Question de S. :
Bonjour,
Je vais essayer de vous expliquer au mieux la situation.
Je suis athée et je n’ai jamais eu de Juifs dans mon entourage, pourtant depuis toute jeune je ressens, au fond de moi, une attirance inexplicable pour le monde de la judéité. Rien à voir avec un simple intérêt culturel comme je pourrais en éprouver pour d’autres peuples.
Je me suis toujours demandé d’où pouvait venir cette attirance.
En effectuant des recherches généalogiques, j’ai découvert que j’avais des ancêtres juifs. Je serais donc tentée de me dire que cela pourrait expliquer cet élan intérieur, mais si cela venait vraiment des gènes, cela ne devrait-il pas concerner tous les membres de ma famille issus de cette branche, et pas seulement moi ?
Je précise que je n’ai jamais connu ces ancêtres, car ils ont vécu vers les années 1450, il n’y a donc pas eu de transmission directe ni d’influence consciente de leur part.
Par ailleurs, il nous arrive souvent d’avoir des ascendances dans différents peuples ou pays, sans pour autant ressentir de lien particulier ou de coïncidences marquantes avec ceux-ci.
Cela me laisse donc envisager d’autres hypothèses… mais selon vous, quelle serait la plus probable ?
Cordialement, S.
Réponse:
Bonjour S.,
Avant de vous donner mon point de vue personnel, je me permettrai de répondre tout d’abord à une question essentielle qui pourrait vous éviter du tracas.
Qui est considéré comme juif :
D’après la loi juive, n’est considéré juif qu’une personne qui est née d’une mère juive.
À posteriori, si seul le père est juif, l’enfant est considéré comme non juif.
Je vous laisse faire vos recherches pour savoir si vous êtes effectivement juive d’après la loi du peuple d’Israël.
Maintenant, passons au fond de votre question :
Vous dites que vous êtes athée mais que vous ressentez quelque chose de spécial dans la religion juive, que vous ne ressentez pas ailleurs.
Pour être franc avec vous, je me permettrai de vous dire tout haut ce que pense votre cœur tout bas :
Vous êtes une personne sage et équilibrée !
Effectivement, que l’on se considère athée ou croyant, il n’en reste pas moins que chacun et chacune d’entre nous, juif comme non juif, possède une âme spirituelle enfouie en lui.
Elle s’exprime assez souvent, voyez-vous : certains l’appelleraient « la petite voix », d’autres « mon âme », d’autres encore « l’instinct ».
Mais chacun est conscient qu’en lui se trouve une force, voire un sixième sens inexplicable, qui l’aide dans son quotidien.
Je dis toujours aux gens avec qui je discute qu’il en est de même avec le D. d’Israël.
Certains se demandent s’Il existe vraiment.
Je leur demande à mon tour : dites-moi, quelles sont les probabilités que nous deux nous nous rencontrions et que nous dialoguions ensemble ?
– Inexistantes, me disent-ils.
Alors comment expliquez-vous cela ?
– C’est le hasard !
Eh bien justement : le hasard, c’est D. !
C’est cette même force à laquelle nous ne saurions donner un nom mais qui est bien présente, ici et là, partout, même à l’intérieur de nous.
Plus un homme prend le temps de réfléchir, de s’écouter, plus il prendra conscience de ce phénomène surnaturel.
Lorsque vous me dites : « Est-ce que d’autres membres de ma famille sont censés ressentir pareillement ? »
La réponse est claire : non. Car chacun a son train de vie, sa routine, des fréquentations qui le mèneront à s’identifier – ou non – à ce qui anime le Monde et les Hommes.
Comme vous avez pu le constater dans ma réponse, je n’ai pas mis l’accent sur votre attirance envers le peuple juif.
Effectivement, pourquoi ne pas aller à l’essentiel…
Cela dit, il est vrai que seul le peuple juif a conservé, depuis des millénaires, un lien indéfectible avec D., sans altérer ne serait-ce qu’une lettre de la Torah (Ancien Testament).
Un peuple millénaire. Un peuple vers qui les yeux de tous sont rivés. Un peuple prodigieux, qui émerveille ceux qui veulent saisir l’essence même de sa vie et de sa lumière.
Mais elle est justement là où j’étais en train de vous écrire, dans sa fidélité à D., Lui qui est Infini !
Chère S., je pense avoir répondu à vos questions.
Quoi qu’il en soit, sachez une chose : D. est partout, que l’on soit juif ou non. Il est là, Il nous écoute, Il nous apporte Son soutien. Il est grand, infini, Il guide les pas de chacun et chacune d’entre nous vers le bonheur, pour celui qui le recherche véritablement.
Bien à vous, et que Celui qui guide les pas de chacun éclaire aussi les vôtres.
R. Yehouda Elbilia




