La Cachroute : Des sabots à l’assiette — Réflexions halakhiques et kabbalistiques sur la viande

Les bovins

Précédemment, dans l’introduction, nous avons évoqué deux critères cruciaux qui permettent de distinguer les animaux cashers des non-cashers.

En ce qui concerne les bovins : ceux-ci doivent posséder des sabots fendus et pratiquer la rumination.

Qu’est-ce qu’un sabot fendu ?

Il est stipulé : « Tout animal qui possède des sabots fendus et une sole complètement divisée, qui rumine, vous le mangerez. »

Effectivement, certains animaux peuvent avoir des sabots fendus uniquement d’un côté et non de façon complète.

La deuxième condition est que l’animal doit également pratiquer la rumination.

Que faire s’il a des sabots fendus mais que nous ne savons pas s’il rumine ? Serait-il cachère ?

Par ailleurs, pourquoi la Torah cite-t-elle quatre espèces non cashères après avoir énoncé la règle générale ?

Le chameau, le daman, le lièvre, le porc.

Le midrash se demande même plus loin pourquoi Moïse ne mentionne que quatre espèces non cashères qui possèdent l’un des deux signes et non les deux. Peut-être qu’il y en aurait davantage.

Nos sages expliquent que la règle générale de la Torah nous enseigne que tout animal possédant des sabots fendus et rumine est nécessairement cachère, à condition qu’il ne fasse pas partie des quatre espèces mentionnées précédemment.

De même, s’il est constaté qu’il rumine mais que ses sabots ont été coupés, tant qu’il ne correspond pas à la liste des animaux mentionnés comme non cashères, il reste cachère.

Eh bien, c’est technique tout ça.

Oh, vous savez, cela fait travailler nos méninges.

Après avoir résolu deux questions, il nous reste à élucider :

1) Est-ce qu’il y a une mitsva (commandement positif) de consommer de la viande ?

2) Pourquoi la Torah décide-t-elle de nous autoriser certaines espèces plutôt que d’autres ?

« Voici l’animal sauvage que vous mangerez parmi tous les animaux se trouvant sur terre : tout animal ayant des sabots fendus et rumine, vous le mangerez. » (Lévitique 4.11)

Selon le Gaon de Vilna, qui considère la consommation de la matsa pendant la fête de Pessa’h comme une mitsva perpétuelle à chaque fois que l’on en consomme, nous pouvons affirmer qu’il y a ici une ordonnance à consommer de la viande. « Voici l’animal sauvage que vous mangerez », voyez-y un ordre et non une simple autorisation.

Mais pourquoi donc ? N’y aurait-il pas de place pour les ‘vert’ au gouvernement ?

Un peu de kabbale 

Pour approfondir notre étude, j’aimerais souligner que la Torah utilise le terme « Haya », traduit par « animal sauvage », pour nous mentionner quels animaux sont cachères. Pourquoi ne pas simplement écrire « tout animal possédant… » qui inclurait tous les animaux, tels que les vaches, les moutons, comme les gazelles et autres.

Le Or HaHayim explique qu’ici le terme « Haya » ne doit pas être traduit par « animal sauvage », mais par « animal vivant », « hay » signifiant « vivant ».

Les animaux choisis par la Torah pour la consommation sont ceux qui renferment en eux une étincelle de sainteté, de vie.

L’homme a donc pour mission, dans son alimentation, de sanctifier l’espèce animale.

Je m’explique : le monde se compose de quatre éléments, le minéral, le végétal, l’animal, l’homme.

Lorsqu’une personne consomme un élément minéral, végétal ou animal, elle le transforme et l’intègre à l’intérieur d’elle-même.

Les vitamines, minéraux et autres présents dans les aliments consommés lui procurent la force de vivre ici-bas.

Selon la Kabbale, une élévation spirituelle est établie ici.

Lorsque l’homme se nourrit afin de servir D. et de l’honorer, il élève le minéral, le végétal et l’animal à un niveau spirituel supérieur.

Cela expliquerait donc l’ordre de consommer de la viande.

Puisque la création de l’homme consiste à s’élever à travers le monde, voici l’une des façons de nous sanctifier.

Alors, pourquoi ne pas sanctifier le cochon ou d’autres espèces animales si déjà ?

Ces derniers ne possédant aucune étincelle de Vie en eux ne sont pas éligibles à une sanctification. En outre, ils sont néfastes pour l’homme et lui insufflent une impureté.

Ils sont appelés « assour » dans la Torah, ce qui signifie « lié ». Ils sont enfermés dans cette catégorie de choses interdites et néfastes pour l’homme.

C’est pourquoi, lorsqu’il s’agit de nourriture cachère, nous utilisons le terme d’aliment « moutarim », permis. Ils ne sont pas sacrés par essence, mais potentiellement. C’est l’homme qui les élèvera spirituellement en fonction de ses pensées, de son approche de son alimentation, de la bénédiction qu’il récitera sur ce dernier, etc.

Voilà pour la brève explication de la loi selon nos sages et la Kabbale.

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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