Quelle mouche t’a piqué ?
Pendant un repas de Chabbat, au sein de la cour de l’Admour de Gour, le « Beit Israël », un des hassidim les plus respectés était assis à table.
Soudain, un moustique insistant s’attaqua à lui. L’insecte ne cessait de bourdonner autour de lui et osait même, à l’occasion, se poser sur son nez.
L’homme tenta à plusieurs reprises de chasser le moustique, mais celui-ci revenait immanquablement, effectuant un petit détour avant de reprendre ses provocations. À la fin, excédé, l’homme leva la main et frappa le moustique, qui tomba raide mort sur la table.
En réalisant ce qu’il venait de faire, le hassid blêmit. À cet instant, il avait transgressé une interdiction de la Torah : il avait ôté une vie, et qui plus est, sur la table sacrée de son maître !
Le Rabbi, témoin de la scène, resta silencieux. Quelques minutes plus tard, à la surprise générale, le moustique reprit vie, déploya ses ailes et s’envola.
Le hassid, soulagé, se réjouit d’avoir évité une profanation du Chabbat.
C’est alors que le Rabbi lui dit :
Le mauvais penchant ressemble à ce moustique. Même lorsque tu es convaincu que ton coup fatal l’a détruit, il est loin d’être mort. Il reste toujours en vie, prêt à revenir à tout moment. »
Dans la vie, il nous faut être vigilants. En effet, ceux qui nous entourent peuvent parfois chercher notre chute. Mais attention : en tentant de les affronter directement, nous risquons de tomber nous-mêmes dans leurs pièges. Et c’est alors que, tandis qu’ils se relèvent, nous restons à terre, ayant véritablement échoué.
C’est ainsi que, dans notre paracha, Yaacov fait face aux épreuves de la vie. Il ne peut les éviter, mais il les affronte avec force et abnégation. Yehouda, lui aussi, est pris de court dans l’affaire de Tamar. Cependant, il fait preuve de vigilance. Après réflexion, il reconnaît que Tamar est enceinte de lui-même. Alors, il agit en roi :
« Il n’est pas question de sacrifier une femme et ses enfants pour préserver mon honneur. Elle est quitte ! Elle a agi avec droiture. Tamar est mon épouse ! »
Son père lui dira : « Ashrecha, Yehouda ! ». Grâce à cette grandeur d’âme, la dynastie du roi David appartient à Yehouda pour l’éternité.




