Lois relatives au malade en danger le jour de kippour

Note : suivez ce texte uniquement après accord explicite de votre Rav et d’un médecin craignant D., qui connaissent l’importance spirituelle de Yom Kippour.

1. Définition du malade en danger

Même un malade qui, à première vue, n’est pas considéré comme « malade en danger » (חולה שאין בו סכנה), si les médecins estiment que le jeûne risque d’aggraver son état et de le faire basculer dans une situation de danger, il est alors considéré comme malade en danger (חולה שיש בו סכנה). Dans ce cas, il lui est permis de manger le jour de Yom Kippour, mais par petites quantités espacées (léchiourim).

(voir Biour Halakha §618 « חולה שצריך לאכול », au nom du Pri Megadim et du Hayé Adam).

De plus, pour un malade déjà défini comme « malade en danger », il n’est pas nécessaire que le jeûne aggrave son état pour lui permettre de manger et de boire. Même si l’alimentation et la boisson renforcent ses chances de guérison, il lui est permis de manger et de boire à Yom Kippour.

(voir Teshouvot Véhanhagot I §349, et cf. ci-dessus §1, al. e, quant à la présentation du cas au médecin).

2. Maladies considérées comme mettant en danger

Un malade en danger est défini comme une personne souffrant de maladies touchant les organes internes. À titre d’exemples :

1. Maladies cardiaques : infarctus au cours de l’année écoulée, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, troubles significatifs du rythme cardiaque.

2. Maladies rénales : insuffisance rénale, infections urinaires chroniques, calculs rénaux, période de deux mois suivant une opération des voies urinaires.

3. Maladies digestives : ulcère actif, vomissements répétés, diarrhées sévères, jaunisse dans les six derniers mois.

4. Maladies infectieuses avec forte fièvre : angine aiguë, pneumonie, érysipèle.

5. Maladies respiratoires : asthme actif, insuffisance respiratoire, bronchopathie chronique obstructive.

6. Maladies cérébrales : épilepsie, AVC ischémique, hémorragie cérébrale, insuffisance cérébrale.

7. Maladies psychiatriques graves : psychose, crises d’angoisse sévères, hystérie.

8. Anémie sévère : taux d’hémoglobine inférieur à 9.

9. Maladies endocriniennes :

  • diabète nécessitant de fortes doses d’insuline ;
  •  diabète traité par comprimés, mais accompagné d’acétone dans les urines ou de crises d’hypoglycémie ;
  • hyperinsulinisme marqué ;
  • hyperthyroïdie aiguë ;
  • insuffisance surrénalienne.

Toutes ces catégories entrent dans la définition de חולה שיש בו סכנה (malade en danger) et doivent consulter un médecin craignant D. avant Yom Kippour, afin de savoir s’ils doivent jeûner, ou s’ils doivent se contenter de manger et boire par petites quantités.

(Sefèr Mo’adé Kodech, p. 307, d’après l’article du Dr A.Y. Shoushaheim).

Si le malade n’a pas pu consulter un médecin avant Yom Kippour, il est considéré comme cas douteux de danger de mort (safek pikoua’h néfech) et doit manger et boire par petites quantités.

(Aroukh Hachoul’han §1).

De même, si après consultation, le médecin a estimé qu’il peut jeûner, mais qu’en cours de jeûne le malade ressent une grande faiblesse ou une aggravation de son état, et qu’aucun médecin n’est disponible, il doit immédiatement manger et boire par petites quantités, car il s’agit d’un cas de doute sur la vie (safek pikoua’h néfech).

(Iguerot Moché OH IV §121).

On commencera par lui donner à boire par petites quantités ; si cela n’améliore pas son état, il mangera également par petites quantités.

3. Manière de manger et boire à Yom Kippour pour un malade en danger

La plupart des malades en danger peuvent se passer totalement de nourriture solide et se contenter de boissons nutritives.

Toutes les calories nécessaires à leur santé peuvent être obtenues par des boissons telles que : lait, yaourt liquide, jus de fruits, jus de raisin naturel, thé sucré, chocolat chaud, etc.

Même dans les cas où un malade doit manger selon avis médical, dans la majorité des cas, il peut se suffire de boissons concentrées.

4. Les règles de « manger et boire par petites quantités » (léchiourim)

Un malade (ou une femme ayant accouché récemment, après consultation avec son Rav) à qui il est permis de manger ou boire doit le faire par petites quantités espacées, afin de réduire la transgression du jeûne.

(Choul’han Aroukh §618, §7).

Pour la boisson :

La mesure est d’environ 35–40 ml toutes les neuf minutes (Hatam Sofer VI §16). (Un peu moins du quart d’un verre en plastique)

En cas de besoin, on peut réduire à toutes les sept minutes (Aroukh Hachoul’han §14), et en cas de grande nécessité, progressivement jusqu’à deux minutes, voire jusqu’à un quart de minute entre deux gorgées, à condition de ne pas boire la quantité de 44 ml (majorité d’un révi’it) en une seule fois.

(Iguerot Moché OH IV §41 ; Choul’han Aroukh ibid.)

Pour la nourriture solide :

La mesure est d’environ 30 ml de volume (ce qui correspond approximativement à 25–30 grammes, mais cela dépend du type d’aliment : pain, fromage, fruits ou légumes n’ont pas la même densité) – soit environ deux tiers d’une tranche de pain (d’Israël ) – toutes les neuf minutes.

Si nécessaire, on peut réduire à toutes les 8, puis 7, puis 6, jusqu’à 4 minutes, et en cas de grande urgence, toutes les 2 minutes.

Mais jamais moins de 2 minutes, car ce serait déjà considéré comme une « consommation d’un repas » complète (kédé akhilat pras) selon toutes les opinions.

(Hatam Sofer OH VI §16 et §23).

Il est préférable de préparer et peser la nourriture avant Yom Kippour ; si cela n’a pas été fait, on pourra le faire pendant Yom Kippour, car cela relève d’une nécessité liée à la mitsva.

(Kaf Ha’haïm §40 ; Hilkhote Mo’ed Pessa’h éd. 2017, p. 337).

Il est très recommandé de privilégier les boissons concentrées (jus de raisin naturel, jus de fruits, thé sucré, lait, chocolat chaud), car une seule petite quantité de celles-ci apporte au corps bien plus de nutriments que plusieurs gorgées d’autres boissons.

(Chalmé Mo’ed, p. 307, au nom du Rav Shlomo Zalman Auerbach zatsal).

Tiré du livre Halikhot Mo’ed du Rav Ofir Malka, Chlita

 

Repères pratiques (équivalences approximatives en grammes)*

• 🍫 Chocolat : 25 g (2 carrés moyens)

• 🍪 Biscuit sec : 25 g (1 biscuit de type petit-beurre)

• 🍊 Orange : 30–35 g (1/6 d’orange moyenne)

• 🍏 Pomme : 30 g (1/5 d’une pomme moyenne)

• 🍌 Banane : 30–35 g (environ 1/4 d’une banane moyenne)

*Ces quantités sont des équivalences approximatives en grammes, correspondant à ce qu’il serait autorisé de consommer pour un malade à Yom Kippour. Il convient toutefois d’être vigilant et de s’assurer que chaque portion ne dépasse pas le chiour de 30 ml en volume.

Précision importante : lorsque le malade ressent, après avoir consommé la quantité autorisée, qu’il n’a plus besoin de continuer à manger, il doit immédiatement s’arrêter. Il ne reprendra à nouveau que lorsqu’il sentira à nouveau le besoin de manger ou de boire, en respectant à chaque fois les règles précisées plus haut (durée de consommation et quantité).

Prendre ses médicaments à Yom Kippour

Les comprimés indispensables peuvent être pris sans eau ou avec très peu d’eau (max. 35 ml) infusée avec un sachet de thé à froid, afin que l’eau ait un goût amer et ne soit pas considérée comme un plaisir.

-Si le comprimé a bon goût, il doit être enveloppé dans une gélule, disponible en pharmacie, pour ne pas être considéré comme nourriture interdite.

-Bien que certains médicaments soient préconisés pour être pris avec de la nourriture afin de protéger le foie, il faut savoir qu’en ce jour unique de Yom Kippour, prendre le comprimé seul ne présente aucun danger pour le foie. Par conséquent, il est interdit de manger ce jour-là.

-Ceux qui peuvent se contenter de prendre leurs comprimés avant le jeûne et après la sortie du jeûne doivent procéder ainsi. (Halikhot Moed)

Hatima Tova,

R. Yehouda Elbilia 

 

 

 

 

 

 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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