Parachat Bo: La plaie de l’obscurité ou de la lumière ?

Un passage de la Paracha de cette semaine retient particulièrement mon attention : celui où se trouve développée la plaie de l’obscurité.

À ce stade des Makot, Moché n’avertit plus Pharaon de la nature des plaies qui vont s’abattre sur lui. Mais un détail subtil est encore plus frappant : le nom de D. n’est pas mentionné.

Dans toutes les autres plaies jusqu’alors, pouvions-nous lire : « Et D. fit descendre… fit souffler… ». Ici, sobriété oblige, rien. Moché se contente d’élever simplement sa main vers le ciel, sans bâton, et tout d’un coup, l’obscurité totale s’abat sur l’Égypte.

Trois jours durant, la profondeur de l’obscurité est telle que les gens n’y voient plus rien, pas même leur famille située à dix centimètres. Là n’est pas la seule particularité de cette plaie. Les trois jours suivants deviennent encore plus pénibles : « ils ne purent se lever ni s’asseoir », car l’obscurité était véritablement lourde, prégnante, palpable.

Le Rav Chimon Guez zatsal de Tunis, auteur de livres remarquables, note que jusqu’ici, les Makot touchaient les Égyptiens exclusivement sur quatre sens : la vue, l’odorat, le goût et l’ouïe. Le Nil devenu sang, les poissons morts dégageant une odeur insoutenable, l’eau sanglante dans la bouche, le bruit infernal des grenouilles et des sauterelles… Seul un sens se voyait préservé, épargné. Il ne restait qu’un sens intact : le toucher.

L’obscurité fut la cerise sur le gâteau.

Au demeurant, l’originalité de cette plaie tient en ce qu’elle ne se cantonne pas aux Égyptiens, mais étend son spectre de punition à l’échelle des Juifs incrédules, ceux qui ne voulaient pas croire en la délivrance. Plus encore, fléau remarquable en ce sens où, alors que les Égyptiens restaient cloués chez eux, les hébreux perdirent un cinquième de leur population.

Note avantageuse cependant, ces derniers sauront tirer bénéfice de l’obscurité pour visiter les maisons égyptiennes en vue de récupérer des trésors lors de leur future libération

Questions aux plus perspicaces :

– Faisait-il jour ou obscurité en Égypte pendant cette semaine ?

– Pourquoi D. n’est-il pas mentionné ?

Entendez, mes amis, la profondeur de la réponse :

– D. n’aime pas séparer le bon du mauvais.

– D. ne prend pas plaisir à créer des forces contraires à éloigner.

– D. aime l’unité.

Lorsque D. créa le monde, Il fut satisfait de chaque étape, de chaque jour : « et D. vit que ce qu’Il fit était bien », à l’exception d’un jour :

Le jour où Il sépara les eaux d’en haut et les eaux d’en bas, où Il sépara la lumière de l’obscurité pour créer le jour et la nuit.

Fabuleuse coïncidence avec notre Paracha : il fait lumière pour certains, ténèbres pour d’autres. D. ne peut prendre plaisir à ce moment de l’histoire.

Quelle profondeur dans l’idée enseignée ici ! En effet, la question qui s’impose alors serait : Si tel est le contraste non désiré de l’Éternel, pourquoi alors séparer les entités, pourquoi le bonheur chez les uns et le malheur chez les autres ?

Réponse lumineuse : En réalité, D. n’a jamais séparé quoi que ce soit, il s’agit de saisir que, L’obscurité est tout autant lumière que la lumière peut être obscurité. Là réside la subtilité ; tout dépend du choix d’une seule et unique personne : l’homme.

– Pendant que D. réalise des prodiges, certains continuent de nier le progrès, la Guéoula.

– Alors que D. permet aux enfants d’Israël de jouir de la lumière pendant la plaie de l’obscurité, certains utilisent cette même richesse pour créer le Veau d’or et, par la même occasion, ôter les couronnes qui illuminent tout un peuple.

Voilà pourquoi, il importe de poser cette vérité, ce postulat : le monde est lumière : une lumière douce ou aveuglante. Celui qui le désire, peut y voir la vie, le partage, le respect et la reconnaissance, contemple la beauté de cette lumière. A contrario, celui qui ne cherche qu’à voir sa propre image briller au détriment des autres finira aveuglé.

D. est bon, D. est sage, D. est Lumière.

Il nous appartient avec constance de Le prendre comme modèle, comme source impérissable d’enseignements à qui s’attache à Le copier.

Appliquons immanquablement cette ligne de conduite : recopions-Le, apprenons de Lui à aimer l’unité, le respect d’un homme, d’un peuple, même toute créature, aussi petite et humble fût-elle.

Alors et seulement alors, pourrons-nous percevoir, ressentir lumière et douceur partout, tout le temps, toujours. Amen.

Pour télécharger le pdf👇🏻

Parachat Bo 5786

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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