Le 1er mai, les ponts qui arrivent, le soleil, les petits oiseaux…
Et oui, je vous l’accorde, ça hume bon les vacances…
Ces journées où nous sommes libres !!! Adieu les responsabilités, les charges, le travail.
Pour ma part, je vous propose une place tarif Low Cost en Business…Pas même besoin de voyager loin pour être soulagé, ni même de siroter un cocktail… rien, rien de rien… Je vous vends juste un moment de paix.
Du silence…
— Mais, Monsieur le Rabbin, ce n’est pas encore l’heure des vacances…
C’est vrai, y’en a qui suivent dans le groupe ! Merci pour votre pertinence !
Mais…Dans notre paracha, la Torah nous enseigne justement ces fameuses fêtes où l’homme doit cesser tout travail et se réjouir avec sa famille.
On quitte les champs, les ateliers artisanaux… En partance pour… La synagogue.
— Vous plaisantez, j’espère, Monsieur le Rabbin ? Vous parlez de vacances !!!
Le Rambam est explicite : la moitié de la journée doit être consacrée à D., et l’autre entièrement à notre profit.
— Comment ça ?
Mais alors, ce n’est pas un véritable jour de repos ?
Effectivement.
Il ne faut pas entendre par vacances, un enchaînement de vide, un silence assourdissant, le néant.
Il faut plutôt « entendre », y voir, y chercher, un silence qui apaise, qui recentre l’homme sur lui-même, sur sa famille.
Un moment unique, où une respiration profonde emplit les poumons de bonheur et de satisfaction.
En hébreu, moed signifie « fête », « rendez-vous ».
Mais, il peut aussi se lire mouad — un temps prédisposé à causer des dégâts.
Comme le dit le prophète dans Eikha :
« Il a convoqué contre moi un temps fixé (moed) pour briser mes jeunes gens » — allusion au 9 Av.
Dans le Talmud, traité Bava Kama, les sages enseignent qu’un homme est, par nature ; « mouad » comme ce taureau encorneur susceptible de causer des dommages, même involontairement.
Voilà pourquoi, il lui appartient d’être vigilant, responsable de chacun de ses actes.
Pas de panique, je vous le concède, respirer une bonne bouffée d’air reste toujours un bien accessible…
Avec une clause suspensive, il faut qu’elle soit constructive, et non dévastatrice.
Voilà précisément ce que la Torah vient nous enseigner :
« Oui, tu cesseras ton travail physique… mais tu libéreras ton esprit pour l’élever vers D., vers cette infinité enfouie en toi. »
Vous avez bien lu, « cette infinité », je vous le disais voyage en Business assuré !
Comment ? Me direz-vous ?
À travers :
– le son du chofar,
– le jeûne de Kippour,
– la joie de Souccot,
– la liberté et la mémoire de Pessa’h,
– le don de la Torah — qui, chaque jour, ouvre la porte à d’innombrables instants de douceur.
Alors… envie de vacances ?
Ferme les yeux…
C’est parti pour l’école de la respiration, ou plutôt inspiration…
Inspire… expire…
Et pense à ce qui te comble, à ce qui te grandit.
Alors… ça marche ?
Je te le disais : tu es bel et bien un homme de fête !
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