Parachat Térouma : Lorsque le Rabbi Haïm de Sanz intervint

Parachat Térouma

Lorsque le Rabbi Haïm de Sanz intervint

Le Tsadik Rabbi Chaim de Sanz, auteur du Divrei Chaim (1797-1876 hilloula le 25 Nissan) exprimait toute sa vie des regrets et des remords pour avoir, dans sa jeunesse, douté de la conduite du Rabbi de Rimanov. Voici comment il racontait cet épisode :

Lorsqu’il se rendit pour la première fois auprès du saint Rabbi Hirsch de Rimanov, il vit un Juif pauvre et misérable venir supplier le Rabbi de prier pour la guérison de son fils gravement malade.

Le Rabbi lui répondit qu’il était prêt à le bénir et à lui garantir la guérison de son enfant, mais à une condition : il devait d’abord apporter la somme de dix-huit pièces d’or, ni plus ni moins.

Le pauvre homme, qui n’avait probablement jamais eu une telle somme entre les mains, se mit à arracher ses cheveux de désespoir et à crier :

— Rabbi ! Où vais-je bien pouvoir trouver une somme aussi astronomique ? Mes enfants meurent déjà de faim !

Le Rabbi, imperturbable, lui répondit :

— Ce n’est pas mon affaire ! Hypothèque tout ce que tu possèdes si nécessaire, ton mobilier, tes chaises, tes lits, mais rapporte-moi cette somme en entier, pas un sou de moins !

Rabbi Chaim de Sanz, qui assistait à la scène, en fut bouleversé. Il n’arrivait pas à comprendre une telle exigence et ne pouvait rester silencieux.

Il attendit que le pauvre homme sorte du bureau du Rabbi et s’approcha discrètement de lui :

— Ne t’inquiète pas, lui dit-il, tu n’as pas besoin de tout cela ! Je vais prier pour toi, et ton fils guérira.

L’homme repartit chez lui, le cœur apaisé. En arrivant, il trouva son fils totalement rétabli. Mais peu de temps après, une tragédie se produisit : l’enfant mourut soudainement.

Lorsque la terrible nouvelle parvint aux oreilles du Rabbi de Sanz, ce fut un choc brutal, comme un éclair dans un ciel serein. Il comprit alors que la demande du Rabbi de Rimanov n’avait rien à voir avec une simple somme d’argent. Son intention était d’annuler une terrible sentence céleste pesant sur cet enfant. Et cette somme d’argent était le seul moyen de briser le décret divin.

— Toute ma vie, je n’ai cessé de me lamenter ! répétait Rabbi Chaim avec douleur. Pourquoi ai-je voulu intervenir dans les affaires des grands Tsadikim ? Pourquoi me suis-je immiscé dans les voies du Rabbi Hirsch… ?

Moralité

Dans notre paracha, D.ieu ordonne au peuple d’Israël de soutenir et de participer activement à la construction du Temple. Est-ce pour Sa gloire ? Pour Sa majesté ? Certainement pas ! Les chemins divins nous échappent, mais ce que nous savons, c’est que cette donation est une source de vie et de bénédiction. C’est pourquoi D.ieu invite chacun et chacune à prendre part à cette grande mitsva : ce n’est pas Lui qui a besoin de nos dons, mais bien nous qui avons besoin de donner.

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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