Question de Yaacov: Doit-on prélever la ḥalla uniquement sur une pâte à pain, ou également sur une pâte à cake ?
Réponse: Bonne question, car elle revient très souvent.
1) Quelles pâtes sont concernées par les lois de la ḥalla ?
D’après la Halakha, est concernée par la mitsva de la ḥalla toute pâte qui ressemble à du pain. (Choulhan Aroukh yo »d 329.1)
C’est ce que l’on appelle torita denahama.
Il ne s’agit pas de savoir si elle accompagne un repas, mais de sa forme et de sa tenue :
même sucrée, même chocolatée, une pâte peut être considérée comme du pain.
Sont donc concernées les pâtes qui : gonflent, gardent une certaine épaisseur, et sont cuites au four ou sur une plaque ou une poêle sans liquide.
Exemples :
pain, brioche, cake, gaufres épaisses, gâteaux secs, roulés…
Et les crêpes ?
Le Choulḥan Aroukh (Yoré Déa 329.5) précise que tout dépend de leur consistance.
Si la pâte est épaisse et garde une tenue de pain, elle est soumise à la ḥalla. (Environ 8 millimètre d’épaisseur, Yalkout Yossef 329)
Mais si elle s’étale et reste fine, elle est exemptée.
2) Pâte liquide et pâte solide
Lorsqu’il s’agit d’une pâte liquide (cake, gaufres, pancakes…), un problème apparaît :
la Halakha enseigne que l’on ne peut pas prélever de la farine seule pour la ḥalla, il faut prélever de la pâte elle-même. (Choulhan Aroukh yo »d 327.1-3)
Deux solutions sont alors possibles :
1. Après la cuisson, on rassemble tous les gâteaux ou gaufres dans un même panier ou sous une même serviette, puis on prélève un morceau.
2. Avant la cuisson, on prélève un peu de la pâte liquide et on la garde jusqu’à la fin de la cuisson de tous les gâteaux, même si cela prend plusieurs heures.
On dira alors :
« Tous les cakes ou gaufres que je vais enfourner aujourd’hui, la ḥalla reposera sur cette pâte que je prélève maintenant. »
De cette manière, le prélèvement prend effet halakhiquement.(Ibid 327.1)
Lorsqu’il s’agit d’une pâte solide (pain, brioche…), on prélève la ḥalla après avoir bien pétri la pâte, avant la cuisson.
Si on a oublié, on pourra encore le faire après cuisson, en rassemblant les pains sous une même serviette ou dans un même panier. (Ibid 327. 3-5)
3) La quantité de farine
On est tenu de prélever la ḥalla lorsqu’on utilise au moins 1,560 kg de farine, même s’il ne s’agit pas d’une pâte à pain classique
(Choulḥan Aroukh yo »d , Yalkout Yossef 328.1).
4) Pâte cuite ou pâte frite
Pour les beignets, fricassées ou autres pâtes frites dans l’huile, et non cuites au four ou sur une poêle avec peu de matière grasse, on devra bien prélever la ḥalla lorsque la quantité de farine l’exige.(Ibid 329.3 O »H 168.13)
En revanche, on ne récite pas la berakha.
On dira seulement :
הֲרֵי זוֹ חַלָּה תְּרוּמָה
Haré zo ḥalla terouma.
Pour les pâtes sur lesquelles nous devons prélever avec berakha, on dira :
בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱלֹקֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם
אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַפְרִישׁ חַלָּה תְּרוּמָה
Baroukh ata Ado-naï Elo-kénou mèlek ha-olam, acher kidéchanou bemitsvotav vétsivanou lehafrish ḥalla terouma.
Yom Tov et bon appétit,
R. Yehouda




