Mon livre préféré
Lorsque j’étais à la Yechiva Kétana, j’étais particulièrement attaché à un livre : le Messilat Yécharim.
Son auteur, Rabbi Moché Haïm Loutsato que l’on appelle le Ramhal, était un immense sage et un grand mekoubal. Il connaissait les profondeurs du Talmud comme celles de la Kabbale. Mais son érudition et sa pureté étaient telles qu’elles finirent par susciter la crainte des responsables des communautés de son époque. Nous étions encore dans la période qui suivit le traumatisme laissé par Chabtaï Tsvi et toute forme de mystique inspirait de la méfiance.
On lui interdit alors d’imprimer et de continuer à écrire des ouvrages de Kabbale. Heureusement, quelques-uns de ses écrits nous sont tout de même parvenus et demeurent aujourd’hui d’une importance majeure.
C’est dans ce contexte qu’il rédigea un livre accessible à tous : le Messilat Yécharim.
Un ouvrage qui peut sembler, à première vue, simple, presque classique. Pourtant, le Ramhal y affirme une idée étonnante : celui qui travaille réellement à vivre selon les enseignements de ce livre peut s’élever à des niveaux spirituels extraordinaires — jusqu’à atteindre la sainteté et le rouaḥ hakodech, recevoir la clé de la résurrection des morts.
Oui… vraiment.
Je sais de quoi je parle… (rires).
Mais quelle est donc la base d’un chemin si élevé ?
Le Ramhal l’exprime dès les premières lignes : l’homme doit identifier et connaître son devoir dans ce monde.
Comme il l’écrit lui-même :
« Yesod ha’hassidout vechorech ha’avoda hatemima, hou sheyitbarer veyitamet etsel haadam ma hovato beolamo. »
« Le fondement de la piété et la racine du service parfait est que l’homme clarifie et vérifie quel est son devoir dans ce monde. »
D. a placé l’homme dans une réalité où de nombreuses forces cherchent à le détourner de sa mission. Mais celui qui reste attentif, lucide sur lui-même et sur son rôle, peut s’élever — jusqu’à atteindre, nous dit-il, un niveau proche du Kodesh Hakodachim, comme le Saint des saints.
Cette idée apparaît déjà dans la Michna, lorsque Hillel enseigne dans Pirkei Avot :
« Im ein ani li, mi li ? Oukechéani leatsmi, ma ani ? Veim lo akhchav, eimatai ? »
Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?
Mais si je ne suis que pour moi, que suis-je ?
Et si ce n’est pas maintenant, quand ?
Chacun sa place
Connaître sa place est sans doute l’une des plus grandes bénédictions que l’homme puisse recevoir.
Lorsque nous comprenons que chacun possède une mission unique, que chacun a sa place légitime dans ce monde, alors la comparaison avec autrui perd tout son sens. Rien n’est à envier. Rien ne peut véritablement rivaliser avec la mission qui nous est propre.
Nos rôles sont différents.
Nos chemins ne se ressemblent pas.
Et plus encore : chacun porte une touche personnelle que personne d’autre ne peut apporter à l’humanité.
Bien souvent, ce qui crée en nous un malaise n’est pas la réalité elle-même, mais la comparaison avec les autres. Les attentes que nous plaçons dans autrui. Ce que nous espérons recevoir de lui.
Mais tel n’est pas notre objectif ici-bas.
Notre mission est d’apprendre à construire des relations saines. À donner, sans attendre nécessairement un retour.
Alors vous voulez savoir comment on peut, dans ce monde, ressusciter quelqu’un ?
Les Sages nous donnent une clé magnifique dans Pirkei Avot :
« Toute affection qui dépend d’une chose disparaît lorsque cette chose disparaît.
Mais une affection qui ne dépend d’aucune chose ne disparaît jamais.
Quel est l’exemple d’un amour dépendant d’une chose ? L’amour d’Amnon pour Tamar.
Et d’un amour qui ne dépend de rien ? L’amour de David et Yonathan. »
Lorsqu’un homme donne à son prochain sans calcul, simplement pour lui faire du bien — à son ami, à son conjoint, à son prochain — il s’élève alors à une dimension profondément divine.
Car un amour pur, gratuit et sincère possède un pouvoir extraordinaire.
Il peut redonner vie à celui qui était abattu.
Raviver l’étincelle divine qui sommeille dans un cœur fatigué.
Une véritable tehiyat hametim !
Dans nos couples
Souvent, dans notre relation avec notre conjoint, on a l’impression de trépasser…
Oui, vous me comprenez.
Vous savez, ces moments où l’on a le sentiment que, de l’autre côté, on ne nous aime plus vraiment. On attend de la compassion, des gestes, des déclarations enflammées… comme dans les films d’Hollywood, où l’amour semble toujours spectaculaire, parfait et permanent.
Sauf qu’on oublie une chose essentielle : grâce à D., nous sommes mariés avec des personnes normales, équilibrées, profondément humaines.
Et c’est peut-être justement cela, le vrai miracle.
Alors oui… arrêtons de rêver, arrêtons d’être dans l’attente de choses parfois, ô combien, superficielles. Car le langage de l’amour est tout autre. Il est pluriel.
Il ne se trouve pas toujours dans le paraître.
Il se trouve dans la constance.
Dans la fidélité.
Dans la sincérité de la relation.
En d’autres termes, l’amour ne réside pas tant dans ce que nous recevons… mais dans ce que nous sommes capables de donner à notre conjoint, sans compter.
Et parfois, il suffit qu’une seule personne commence.
Alors dites-moi…
Et si c’était vous qui rallumiez la flamme ?
À suivre…
pour vivre Bessimha Tamid🥳





Une réponse
Magnifique, j’adore 🤩