Posez-moi ma pompe à chaleur UNIQUEMENT le samedi ! » : Que faire face à un tel client ?

Les pompes à chaleur 

Réouven dirige une entreprise de pompes à chaleur en partenariat avec un autre Juif. Un jour, il reçoit l’appel d’un client non-juif, intéressé par les aides de l’État pour installer un tel système. Réouven se réjouit, car il sera rémunéré par l’État et enverra à ses frais une équipe d’installateurs, composée exclusivement de non-Juifs, pour effectuer les travaux.

Cependant, un problème se pose : M. Dubois n’est disponible que le samedi pour l’installation. Réouven s’interroge donc : a-t-il le droit d’envoyer son équipe, sachant que les travaux auront lieu pendant Chabbat ?

Analyse de la situation

Avant de trancher, plusieurs points doivent être clarifiés :

1. Y a-t-il un camion portant le nom de son entreprise ?

2. Le travail se déroulera-t-il dans un endroit où des membres de la communauté juive pourraient voir et penser que Réouven travaille Chabbat ?

3. Comment sont rémunérés les ouvriers ? Sont-ils payés au mois (sahir – salarié) ou à la tâche (kablan – entrepreneur) ?

Un non-Juif payé à la tâche a intérêt à travailler davantage pour augmenter son gain. Ainsi, on ne considère pas qu’il travaille « pour le Juif », mais plutôt pour son propre bénéfice personnel.

En revanche, un salarié mensualisé est considéré comme exécutant la mission du Juif, ce qui pose un problème si le travail se fait Chabbat.

Après vérification, Réouven confirme que :

✔️ Il n’y a pas de camion avec le nom de son entreprise.

✔️ Personne ne fera le lien entre l’installation et une entreprise appartenant à un Juif. Le nom de la société n’apparaît que sur le devis signé par le client.

❌ Mais les ouvriers sont payés mensuellement, comme des salariés ordinaires, ce qui pose problème. En effet, cela signifie qu’ils sont envoyés par le Juif pour effectuer un travail qui lui est interdit le jour de Chabbat.

Cela dit, une nouvelle donnée change légèrement la situation : les ouvriers refusent de travailler le samedi à moins de recevoir un pourboire supplémentaire de 400 €. Cela suggère qu’ils ne réalisent pas ce travail en tant que simples salariés, mais qu’ils acceptent un supplément par intérêt personnel.

Réponse halakhique

Le Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm, siman 244.1) stipule :

 « Un homme qui conclut un accord à la tâche avec un non-Juif, et que ce dernier réalise le travail, même durant Chabbat, cela est permis, à condition que ce soit discret et non connu publiquement. Car un travail accompli pour un Juif pendant Chabbat est interdit, mais si cela reste privé, il n’y a pas d’interdiction.

 En revanche, si ce travail est visible et reconnu, il est interdit, car un observateur pourrait penser que le Juif a expressément payé un non-Juif pour travailler à Chabbat.

 Ainsi, un Juif qui passe un contrat avec un non-Juif pour construire un mur, récolter un champ ou toute autre activité, ne doit pas laisser ce dernier travailler à Chabbat si cela se déroule dans une zone où d’autres Juifs pourraient mal interpréter la situation.

 Même si le Juif habite parmi des non-Juifs, il faut craindre que des visiteurs ou des membres de sa famille ne le suspectent. »

Le Michna Beroura précise que cette permission n’est valable que si le non-Juif peut choisir librement le jour où il effectue le travail. Mais si le Juif lui impose de travailler Chabbat, alors même si le travail est rémunéré à la tâche, cela devient interdit.

Dans notre cas, la situation est problématique :

Le seul jour disponible pour l’installation est samedi.

Réouven impose donc indirectement que le travail ait lieu pendant Chabbat, ce qui est interdit par la Halakha.

Conclusion

Réouven ne peut pas accepter ce contrat. Il devra renoncer à cette affaire pour respecter Chabbat. Cependant, il peut être certain qu’il recevra une récompense céleste pour son engagement dans l’observance du Chabbat.

R. Yehouda Elbilia

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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