Le Dvar Matok de cette semaine est offert par Hava Kodsi que nous remercions
En amorce de notre paracha, nous découvrons notre ancêtre Yaacov qui prend la route en vue de rejoindre son oncle Lavan avec pour objectif de se protéger de son frère Essav, qui veut le tuer.
Nul n’ignore la suite de péripéties à rebondissements qu’il aura à affronter alors : travailler pour épouser Rachel, Léa, et finalement s’enfuir.
À la naissance de son fils Yossef, le voilà fin prêt pour cet affrontement tant redouté et différé avec son frère Essav, tête à tête de tous les enjeux.
Décision est prise de réunir ses effets personnels et ses biens et de s’enfuir.
Contre toute attente, nous assistons à un phénomène incroyable : Essav, et ses troupes, semblent prêts à en découdre avec Yaacov, quand soudain, volte-face, Essav s’élance vers son frère, l’enlace, l’embrasse de tout son cœur.
Pas plus tard que cette semaine, un grand rassemblement s’est tenu au Dôme de Paris, avec pour objet de traiter des défis du peuple français et de préserver la nation française.
Les intervenants comptaient des sommités comme Philippe de Villiers et Éric Zemmour autour d’un consensus : un appel aux Français pour la reconquête ou la préservation de leurs racines, de leur culture, de leur « judéo – christianisme » ; l’objectif affiché n’étant pas moins que de tenter de relever la France.
Une question me trotte cependant depuis trop longtemps.
Quel lien veut-on encore fabriquer entre le destin français et le judaéo christianisme — ou n’importe quelle religion, tant qu’on y est ? Et, comme d’habitude, nous voilà catapultés au centre du cyclone, qu’on le veuille ou non, sans avoir provoqué cette obsession qui nous scrute sous toutes les coutures.
Sérieusement… vous ne pouvez pas nous lâcher un peu, au lieu de ramener tout à nous en permanence ?!
Eh ben figurez-vous, que cet évènement va trouver un éclaircissement nouveau à la lumière des parachiot que nous allons lire ces prochaines semaines.
Effectivement, au début, Essav veut détruire Yaacov, tout abreuvé qu’il est de haine, de rage et de colère, jusqu’au moment où il prend conscience de l’existence de valeurs universelles qu’il faut protéger et transmettre.
Essav vit au fil de son glaive, conforme à l’image de ce grand guerrier, de ce grand impie. Le nihiliste dans toute sa superbe : il nie D., il nie le respect de l’homme, il tue, il vole, il viole sans aucune pitié.
Le voilà ici parvenu à un âge avancé, capable de comprendre une chose fondamentale : nous ne pouvons vivre sur cette terre comme à la manière de lâches dénués de principes, sans aucune dignité, à récuser l’organisation et la préservation de la justice, du respect et de la pudeur.
Quid de cette horde, qui croit briller en brandissant fièrement l’identité d’une génération débridée ? Une seule chose est certaine : de notre point de vue, ils foncent, à « fond à gauche », droit dans le mur. De leurs propres mains, ils creusent leur tombe.
Telle est donc la lucidité soudaine d’Essav : il a compris son erreur, celle de refouler, proscrire, bafouer, renier les enseignements de papa Itshak et de papy Avraham.
Une scène comme onirique, avec un Essav embrassant de tout cœur son frère Yaacov – Israël, ce peuple qui deviendra par la suite le peuple juif.
Aujourd’hui, nous nous trouvons à un tournant historique, en France et de par le monde.
La société vacille, mais des relais clignotent et rappellent ces valeurs universelles inscrites dans la Bible, à la manière d’un de Villiers ou d’un Zemmour : pour la nation, pour la patrie, pour la conservation, le maintien, la résurgence de ces repères essentiels, loin du libéralisme excessif ou d’un universalisme déconnecté qui déstabilisent la société.
Comme Essav dans le temps, comme Yaacov aussi, convaincu que l’héritage ancestral, qui deviendra plus tard la Bible, est l’essence même de la pérennisation de la société mondiale.
Ainsi en va-t-il de tous les peuples : la volonté d’un rattachement autant à ces préceptes qu’à ces valeurs afin de les embrasser et de les transmettre.
Dans l’histoire biblique, Yaacov dit à Essav : « Vas y, avance, je te rejoindrai plus tard ». Yaacov savait que cette embrassade, ô combien véritable fut-elle, manquait encore de maturité. Essav sombrera à nouveau dans ses mauvaises affaires.
Gageons que ceci ne soit que temporaire.
Un jour viendra, nous dit le Midrash, juste avant la venue du Messie, où Essav et Yaacov se rencontreront à nouveau, et là, Essav aura véritablement compris la nécessité des valeurs de la famille avrahmique ; la dimension de ces retrouvailles saura prendre le spectre de l’éternité en l’honneur de l’Éternel.
Qui sait… Peut-être aujourd’hui ? Sûrement. Amen.
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