Dans la paracha de cette semaine, D. ordonne à Moché Rabbénou de presser les enfants d’Israël afin d’apporter une huile d’olive pure pour le Michkan.
La Ménorah, ce candélabre à sept branches – comme les sept jours de la semaine, comme les sept millénaires – se parera de ses plus beaux atours, éclairera, resplendira à travers une huile pure et limpide.
La Ménorah, incarnation de la prophétie, permet au Maître de l’univers, ici-bas, de dialoguer avec Son fidèle Moché et de voir s’illuminer le monde.
Mais attention : cette huile doit être pressée à froid. Plus encore, on récupérera uniquement la première goutte d’huile écoulée après la pression.
Pourquoi donc ?
Et, sans se mettre trop la pression, quel rapport avec Pourim ?
Plus encore, pourquoi presser les Béné Israël pour cela ?
Pour être dans l’air du temps tout en répondant à nos questions, faisons un petit détour côté vestiaire… et déguisons-nous en… olive.
Imaginez-vous sur les monts de Judée, les reflets argentés, les rais du soleil… Dans ce costume d’une splendide olive verte sur un bel arbre centenaire… Et hop, j’arrive, je vous cueille… Aïe ! Ça fait mal ! Mais bon, ça va, ce n’est pas si grave. Il vous reste encore du jus pour vivre, il y a de l’espoir.
Mais voilà que cela se complique : je vous presse. Fort. Très fort. Afin d’extraire votre magnifique produit, si noble et précieux. Aïe, aïe, aïe…
Eh bien, figurez-vous, les amis, que dans la vie, c’est pareil.
Tout travail prend la forme d’un labeur. Et encore plus lorsque la tâche pourrait être réalisée plus facilement, en faisant le moins d’efforts possibles.
« Tsav et Aharon », précisera plus tard D. à Moché concernant le korban ‘Ola, entièrement consumé pour D., sacrifice dont aucune part ne revient au Cohen.
En effet, il importe d’encourager Aharon à accomplir ce sacrifice avec autant de zèle que pour un autre korban dont il pourrait profiter de bons morceaux de viande.
Ici de même, comprenons ainsi le « presse » les enfants d’Israël : qu’ils ne s’affligent pas devant le nombre d’olives qu’ils devront presser afin d’extraire la première goutte de chacune pour la Ménorah.
Comment comprendre ce zèle ?
Au fond, chaque effort est lumière.
Au fond, chaque travail sur soi, chaque petit pas supplémentaire que nous pouvons effectuer vers l’Éternel prend une dimension gigantesque, infinie.
Choisir la facilité, désirer le miracle serait l’option de la nonchalance, la solution toujours facile.
Mais l’affrontement, le combat, le dépassement de soi, voilà ce qui s’avère beaucoup plus difficile.
Et pourtant, sans s’y méprendre, c’est à ce moment-là que la personne forge sa véritable identité, sculpte son véritable caractère, se trouve dans l’obligation de choisir réellement son camp :
Celui de l’effort,
Celui de l’élévation,
Celui de la grandeur.
Vous souhaitez une illustration d’actualité ? La fête de Pourim en est un fidèle exemple.
Les Juifs de Perse ne sont pas sauvés miraculeusement comme nous pourrions hâtivement l’imaginer.
Parmi les ingrédients, certes, D., dans Son grand stratagème, a déjà introduit Esther au palais royal.
Mais « il faut que ça prenne » : tout est encore entre les mains des Juifs de Chouchan et des alentours, avec l’impératif de savoir se rassembler autour de Mordekhaï et d’Esther.
Au cœur de l’intrigue se trouve cette faculté, cette décision d’envergure et déterminante : celle d’Esther. Il lui appartiendra de savoir se sacrifier pour la délivrance.
Plus encore : le décret d’Haman ne pouvant être annulé, les Yehoudim auraient pu être décimés par leurs ennemis. Grâce à Esther, ils auront le droit de se défendre pour continuer à vivre !
Alors les amis, si nous devions conclure notre Dvar Matok par une phrase, je dirais tout simplement :
En avant, marche !
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