Parachat Tazria Metsora: Du sang à l’huile : le secret de la téchouva

Notre paracha nous entretient d’un homme frappé de lèpre.

Quelle galère ! …

Mais malheureusement — ou fort heureusement, à vous d’en juger — il ne s’agit aucunement d’une maladie anodine que l’on pourrait soigner naturellement.

Quant à son origine, elle n’est autre que la conséquence d’un écart, à la fois vis-à-vis de D. et vis-à-vis de la société : en d’autres termes, une avéra.

Notre homme a formulé du Lachon Hara, de la médisance. Ce faisant, il a voulu écarter un autre homme de la vie sociale, le discréditer, entacher son existence, porter atteinte à son lien avec son Créateur.

Par retour, le prix de son égarement sera de se trouver, lui-même, frappé : isolé, marqué, mis à l’écart.

Considérez plutôt le marathon que devra emprunter ce banni !

En guise de réparation, notre individu, s’il souhaite se purifier, passera par une suite d’étapes. Avant tout, il lui faudra faire téchouva.

Au terme de ce processus, lorsque les plaies auront disparu de son corps, de sa maison ou de ses vêtements, il devra apporter un korban, une offrande d’expiation au Beth Hamikdach.

Cette offrande s’amorce avec deux oiseaux, puis, au terme de sept jours, il apportera un second korban issu, cette fois, du règne animal, qui sera abattu par la Chéhita et accompagné d’une offrande de farine et d’huile.

À ce moment du cérémonial, se produit un geste étonnant.

Le Cohen prend du sang de ce sacrifice et en applique sur différentes parties du corps de notre repenti qui revient vers D. :

• sur le lobe de l’oreille droite,

• le pouce de la main droite,

• et le gros orteil du pied droit.

Puis il recommence exactement le même geste… cette fois-ci avec de l’huile.

Enfin, le Cohen versera le reliquat de l’huile recueillie dans sa paume sur la tête de notre repenti.

Quelle signification attribuer à ce rite pour le moins singulier ?

Le Hizkouni nous fournit une réponse saisissante.

Le sang représente comme le substitut de cet homme ; ainsi, c’est lui qui aurait dû s’y trouver : lié à la faute, à la mort, au sacrifice. Aucune méprise possible : en vérité, c’est lui qui aurait dû être offert.

Mutation fabuleuse ; après la téchouva, tout a changé !

L’homme se voit désormais comparé à l’huile : une huile d’onction, douce, lumineuse, qui embellit, qui élève, qui consacre.

… Quelle idée vertigineuse !

La grandeur divine ne se limite pas à effacer la faute.

Elle transforme.

Ce qui était vil devient précieux.

Ce qui était rejeté devient agréé.

L’homme qui, hier encore, était éloigné, accède aujourd’hui à la proximité.

Lui qui était méprisé devient honoré.

Il se voit rehaussé… au point d’être comparé à un roi.

Ainsi, Rabotaï, ne voyons pas dans la téchouva un simple retour à zéro.

La téchouva n’est pas un redémarrage.

Il s’agit bien plus d’un enracinement.

Entendez-là : ni plus ni moins que la prise de conscience de ce que nous sommes réellement :

des êtres façonnés par D., porteurs d’une grandeur intérieure, appelés à rayonner.

Lorsque l’homme comprend sa valeur, ce qu’il peut devenir, alors tout change.

Son oreille se met à écouter.

Sa main agit autrement.

Son pied le guide vers les bons lieux.

Sa tête, son esprit, le mènent vers une seule et unique ascension :

un attachement au Plus Haut,

là où tout son quotidien devient un service de D.

En guise d’illustration, une fois de plus, le Roi David nous relate sa propre expérience, pleinement évocatrice, dans le Livre des Psaumes :

« Mes pieds me conduisaient d’eux-mêmes vers la maison d’étude. »

Malgré les obligations, malgré les responsabilités, malgré les distractions, ses pas le guidaient inexorablement et naturellement vers l’essentiel.

Voilà le chemin d’une véritable téchouva.

Voilà la trajectoire d’un homme qui sert son Créateur, animé d’une authentique grandeur d’âme.

N’omettons jamais cette loi : chacun d’entre nous est précieux aux yeux du Boré Olam.

À nous de le comprendre…

Et surtout, de le faire descendre jusqu’à notre cœur.

Pour télécharger le PDF 👇🏻

Parachat Tazria Metsora / bonus: le secret des Tefilin

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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