Parachat Bo – Le Baal Chem Tov et le Sorcier

Parachat Bo

Le Baal Shem Tov et le Sorcier

Le Baal Shem Tov voyagea durant trois jours avec ses disciples. Le soir du troisième jour, ils arrivèrent à une auberge tenue par un Juif.

L’aubergiste, absorbé par ses préparatifs, leur refusa l’hospitalité. Il semblait très occupé, et dans sa maison, de nombreuses bougies brûlaient.

Le Baal Shem Tov lui demanda la raison de cette agitation, mais l’aubergiste refusa de répondre.

À minuit, les bougies commencèrent à s’éteindre, et les disciples remarquèrent alors une fouine géante qui s’introduisait dans la maison.

Elle sauta dans un sac, et les disciples la capturèrent immédiatement. Sur ordre du Baal Shem Tov, ils attachèrent solidement le sac et se mirent à le frapper avec toute leur force.

Lorsqu’ils reçurent le signal d’arrêter, ils sortirent la fouine du sac et la jetèrent dehors. Elle était toujours vivante.

Le lendemain, les hassidim comprirent que l’aubergiste préparait la brit mila de son fils et que le Baal Shem Tov avait sauvé l’enfant de la mort. En signe de gratitude, l’aubergiste honora le Baal Shem Tov en le choisissant comme sandak.

Après la cérémonie, l’aubergiste expliqua qu’il devait se rendre chez le seigneur du village pour lui apporter des douceurs en signe de respect.

Ce seigneur était un homme redouté, et l’aubergiste craignait sa réaction. Le Baal Shem Tov l’encouragea à y aller sans crainte.

Arrivé chez le seigneur, l’aubergiste découvrit celui-ci cloué au lit, le corps couvert de marques de coups violents.

Pourtant, il l’accueillit avec bienveillance et lui demanda qui était l’invité présent chez lui. En apprenant qu’il s’agissait du Baal Shem Tov,

il ordonna immédiatement qu’on l’invite à venir.

L’aubergiste, inquiet, retourna voir le Baal Shem Tov et lui suggéra de refuser l’invitation par prudence. Mais le Baal Shem Tov, sans la moindre crainte, déclara qu’il irait.

Face à lui, le seigneur déclara :

« Je sais que tu es la cause de mon malheur. Tu m’as frappé par surprise, mais si tu es vraiment puissant, affrontons-nous à armes égales.

Attendons que je me rétablisse, et nous verrons qui est le plus fort dans l’art du mystique. »

Ce seigneur n’était autre qu’un sorcier redoutable, et c’est lui qui, par ses sortilèges, faisait mourir les fils de l’aubergiste à chaque veille de brit mila.

Mais cette fois-ci, grâce au Baal Shem Tov, son plan avait échoué.

Le Baal Shem Tov répondit :

« Ainsi soit-il. Je t’attendrai. Fixons une date, et ce jour-là, tu rassembleras tes compagnons, et moi, j’amènerai mes disciples.

Nous verrons alors avec qui réside la vraie force. Mais sache que je ne suis pas un sorcier comme toi.

Je suis un homme saint, un « Baal Shem Tov », et je ne crains en rien tes sortilèges. »

Ils convinrent d’un jour précis, et le Baal Shem Tov donna un gage en signe de son engagement.

Le jour venu, ils se retrouvèrent dans une vaste plaine. Le Baal Shem Tov traça un cercle dans un cercle et plaça ses disciples dans le cercle extérieur. Il leur ordonna :

« Gardez toujours votre regard sur moi. Si vous voyez un changement dans mon visage, repentez-vous immédiatement et priez avec ferveur.

Ne détournez pas votre esprit de moi, même un instant. »

Face à eux, le seigneur et ses sorciers tracèrent à leur tour leur cercle et se préparèrent à l’affrontement.

Le sorcier commença en envoyant contre eux des serpents monstrueux, des bêtes sauvages et des chiens féroces.

Mais dès qu’ils atteignaient le premier cercle du Baal Shem Tov, ils disparaissaient sans laisser de trace.

Voyant son échec, il redoubla d’efforts et convoqua une horde de sangliers cracheurs de feu. Cette fois, lorsqu’ils franchirent le premier cercle,

le Baal Shem Tov pâlit légèrement. Immédiatement, ses disciples, suivant son instruction, plongèrent dans une téchouva profonde, priant avec ferveur.

Dès lors, ces créatures disparurent avant d’atteindre le second cercle.

Le sorcier, furieux, tenta encore à trois reprises de briser la protection du Baal Shem Tov, mais en vain. À bout de forces, il s’avoua vaincu et déclara :

« Je vois bien que je n’ai aucun pouvoir contre toi. Tu es le plus fort. Maintenant, achève-moi, car je sais que tu peux me tuer. »

Le Baal Shem Tov lui répondit :

« Je t’ai déjà dit que je ne suis pas un sorcier. Si j’avais voulu te tuer, tu serais mort bien avant de me voir.

Mais je voulais que tu comprennes qu’il y a un D.ieu en ce monde, et que Ses serviteurs n’ont pas besoin de magie. »

Puis il ajouta :

« Pour que tu ressentes la puissance du Créateur, lève les yeux vers le ciel et contemple sa pureté. »

Le sorcier leva les yeux, et à cet instant, deux corbeaux apparurent. L’un d’eux lui arracha un œil, puis l’autre lui prit le second.

Désormais aveugle, il perdit tout pouvoir et ne put plus jamais nuire à un Juif.

Ainsi se manifesta la puissance du Baal Shem Tov et de la sainteté véritable.(Adat tsadikim)

Dans nos parachiot, c’est exactement ce qui se passe entre Moché et Pharaon. Moché, envoyé de D., accomplit de nombreux miracles. Ceux-ci ne relèvent pas de la magie, mais de la pureté et de la sainteté. Pharaon lui-même est épargné afin que la grandeur de D., Maître de la nature et de l’univers, soit connue et reconnue par Pharaon, le peuple juif et toutes les nations.

 

Les récits hassidiques peuvent parfois nous surprendre, voire susciter du scepticisme quant à leur véracité.

Pourtant, à travers cette histoire, nous retrouvons les fondements mêmes de la foi et la manière dont D. dirige le monde. Quoi de mieux que de lire sur le Baal

Shem Tov pour nous inspirer, nous élever et nous rapprocher du niveau sacré du peuple d’Israël, ce peuple façonné par D. Lui-même?

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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