le mois de Nissan, qui fait ses premiers pas en dehors d’Égypte.

En réalité, il renoue avec son attache à HaKadosh Barouh Hou.

Certes, il fuit l’Égypte,

Certes, il se réjouit de quitter ce peuple oppresseur.

Il va sans dire, un nouveau départ pour ce peuple meurtri, mais, ne nous méprenons pas :

sa véritable sim’ha réside dans ce retour vers HaKadosh Barouh Hou, vers ses valeurs ancestrales, la Torah d’Avraham, Its’hak et Yaakov, appelée à s’amplifier et à grandir à travers les 613 mitsvot.

Alors, en ce mois de Nissan, mois de la guéoula, sachons opter pour ce retour ; un retour à l’évidence, un retour aux sources de l’épanouissement de l’homme, de la nation juive : de son attache infinie et inébranlable à HaKadosh Barouh Hou.

Notre sortie d’Égypte des temps modernes, toujours et encore avant Pessah avec cette fois en prime : la reconstruction du Bet Hamikdach, Amen.

Pour télécharger le PDF 👇🏻 

Dvar Matok Vayikra 5786

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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