Question de Odélia : Bonjour Rav, est-ce bien en direction de Jérusalem que l’on doit prier ?
Pourquoi donc ? Est-ce lié au fait que nous aspirons au Beth Hamikdach ?
Réponse : Exactement. Les gens qui habitent en diaspora se dirigent vers la Terre d’Israël. Ceux qui habitent en Israël se tournent vers Jérusalem, et ceux qui se trouvent à Jérusalem se tournent vers le Kodesh Hakodachim.
Dans tous les cas, au-delà de sa position géographique, on doit tourner son cœur vers le Beth Hamikdach et le Saint des Saints. (Choulhan Aroukh O »H 94)
Dans le cas où nous ne savons pas précisément où se trouve le sud-est (pour ceux qui sont en France), on priera en pensant à Jérusalem, même si la direction réelle n’est pas exactement celle-là.
Il en va de même si, par exemple, notre maison de vacances donne juste en face d’une église : on priera dans le salon, dans une autre direction, afin de ne pas être dérangé en s’imaginant se prosterner, has véchalom, devant une église. (Voir Choulhan Aroukh O »H 113.8)
Pourquoi prier en direction du Temple ?
Première raison : le Temple est l’endroit par lequel passent toutes nos téfilot avant de monter dans les cieux. Il est cette lucarne dimensionnelle qui relie le monde d’ici-bas au monde céleste.
Et qui nous dit cela ? Est-ce la Kabbale ? Figurez-vous que non, même pas. Est-ce le Choulhan Aroukh ? Non plus. Ce n’est autre que notre ancêtre Yaacov Avinou.
Lorsqu’il rêve des anges qui montent et qui descendent, il comprend qu’il se trouve sur un lieu saint : le Har Hamoria, où Its’hak fut ligoté et où sera plus tard érigé le Temple.
Il s’exprime alors : « Ein zé ki im bet Elohim vézé cha’ar hachamaïm- Ce n’est rien d’autre que la Maison de D., et c’est ici la porte des cieux. ».
Oui, il existe un lieu où des anges montent et des anges descendent. Et dans cet ordre précis.
Car la ferveur du monde céleste se calque sur celle du monde terrestre. ‘Ityarouta dilyéla keyein ityaryouta diltata’.
Ce n’est qu’après que l’homme désire le salut divin que sa Téfila crée des anges capables de monter vers les cieux, afin que d’autres puissent ensuite descendre pour lui apporter sa yeshoua, sa délivrance personnelle.
Mais il y a un deuxième volet à notre explication.
En ce moment, malheureusement, nous n’avons plus de Beth Hamikdach où prier, plus de Beth Hamikdach où apporter nos sacrifices pour que le Cohen puisse obtenir l’expiation de nos fautes. Alors que faire ?
Les Sages sont arrivés à la conclusion qu’aujourd’hui le Cohen Gadol… c’est nous-mêmes.
À l’époque du Beth Hamikdach, les hommes pouvaient s’appuyer sur un homme saint pour être leur représentant devant D. Mais lorsque le Temple fut détruit, ce phénomène disparut : les gens n’avaient plus confiance et s’étaient égarés loin de D. Le Beth Hamikdach et son Cohen ne leur servaient plus à rien. D. détruisit alors le Temple.
Aujourd’hui, il nous faut reconstruire le Temple. Mais en attendant, nous avons gagné quelque chose d’unique : être considérés, chacun, comme un Cohen Gadol qui prie chaque jour, matin, midi et soir, devant D. dans le Saint des Saints.
Si je puis dire, c’est une havaya metakenet- une expérience réparatrice : pour comprendre la nécessité d’un Cohen Gadol et du Beth Hamikdach, nos Sages nous demandent d’essayer de nous imaginer dans ce lieu magique, dans ce corps pur et saint d’un Cohen Gadol.
Et qui sait… peut-être mériterons-nous bientôt de revoir la reconstruction du Temple et le retour de la Kehouna, Amen.
Héyou Chalom, véyehi Ratson cheyitkablou tefilotehem beratson
R. Yehouda Elbilia
Yechar koah à O. Pour sa question




