Question de Jimmy :
Pendant cette semaine, est-ce que je peux acheter des vêtements ? Je ne vais pas les porter cette semaine, bien évidemment. Merci d’avance pour votre réponse.
Réponse :
Nous sommes actuellement après Roch ‘Hodech Av, mais pas encore dans Chavoua ché’hal bo.(Semaine de Ticha Béav)
Dans ce cadre, il est permis d’acheter des vêtements uniquement s’ils sont en promotion, ou si vous vous trouvez dans un endroit où vous ne reviendrez pas de sitôt (voir plus du tout) et que vous avez trouvé quelque chose, par hasard, qui vous plaît.
Il est également permis d’acheter des vêtements de première nécessité (comme des sous-vêtements, des chaussettes, ou des chaussures si les nôtres sont abîmées ou déchirées), même pendant le mois de Av.
Bien entendu, tous ces habits ne seront portés qu’après Ticha Béav, B »H.
(Voir Choulhan aroukh O »H 552.7. Or Letsion T3 CH 26.2)
Explication :
Pendant la période du mois de Av, on évite d’entreprendre des projets ou des actions qui procurent de la sim’ha (joie).
C’est dans ce cadre que les Sages ont interdit d’acquérir certains objets, en particulier ceux sur lesquels on récite normalement la bénédiction de Chéhé’héyanou — car comment réciter cette bénédiction alors que le Temple est détruit, que D. est en exil, et que le peuple d’Israël traverse une période de deuil collectif ?
Par conséquent, les habits simples, comme les sous-vêtements, les chaussettes, ou encore des chaussures de première nécessité (si les nôtres sont abîmées ou déchirées), ne procurant pas de joie particulière, ne sont pas concernés par cette interdiction.
Mais qu’en est-il des autres vêtements ou objets neufs, qui procurent généralement une certaine satisfaction ?
C’est là qu’intervient la notion de « Davar ha-aved » — une perte financière.
Si ne pas acheter maintenant signifie rater une promotion, ou devoir payer beaucoup plus tard pour un article équivalent, les Sages n’ont pas interdit cet achat, car il s’agit d’éviter une perte concrète.
Il en va de même si l’article n’est pas en promotion, mais que vous vous trouvez dans un endroit où vous ne reviendrez pas après Ticha Béav, et qu’il est peu probable de retrouver ce produit ailleurs.
Un argument supplémentaire mérite d’être mentionné :
À l’époque, la bénédiction de Chéhé’héyanou était récitée au moment de l’achat. Ce moment pouvait donc poser problème pendant les Neuf Jours.
Mais de nos jours, le minhag (voir Ich Matsliah O »H 223) est de réciter cette bénédiction au moment où l’on porte le vêtement pour la première fois, car c’est à ce moment-là que l’on profite véritablement de l’objet.
Ainsi, tant que l’on prévoit de porter le vêtement uniquement après Ticha Béav, et que l’une des conditions évoquées plus haut est remplie (promotion, éloignement géographique, nécessité), il y a lieu d’être permissif.
Héyé Chalom et à bientôt,
R. Yehouda Elbilia




