Parachat Bechalakh- Quel Hatan extraordinaire !

Parachat Bechalakh

Quel  Hatan extraordinaire !

Un jour, un riche homme, ignorant mais grand admirateur de la Torah et de ses étudiants, décida de marier sa fille, une jeune femme juste et intelligente, à un érudit en Torah. Cependant, dans sa simplicité et sa naïveté, il décréta qu’il ne donnerait pas sa fille en mariage avant d’avoir testé lui-même les connaissances en Torah du prétendant.

Un premier jeune homme se présenta. Le riche homme lui dit :

« J’ai une question qui me tourmente depuis longtemps dans la Mishna « Bame Madlikin » que nous récitons chaque veille de Shabbat. Il y est écrit : « On n’allume ni avec le kouch, ni avec le khossan… ni avec la graisse, ni avec le ‘halev Na’houm- la graisse de Nahoum». Alors, explique-moi : quel péché a commis Na’houm pour que l’on ne puisse pas allumer avec sa graisse ? »

Le jeune homme, surpris, tenta de corriger l’erreur de lecture du riche homme :«Cher Monsieur, vous vous trompez dans la lecture du texte. Il faut lire : « On n’allume pas avec la graisse » tout simplement, puis il est écrit : « Na’houm de la Médie dit : on peut allumer… ». Il n’y a ici aucune faute de la part d’un certain Na’houm. »

Mais le riche, convaincu de sa sagesse, répliqua avec autorité :

« Je vois bien que tu esquives ma question parce que tu n’as pas de véritable réponse. Tu n’es pas digne d’épouser ma fille. »

Ainsi, le riche homme, aveuglé par son ignorance, renvoya le jeune homme. D’autres érudits se présentèrent ensuite, mais tous échouèrent au « test » singulier du riche.

Un jour, un jeune homme vif et astucieux entendit parler de l’épreuve imposée par ce riche homme. Il se dit : « Moi, je saurai trouver une réponse qui lui plaira. »

Lorsque le riche homme posa à nouveau sa fameuse question :

« Quel péché a commis Na’houm pour qu’on ne puisse pas allumer avec sa graisse ? », le jeune homme répondit avec une assurance malicieuse :

« C’est très simple ! La Torah dit : « Lorsque Pharaon laissa partir le peuple, ‘velo Na’houm- et pas Nahoum’ ». Cela signifie qu’un certain Na’houm refusa de sortir d’Égypte avec les enfants d’Israël. En punition, on a décrété qu’il serait interdit d’allumer les bougies de Chabbat avec la graisse qu’il vendait. »

Émerveillé par cette « réponse brillante », le riche homme s’exclama :

« Enfin ! Voilà quelqu’un qui a su apaiser mon esprit avec une explication claire et convaincante. Tu es digne d’être mon gendre ! »

Halala… Quelle ignorance ! Mais bon, ne nous focalisons pas sur ce handicap intellectuel que certains coreligionnaires peuvent avoir. Regardons plutôt le cœur de ce père qui cherche un élève rabbin pour sa fille. Lui qui a pris conscience de la bénédiction que ce serait pour elle de vivre avec un homme capable de lui accorder de l’attention et un véritable amour désintéressé.

Il fit mouche : il trouva un gendre bien trempé et bien fin. 🤠

Bon, si vous n’avez pas bien compris l’histoire, c’est qu’il vous manque tout de même quelques notions… Il faudra y remédier sans plus tarder ! 😅

 

 

[Bon, certaines personnes n’ont pas compris l’histoire, alors je vais vous l’expliquer plus simplement.

Pour faire court, tout est une question de virgule et de voyelles dans les textes hébraïques. Le riche monsieur, ignorant, lit n’importe comment, ce qui l’amène à des conclusions farfelues. Il refuse d’accepter les explications rationnelles et logiques des étudiants. Face à cela, un jeune homme futé décide de jouer le jeu et de lui répondre avec une histoire bien drôle, totalement inventée.

Ce riche ne sait pas où placer la virgule dans la Michna que nous récitons la veille de Chabbat pendant la prière. Cela l’amène à poser une question absurde : « Mais qu’a donc fait ce Nahoum ? »

Le jeune homme brillant comprend la situation et décide d’entrer dans son jeu. Plutôt que de corriger son erreur, il invente une histoire qui n’existe ni d’Adam ni d’Ève.

Au lieu de lire correctement le verset :
« Lorsque Pharaon libéra les enfants d’Israël, vélo naham Elokim » – (D.ieu ne voulait pas les amener directement en Terre d’Israël),
il modifie la virgule, change les voyelles et transforme « naham » (qui signifie « conduisit ») en « Nahoum », comme s’il s’agissait du nom d’une personne.

De ce fait, selon cette lecture erronée, il semblerait que le texte dise : « Et Nahoum, lui, ne sortit pas d’Égypte. »

Maintenant que notre jeune homme a inventé ce personnage imaginaire qui aurait refusé de quitter l’Égypte, il pousse la blague encore plus loin. Il explique que, pour le punir, les sages auraient décrété qu’il serait interdit d’utiliser les bougies qu’il vendait.

Et voilà comment, à partir d’une simple erreur de lecture, une histoire totalement absurde est née !

Allez, à la prochaine !]

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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