Aujourd’hui, on nous annonce une nouvelle série Harry Potter. Les films, pourtant si marquants, laissent place à une relecture. On change les acteurs, on réécrit les scènes, on promet une adaptation “plus fidèle”, “plus moderne”. Mais moi, je me demande : est-ce vraiment nécessaire ?
Et Blanche-Neige ? Plus de 270 millions de dollars dépensés pour un remake qui, sauf retournement spectaculaire, ne rentrera même pas dans ses frais.
Pourquoi ? Parce qu’il y a des choses qu’on ne touche pas. Ce qui est profondément lié à notre enfance, à notre imaginaire, à notre nostalgie… devient presque sacré. Intouchable.
Il y a, dans l’esprit humain, une profonde connexion entre ce que l’on découvre dans notre jeunesse, et ce que l’on considère comme vrai, pur, et beau. L’histoire – que ce soit un conte, un roman, un film ou un chant – ne marque pas seulement notre mémoire. Elle façonne notre monde intérieur. Elle devient un repère. Et quand on tente de la réécrire, même subtilement, c’est comme si l’on touchait à quelque chose de fragile, de sacré. C’est comme profaner un souvenir.
Changer un détail dans une histoire de notre enfance, c’est parfois bouleverser bien plus que des mots ou des images : c’est altérer un lien émotionnel profond. C’est pourquoi tant de gens ressentent une gêne, une distance, voire un rejet face à ces réécritures modernes. Ce n’est pas qu’ils refusent le changement en soi. C’est qu’ils sentent qu’on touche à une forme de fidélité intérieure. À une mémoire affective. À ce qui les a construits.
Et c’est justement là que ma pensée a dévié, naturellement, vers quelque chose de bien plus profond. Vers notre Torah.
Car si l’on ressent tout cela face à un film ou à un conte, combien plus grande est notre relation à la Torah. Nous qui l’avons reçue dans notre jeunesse, récitée dans nos salles de classe, chantée dans nos prières, gravée dans notre rythme quotidien. Ce lien est bien plus qu’émotionnel. Il est existentiel.
Et plus nous avançons dans la vie, plus cette Torah que nous avons reçue enfants se révèle belle, forte, éclatante. Non pas parce qu’elle change – mais parce que nous changeons. Parce que notre regard mûrit. Parce que nos épreuves et nos expériences donnent plus de relief à chaque mot.
« Shiv’im panim laTorah » — il y a 70 facettes à la Torah. Ce n’est pas une pluralité de versions, ce n’est pas un champ de réécritures. C’est une profondeur qui se dévoile, non pas en modifiant la Torah, mais en l’explorant. En y pénétrant davantage.
La beauté de la Torah, c’est qu’elle est vivante sans jamais être revisitée. Elle n’a pas besoin d’être « mise à jour ». Elle est éternelle non parce qu’elle fige le passé, mais parce qu’elle éclaire le présent.
Alors non, la Torah ne se remake pas. Elle ne se modernise pas. Elle se révèle, de génération en génération, à celui qui accepte de l’approcher avec fidélité, avec respect, et avec ce regard intérieur que seule la nostalgie sincère peut préserver.
Pour ou contre le remake de certaines séries ? Chacun y trouve ses raisons.
Moi, je choisis la fidélité. Je choisis ce qui m’a construit. Je choisis la nostalgie. Parce qu’il y a des histoires qu’on ne réécrit pas. Et des vérités qu’on ne modernise pas.




