Question : Bonjour Rav, A-t-on le droit de poser des fondants au chocolat directement sur la plata afin de les réchauffer pendant Chabbat ?
Réponse : Bonjour, tout dépend de l’état de cuisson de vos fondants.
Si la pâte n’est pas encore totalement cuite, et que la chaleur de la plata va en achever la cuisson, alors cela est interdit, et peut être même d’après la Torah (cf. Choul’han Aroukh, O »H 318).
En revanche, s’ils sont déjà entièrement cuits et propres à la consommation, et que l’on cherche simplement à les réchauffer, cela est permis.
Il n’y a pas lieu non plus de craindre le fait que le chocolat, actuellement solide, va se liquéfier. En effet, pour nous, Séfaradim, on se réfère à l’état de l’aliment au moment où il est posé sur la plata : puisqu’à cet instant le chocolat est considéré comme un aliment sec, il n’y a pas d’interdiction de cuisson après cuisson.
Il est même possible que, selon certains avis, cela soit également permis pour les Ashkénazim, dans le cas où le chocolat fondu se mélange ensuite à la masse du gâteau, et ne constitue plus une entité liquide indépendante.
Ps : Certains décisionnaires estiment que le fondant « mi-cuit » est, en réalité, déjà dans son état normal de consommation, puisque c’est précisément ainsi qu’on a l’habitude de le manger. Selon eux, il est donc considéré comme totalement cuit, et il n’y aurait pas d’interdit de bichoul a’har bichoul. (Eh non, il ne s’agit pas de Rav Ovadia Yossef zatsal – voir Halikhot Chabbat)
Pour ma part, je ne partage pas cette analyse. À mes yeux, tant que la pâte n’a pas atteint un état de cuisson complète, le fait que »l’usage » soit de la consommer mi-cuite ne suffit pas à la définir comme « cuite » au sens halakhique.
Chabbat Chalom oumevorah,
R. Yehouda
Réponse complémentaire à K.
Pour le cœur chocolaté, mon opinion suit celle des enfants du Rav Ovadia Yossef.
Pour bien comprendre : si vous servez un gâteau mi-cuit à quelqu’un qui ne connaît pas cette recette, il aura l’impression qu’il n’est pas cuit. De même pour un rosbif saignant : celui qui n’a pas l’habitude le renverra en cuisine pour poursuivre la cuisson.
Autrement dit, ce type de préparation relève surtout d’une manière de consommer, mais n’est pas considéré comme une cuisson achevée du point de vue de la halakha. Par conséquent, ce n’est pas défini comme “cuit” pour Chabbat, et il est interdit de le poser sur la plata pendant Chabbat.




