La fête de Pessah arrive à grands pas. Nos maisons brillent de mille éclats, nettoyées de fond en comble, tant et si bien que d’aucuns pourraient s’empresser d’affirmer de manière péremptoire « ça aussi ils l’ont inventé… Le ménage du printemps ! »
Cette fête détient par ailleurs la palme de la fête la plus célébrée, avec son lot de ‘folklores’ : la matsa, le maror, les chants, les quatre coupes de vin…
Lors de cette magnifique soirée, le Séder retient tout particulièrement mon attention quand il est écrit :
« Chefoh hamateha el hagoyim asher lo yedaoukha – Déverse ta colère sur les peuples qui refusent de reconnaître ta souveraineté sur l’univers… car ils détruisent le peuple de Yaacov et ont rendu sa maison déserte. »
À ce moment précis, où nous demandons que justice soit faite entre ceux qui croient en D. et ceux qui le nient, l’un des participants va ouvrir la porte d’entrée de notre maison pour « inviter » le prophète Élie en personne.
Effectivement, il est le principal acteur de notre future délivrance, celui qui nous annoncera la venue du véritable Machiah.
Ne faisant pas les choses à moitié : nous allons jusqu’à lui préparer une coupe de vin, plus grande que la nôtre.
Je ne sais pas vous ? Quant à moi je suis comme porté par la magie de ce moment, tellement féerique, voire émouvant.
Pourquoi émouvant ? Car il ne s’agit nullement d’une simple séance de commémoration ou d’expression d’une foi en le Machiah, mais bel et bien d’un authentique acte de foi, un geste que seul un convaincu peut accomplir.
Je m’en vais vous conter une histoire…
Un beau jour, alors qu’un hassid avait réussi à se faire inviter chez le Rabbi Menahem Mendel de Kotsk, le voilà à cet instant fatidique, l’ouverture de la porte ou plus exactement l’attente de l’ouverture de la porte.
Alors que ce jeune hassid s’apprêtait à se diriger avec empressement vers la porte, convaincu qu’il aurait peut-être la chance, en présence de ce grand tsadik, de voir apparaître Éliahou Hanavi derrière la porte…
Mais le Rabbi le coupa dans son élan pour lui confier :
« Tsadik… Mon ami, ne te laisse pas leurrer, Éliahou Hanavi n’entre pas par la porte d’entrée comme n’importe quel convive, il choisit d’entrer par une autre porte : celle du cœur… »
Effectivement, celui qui s’imagine voir le visage d’Éliahou Hanavi se cantonner à ouvrir une porte physique fait fausse route. C’est à travers notre cœur que nous pourrons réellement contempler sa grandeur et sa magnificence.
Vous comprenez pourquoi ce moment revêt, pour moi, cette rare intensité, comme une projection hors du temps, un ailleurs suspendu…
Un instant à la fois simple… et pourtant incommensurable.
A prendre comme une leçon d’émouna vivante. Pas une idée, pas un discours — une expérience.
Sensation que l’on peut transmettre sans même parler, en ouvrant simplement une porte… avec une clause suspensive, et pas des moindres… A condition d’y croire vraiment.
Pour nous. Pour nos enfants. Pour toutes les générations qui, depuis des siècles, répètent et répètent ce geste inlassablement… Avec la même espérance restée intacte…
Jusqu’à ce jour tant attendu.
Puissions-nous mériter cette année, de lui faire une véritable place. Pas simplement autour de la table… Mais en nous. Une place sincère, profonde, disponible.
Et peut-être alors… A l’ouverture de cette porte… Aurons-nous le mérite de le voir… Amen veamen.
Pessah cacher vessameah
Pour télécharger le PDF 👇🏻





Une réponse
Vous avez aimé ? partager le lien 😉