Cafouillage dans le train pour Paris- Le respect des parents

Parachat Itro À la mémoire d’Élie Marey 

Cafouillage dans le train pour Paris -Le respect des parents

Kiboud Av vaEm

Une question complexe concernant une agouna (femme dont le mari est porté disparu et qui ne peut se remarier sans preuve de son décès) fut un jour soumise au Rav Yehezkel Shraga Halberstam de Shinova, de mémoire bénie. Avant de se prononcer, il décida de consulter son père, le célèbre Rav Haïm de Sanz, auteur du Divrei Haïm.

Son père fixa une heure précise pour discuter de cette affaire délicate. Afin de se préparer correctement, Rav Yehezkel demanda au gabbai (secrétaire de la synagogue) d’apporter un volume du Choulhan Aroukh, section Yoré Déa. Intrigué, le gabbai s’étonna et dit :

— Mais les lois concernant les agounot se trouvent dans la section Even HaEzer, il y a peut-être une erreur ?

Rav Yehezkel lui répondit avec assurance :

— Je ne me suis pas trompé ! J’ai demandé le volume Yoré Déa parce que je dois d’abord réviser les lois concernant le respect dû au père (kiboud av) avant d’aller discuter et débattre d’une question de halakha avec mon père.

Réflexion

Cette histoire révèle la grandeur et l’humilité des sages d’antan. Avant même d’aborder une question d’une immense complexité, Rav Yehezkel ne perd pas de vue le respect inébranlable qu’il doit à son père, conformément à la Torah.

Le respect des parents ne se limite pas à les aider lorsqu’ils en ont besoin ou à leur rendre ce qu’ils ont fait pour nous. Il se manifeste aussi dans la manière dont nous leur parlons et leur adressons la parole.

Caffouillage dans le train pour Paris

Un dimanche, après avoir passé Chabbat à Deauville, je pris le train pour rentrer à Paris.

Je m’assois dans mon carré, à droite, et vois arriver une famille juive qui s’installe juste à côté, dans le carré de gauche : une grand-mère, sa fille et deux petits-enfants.

Jusque-là, tout va bien. Mais soudain, la fille demande à sa mère :

— Où est la valise rouge ?

— Quelle valise rouge ? lui répond sa mère.

Et là, tout dérape :

— ***Je ne peux pas compter sur toi ! Je t’ai demandé une seule chose et tu ne l’as même pas faite ! ***Je te hais…

Elle se met à insulter sa mère, la traitant d’incapable.

La mère reste silencieuse, puis tente de s’excuser pour apaiser la situation :

— Oui, je suis âgée, j’entends mal, je suis dépassée… Désolée.

Mais la fille ne s’arrête pas. Après lui avoir passé un véritable savon pendant cinq minutes, elle décide finalement d’appeler un taxi et l’hôtel pour voir si quelqu’un peut lui rapporter sa valise dans les cinq minutes avant que le train ne parte.

— Je vous paie 100 €, dit-elle.

Mais il est trop tard. Elle devra se la faire livrer à Paris plus tard dans la journée.

J’avais envie d’intervenir après toute cette scène et dire à la maman :

C’est comme ça qu’on parle à sa mère ? Vous avez passé un bon week-end, elle vous a aidée tout du long, et vous gâchez tout à la dernière minute ? Et puis, si vous avez les moyens de payer 100 € pour vous faire livrer une valise, pourquoi s’énerver ? Si vous aviez gardé votre calme, vous auriez peut-être pu régler la situation à temps et éviter cette dépense !

Mais à quoi bon intervenir ? Peut-être comprendra-t-elle un jour, d’elle-même, la maladresse et le manque de respect dont elle a fait preuve envers sa mère.

C’est alors que je me suis demandé : Dans quelle époque vivons-nous ? Si seulement tous ces jeunes prenaient exemple sur leurs propres parents, ce serait déjà suffisant…

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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