Pour Odelia :Récapitulatif des lois de Tisha Béav
Préparation des habits de Ticha Béav
Il faut savoir que, bien que nous n’ayons pas eu cette année Shavoua She’hal Bo — la semaine qui précède Ticha Béav —, le jour de Ticha Béav lui-même reste un jour de deuil, avec toutes ses lois.
Il est interdit ce jour-là de porter des habits considérés comme « frais », c’est-à-dire des vêtements tout juste sortis de l’armoire, encore imprégnés de l’odeur de la lessive, ou qui n’ont pas encore été portés.
D’autre part, il est également interdit de porter les habits du Chabbat pendant Ticha Béav. Car ces vêtements sont associés à la joie, à l’honneur, au kavod du Chabbat. Et avec de tels habits, on ne peut pas faire le deuil convenablement.
C’est pourquoi il faut penser à préparer des habits dès aujourd’hui, avant l’entrée du Chabbat, afin de leur ôter leur aspect « frais », pour qu’ils soient considérés comme déjà utilisés. Ainsi, nous pourrons les mettre à Ticha Béav sans problème.
Cependant, si l’on n’a pas eu le temps de les préparer avant Chabbat, il reste une possibilité de le faire pendant Chabbat : en les portant environ une demi-heure à une heure, que ce soit pendant les repas, pour une promenade ou à la synagogue. De cette manière, on pourra les porter ensuite à la sortie de Chabbat pour le jeûne.
Consommation de viande pendant Shabbat avant Ticha Béav
Le jour du Shabbat, il n’y a pas d’interdiction de consommer de la viande, et ce, même pendant la Se’oudah Shlishit. Il est vrai qu’habituellement, lors de la Se’oudah Mafsseket — le dernier repas avant Ticha Béav — nous nous asseyons par terre avec un bout de pain et un œuf. Cette année, en raison du Shabbat, ce ne sera pas le cas.
Ainsi, à la Se’oudah Shlishit, nous pouvons manger à table ce que nous désirons, en compagnie de nos proches et de nos familles.
La seule précaution à prendre est de terminer le repas avant la Shkia — c’est-à-dire avant le coucher du soleil. (À Paris 21:27)
Attendre la nuit vendredi soir pour manger de la viande ?
Quand nous disons qu’il n’y a pas d’interdiction de manger de la viande pendant le jour du Shabbat, c’est exact. Mais aujourd’hui, vendredi encore, le minhag est de ne pas consommer de viande.
Faut-il donc attendre la tombée de la nuit pour pouvoir en manger ?
Réponse : Dès que nous ferons entrer le Shabbat, même s’il fait encore jour, nous pourrons consommer de la viande. A titre d’exemple nous pouvons faire entrer Chabbat à Paris à partir de 19 :55. Ainsi après le kiddouch nous pourrons faire un repas de viande.
Entrée et sortie du Shabbat à Ticha Béav
Concernant la sortie du Shabbat, après avoir terminé la Se’oudah Shlishit, c’est-à-dire avant le coucher du soleil, nous devons attendre la fin du Shabbat pour nous habiller avec les habits de Ticha Béav, mettre les chaussures appropriées, et éventuellement aller à la synagogue pour faire les kinot, même en voiture.
Cela dit, avant d’accomplir toute melakha, il faudra dire ‘Baroukh Hamavdil Ben Kodesh Lechol’, sans prononcer les noms d’Hachem, ce qui nous permettra ensuite de faire tous les travaux nécessaires.
Quant à la Havdala sur le vin, elle se fera dimanche soir, à la sortie du jeûne, avec la bénédiction de Boré Péri Hagafen sur le vin, puis la bénédiction d’Hamavdil Ben Kodesh Lechol uniquement.
La bénédiction de Boré méoré haesh sur le feu doit être récitée le samedi soir, soit à la synagogue, soit à la maison.
L’après-midi de Ticha Béav : entre halakha et espérance
Le jour de Tisha B’Av, c’est-à-dire dimanche, à partir de Hatsot Hayom (le milieu de la journée, à Paris : 13:56) la coutume est que les femmes peuvent commencer à préparer les plats pour la sortie du jeûne, ranger la maison, nettoyer… et tout cela fait partie de la Nekhama — la consolation —, de la Emouna — la foi — que le Machia’h viendra et que le Beit Hamikdash sera reconstruit.
D’après la Halakha, à partir de Hatsot, il n’est plus nécessaire de s’asseoir à même le sol : on peut s’asseoir sur des chaises, des canapés, sans aucun problème.
Vivre Ticha Béav pour les femmes à la maison
Il est vrai qu’il est difficile, pour les dames qui restent à la maison et ne vont pas à la synagogue, de faire passer le temps du jour de Ticha Béav jusqu’à Hatsot de manière fluide, en restant toujours concentrées sur Ticha Béav : en étudiant des textes, en regardant des vidéos axées sur ce thème.
Cela dit, il faut malgré tout faire l’effort d’éviter au maximum tout contenu qui pourrait nous distraire de Ticha Béav, ou nous faire passer le temps de façon joyeuse et légère.
Pour une dame à qui il est difficile de regarder du contenu sérieux sur Ticha Béav, bien évidemment qu’il est préférable qu’elle regarde des recettes de cuisine plutôt que des séries télévisés ou des programmes divertissants contraire à l’esprit de Ticha Béav et à l’esprit de la Torah de manière générale.
Penser à Ticha Béav, un mérite pour la Guéoula
Ainsi, penser à Ticha Béav — au fait qu’Hachem, depuis la destruction du Temple, vit comme un sans-abri, et pourtant continue dans Sa bonté à nous donner tout ce dont nous avons besoin — sera pour chacune et chacun un grand mérite, qui fera avancer et permettra la Guéoula ainsi que la reconstruction du Temple, bientôt, Amen.
La sortie du jeûne aura lieu à la sortie des étoiles, à Paris: 22:10.
Les personnes exemptées du jeûne :
Les personnes sous antibiotiques, les femmes enceintes ou ayant accouché récemment (dans les 30 jours suivant l’accouchement – voire jusqu’à deux ans dans certains cas rares), qui sont fragiles ou pour qui le jeûne pourrait mettre en danger le bébé (en cas de grossesse), provoquer des troubles, des vertiges ou des contractions, sont exemptées du jeûne.
Bien entendu, ce n’est pas pour autant une occasion de se faire plaisir avec des plats raffinés, des glaces ou des apéritifs… Vous voyez ce que je veux dire ! Les décisionnaires sont même rigoureux : si la personne en a la capacité, elle est encouragée à faire un effort pour s’associer à la peine du tsibour (la communauté), par exemple en s’abstenant de manger le soir même de Ticha Béav, ou en jeûnant partiellement.
Il en va de même pour les personnes âgées, si le jeûne peut nuire à leur état de santé.
Dans la mesure où une personne est exemptée du jeûne, elle devra faire la Havdala soit samedi soir, soit dimanche matin avant de manger, sur du vin. Elle récitera uniquement les bénédictions de Boré péri haguefen et Hamavdil ben kodesh le’hol.
(Si elle fait la Havdala dès la sortie du Chabbat, elle récitera également Boré méoré haesh.)
Les personnes exemptées du jeûne restent néanmoins concernées par les autres interdits de la journée : ne pas se laver, ne pas porter de chaussures en cuir, ne pas avoir de relations intimes avec leur conjoint, etc.
R. Yehouda Elbilia




