Raccourcir les Tahanounim du lundi et jeudi ?

Question communautaire :

Dans notre synagogue, nous avons pris l’habitude de raccourcir les tahanounim du lundi et du jeudi, afin de permettre aux parents d’amener leurs enfants à l’école et aux personnes de partir rapidement au travail.

Cette pratique, qui s’installe peu à peu et se poursuit même pendant les vacances, ne plaît pas à tout le monde.

Quel est l’avis du Rav à ce sujet ?

Réponse :

Tout d’abord, je tiens à féliciter chaleureusement tous ceux qui font l’effort de prier betsibour, renforçant ainsi les minyanim dans nos synagogues.

À plus forte raison, kola hakavod à ceux qui se déplacent alors que leurs enfants les attendent pour aller à l’école — ce qui ajoute un stress supplémentaire dès le matin — ou qui doivent ensuite se précipiter au travail.

En priant en minyan, nous avons le mérite que la Chekhina elle-même nous précède, et que même une tefila dite sans grande kavana soit acceptée dans les Cieux. De plus, cette prière collective révèle combien nos motivations et nos requêtes, bien que personnelles et distinctes, se renforcent mutuellement lorsque nous nous unissons. C’est cette union qui rend la prière de chacun plus puissante devant Hachem.

Sur la question de raccourcir les tahanounim du lundi et du jeudi :

Je ne vous cacherai pas que, personnellement, lorsque je ne suis pas chaliah tsibour, il m’arrive de les réduire, surtout lorsque la vitesse de lecture du hazan est à la vitesse grand V, rendant difficile pour les fidèles de suivre dans le même rythme.

Dans ce cas, j’applique la règle bien connue :

Tov me’at bekavana meharbot shelo bekavana — il vaut mieux dire moins avec concentration que beaucoup sans concentration.

Ceci peut s’appliquer au particulier.

En revanche, instaurer officiellement que le chaliah tsibour raccourcisse ces tahanounim n’est pas, selon moi, convenable : ce n’est pas kavod pour le tsibour, ni pour nos Sages qui ont établi cet ordre de prière.

En effet, même si l’on récite bien les Vayaavor spécifiques au lundi et au jeudi, sauter plusieurs passages revient à modifier le nossah ancestral, celui qui élève nos prières de la façon la plus parfaite devant Hakadosh Baroukh Hou, comme l’a enseigné le Ari zal. Et plus encore, car les vraies tahanounim sont les passages à partir de Vehou ra’houm, et les Vayaavor sont des ajouts postérieurs, insérés plus tard dans la chronologie.

Le Choulhan Aroukh (O’’H 134 :1) et le Michna Beroura précisent que ces tahanounim ont une très grande valeur, car ils sont dits les jours où Moché Rabbénou est monté et descendu, après avoir obtenu le pardon divin pour la faute du veau d’or (monté un jeudi et redescendu un lundi) pour remettre au peuple les deuxièmes Tables de la Loi.

De plus, ces jours correspondent à des moments où le Beth Din céleste et terrestre siège pour juger tout un chacun.

Ces textes ont été rédigés par des Kadmonim — des Sages anciens — qui furent, de façon miraculeuse, jetés dans le feu et sauvés par Hachem (voir Aroukh HaChoulhan 134).

Ce que je vous propose :

Que les tahanounim du lundi et du jeudi soient lus par une personne qui comprend ce qu’elle lit et qui peut avancer rapidement tout en conservant la kavana.

Même si ce n’est pas lui le chaliah tsibour, il peut les lire à voix haute.

C’est ce que je faisais moi-même à l’époque à Deauville : même lorsque je n’étais pas chaliah tsibour, je prenais la lecture des tahanounim à la place du hazan pour que tout le monde puisse suivre, sans pour autant rallonger inutilement l’office.

S’il n’y a pas de personne capable de le faire ainsi, alors le chaliah tsibour pourra lire à voix haute uniquement les passages des Vayaavor, notamment le paragraphe de Vehou ra’houm, et réciter le reste à voix basse afin d’aller plus vite, tout en ne supprimant rien du texte établi.

Héyou Chalom, et que nous puissions toujours trouver du goût et de la profondeur dans ces merveilleux passages de notre tefila.

R. Yehouda Elbilia 

 

 

 

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Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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