Fiche pratique Pourim – Halakhot et Mitsvot

Mahatsit HaShekel – Demi cycle d’argent

Du temps du Michkan et du Beth Hamikdash, chaque homme recensé dans l’armée, c’est-à-dire âgé de 20 et plus, devait contribuer annuellement par le Ma’hatsi HaShekel. Ce recensement avait plusieurs fonctions :

1. Expiation des fautes : pour expier sur nos transgressions.

2. Protection : afin de ne pas être décimé par la magéfa, c’est-à-dire les épidémies.

3. Contribution pour le Beth Hamikdash : l’argent servait à acheter les Korbanot, les sacrifices pour le Beth Hamikdash ou le Michkan.(Baal Hatourim Ki Tissa)

Aujourd’hui, sans Beth Hamikdash, nous faisons un Zekher leMa’hatsit HaShekel, un souvenir de ce recensement.

Qui est concerné et combien donner ?

• Hommes de 20 ans et plus : pour ceux qui veulent accomplir le Hidour Mitsva, on donne l’équivalent de 9 grammes d’argent, soit environ 24 € par personne.

• Autres membres de la famille (femmes, enfants, garçons de moins de 20 ans) facultatif : on peut donner trois pièces de 50 centimes par âme, en guise de protection et de bénédiction.

• Si l’on commence à donner pour un enfant, il faudra continuer chaque année pour ne pas interrompre la mitsva. Il est donc important de préciser avant cette donation qu’elle est ‘bli neder’ pour ne pas rentrer dans des complications !

À qui donner ?

L’argent doit être donné aux institutions communautaires : synagogues, yeshivot, kolelim, et non aux pauvres!

Lecture de la Méguila

La mitsva de Pourim exige d’écouter la Méguila deux fois : le soir et le lendemain pendant la journée.

• Hommes et femmes, sans distinction.

• Certaines idées répandues suggérant que les femmes peuvent choisir entre le soir ou la journée ne sont pas correctes.

Il faut écouter attentivement le lecteur, même sans comprendre l’hébreu, car la lecture dans la Méguila en parchemin permet de s’acquitter de la mitsva.

Attention !! Si vous lisez dans une traduction et ne suivez plus le lecteur, vous n’êtes pas quitte. L’attention doit rester sur la lecture du lecteur pour s’acquitter correctement.

Eh vous je vous vois venir… non non, ne lisez pas avec le Baal koré vous allez déranger tout le monde !!

Michloa’h Manot

Haman voulait nous perdre car nous étions « dispersés et divisés ». Le remède ? L’unité. On envoie des cadeaux comestibles pour marquer notre affection.

Nombre et contenu

• Un seul cadeau suffit. Offrir à plusieurs personnes est méritoire mais pas obligatoire.

• Le cadeau doit contenir au moins deux aliments : solide et liquide, deux solides ou deux boissons.

• Le mieux est d’adapter le cadeau aux goûts et besoins de la personne : Offrir un cadeau que l’ami ne peut pas manger (pour raison de santé par exemple) pose un problème de validité selon certains, car le but est de le réjouir pour le repas de Pourim.

Emballage et dignité

• Selon le Ben Ich Hay, chaque aliment devrait être dans un emballage séparé pour respecter le sens du verset « Michloah Manot ».

• D’après la Halakha stricte, cela n’est pas nécessaire, mais celui qui veut s’acquitter pleinement peut faire deux petits paquets distincts pour le solide et pour le liquide.

Le rang social : Il faut que le cadeau soit honorable. On n’offre pas une simple canette de soda à une personne aisé. Le présent doit refléter le respect que l’on porte à l’autre.

Il est préférable de faire un seul Michloa’h Manot honorable plutôt que plusieurs sans valeur. Vos amis vous aimeront même si vous ne leur avez pas offert de Michloa’h Manot… c’est pas Versailles ici 🪞👑

Qui offre à qui ?

Chaque adulte doit accomplir sa mitsva personnellement : hommes et femmes, garçons après 13 ans et filles après 12 ans.

• Un homme offre à un homme, une femme à une femme.

• Les familles peuvent offrir à d’autres familles, mais chaque adulte doit accomplir sa mitsva individuellement. Ainsi, un Michloa’h Manot pourra être offert par la femme à la famille X, et le mari offrira son propre Michloa’h Manot à la famille Y.

Comment vous vous appelez ?🥳

Esprit de la mitsva

La mitsva n’est pas un échange réciproque obligatoire. Offrir un cadeau ne crée pas l’obligation de recevoir ou de rendre un autre cadeau. Le but est de partager la joie et la camaraderie.

Cette mitsva doit être accomplie le jour de Pourim, en journée de préférence, et non la veille après le jeûne d’Esther.

Il est préférable, dans la mesure du possible, d’envoyer le michloa’h manot par l’intermédiaire d’un tiers plutôt que de le remettre soi-même.

Matanot LaEvyonim

Matanot LaEvyonim consiste à offrir à au moins deux pauvres de quoi faire un repas de Pourim digne.

Montant et contenu

• Le repas typique comprend du pain, de la viande et une boisson.

• Le montant minimum  recommandé pour Matanot LaEvyonim est d’environ 40 € en tout par personne, afin de permettre de nourrir deux pauvres dignement pour le repas de Pourim.(20€ par repas)

• Chaque adulte doit accomplir sa mitsva personnellement : hommes et femmes, garçons après 13 ans et filles après 12 ans.

• Les enfants plus jeunes sont exemptés.

Priorité et conseils pratiques

• La réflexion nécessaire : On dépense souvent des fortunes pour les Michloach Manot de nos amis, et seulement le minimum pour les pauvres. Or, la véritable joie de D. est de voir que l’on prend soin de ceux qui n’ont rien. Inversons nos priorités !

• La mitsva peut être accomplie via des michtés communautaires pour les pauvres, ou en aidant des organisations qui reverseront le jour même cet argent aux nécessiteux.

Michté de Pourim

Le michté est le repas festif de Pourim, au cours duquel chacun doit se réjouir et manger, boire un peu de vin, et partager la joie avec son entourage.

Repas et joie

• Même si en France Pourim n’est pas un jour férié et que l’on travaille, il est important de prendre le temps d’un repas festif.

• Le repas doit contenir du pain, de la viande et du vin.

• Le Talmud insiste : l’homme doit se parfumer avec le vin et s’efforcer de se réjouir pour distinguer le bien et le mal à travers l’histoire de Pourim.

Horaire

• Selon la Kabbalah, il est préférable de faire le michté le plus tôt possible le matin, après la lecture de la Méguila, car la lumière spirituelle de Pourim s’estompe avant midi. (Sidour Rachac »h)

• Selon la Halakha stricte, le michté peut être accompli jusqu’au coucher du soleil, mais il est conseillé de ne pas le commencer trop tard.

Esprit du michté

• La joie de Pourim est positive : il s’agit de célébrer le bien, la délivrance et la protection divine.

• On peut chanter, partager des paroles de Torah, remercier D. et échanger des paroles de soutien et de reconnaissance avec ceux présents autour de nous.

Ad delo yada

Dans la vie quotidienne, face aux épreuves, nous avons deux façons de réagir une fois sauvés :

Se focaliser sur l’ennemi : « Maudit soit Haman, quel soulagement qu’il soit parti ! »

Se focaliser sur la reconnaissance : « Béni soit Mordéhaï, merci mon D. pour ce miracle ! »

Le jour de Pourim, avec l’effet du vin, on dépasse ces analyses intellectuelles. On entre dans une joie si haute que l’on ne sait plus comment aborder la chose : est-ce que je maudis le mal ou est-ce que je bénis le bien ? Tout se confond dans une gratitude totale envers Hachem.

C’est pourquoi on fait un festin avec de la viande et du vin, mais attention : on reste lucide et noble. Le vin doit faire sortir nos plus beaux secrets (la Torah, le soutien, l’amour), pas nous mettre dans l’embarras.

Pour les personnes en deuil

Les lois du deuil s’appliquent également pendant Pourim.

Pendant les 7 jours (Chiva)

La personne doit conserver chez elle toutes les lois habituelles du deuil : s’asseoir par terre ou sur un siège bas, porter des chaussures en tissu, et respecter l’ensemble des règles normales de la Chiva à la maison.

On écoutera la Méguila et on s’acquittera normalement de la mitsva des Matanot LaEvyonim.

Concernant le Michté et les Michloa’h Manot : on pourra faire le Michté en famille. Pour les Michloa’h Manot, on offrira un seul Michloa’h Manot afin de s’acquitter de la mitsva. En revanche, de manière générale, on n’offre pas de Michloa’h Manot à une personne en deuil.

Si quelqu’un vous en offre malgré tout, vous pouvez l’accepter afin de ne pas le mettre mal à l’aise, mais il est préférable de prévenir votre entourage que cette année restera sobre. (Rama -Michna Beroura o »h 696.6 – Ben Ich Hay chana 1 Tetsavé ; Selon le Yalkout Yossef, l’endeuillé peut, au même titre que les autres, offrir et recevoir plusieurs michloah manot.)

Pendant la première année du deuil

Concernant les mitsvot de la journée (Méguila, Matanot LaEvyonim, Michloa’h Manot et Michté), même principe que pendant les sept jours.

Le Michté communautaire 

Les endeuillés ont le droit de mettre de la musique pendant le Michté de Pourim, car elle fait partie intégrante de la mitsva et contribue à la joie requise en ce jour.

Ainsi, les endeuillés auront le droit, s’ils le désirent, de participer au Michté avec leur communauté, car les lois du deuil ne s’appliquent pas dans le cadre d’une seoudat mitsva. Or, le Michté de Pourim est considéré comme une seoudat mitsva et non comme une simple seouda mereïm – un repas convivial entre amis.(Hazon Ovadia et Yalkout Yossef)

Pourim Sameah

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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