Parachat Vayichla’h: Yossef -Un grand gaillard !

Le Dvar Matok de cette semaine est offert par Emeth Vessimha que nous remercions !

« La maison de Yaacov sera de feu, celle de Yossef une flamme, celle d’Essav de paille ; ainsi prendra feu la maison d’Essav, ainsi D. l’a proclamé » (Ovadia, ch. 1, v. 18).

Notre prophète Ovadia n’y va pas de main morte… et c’est le moins qu’on puisse dire ! Quand le feu rencontre la paille, ne vous attardez pas à manger un « brin » haha…

Plus sérieusement, qu’a-t-il donc de si particulier, ce jeune Yossef, pour parvenir à faire oublier à son père la crainte de Lavan, la fuite loin de lui, la peur de son frère Essav qui lui en veut à mourir ? Qu’a-t-il de si rassurant d’une part, de si énergisant d’autre part, serais-je tenté de dire ?

Il est évident que nous pourrions trouver la réponse à notre question dans ce verset. Mais en amorce, faisons ce petit détour par le Midrach :

« Un marchand de lin vit entrer ses chameaux, lourdement chargés de fagots de lin.

Le charbonnier, stupéfait, s’écria : “Où pourra donc entrer tout ce lin ?”

Un homme avisé lui répondit : “Une seule étincelle jaillira de ton soufflet…et elle brûlera tout.”

Ainsi en fut-il pour Yaacov.

Lorsqu’il vit tous les chefs d’Édom énumérés dans les textes, il fut saisi d’inquiétude, sa 1ère réaction fut la suivante et s’empressa de dire :

« Qui pourra jamais les vaincre ? »

Cependant que peut-on lit-on aussitôt après ?

« Voici les descendants de Yaacov : Yossef… » Et il est écrit : « La maison de Yaacov sera un feu, la maison de Yossef une flamme, et la maison d’Essav de la paille. »

Une étincelle jaillira de Yossef, et elle les consumera tous, elle les brûlera entièrement. » (Fin du Midrash)

Effectivement, Yaacov est comparé au feu. Mais le feu ne peut rien faire s’il reste statique. Pour qu’il ait cette capacité de brûler et de causer des dégâts, de repousser le mal et de l’anéantir, il lui faut des flammes, des étincelles qui se déplacent et prennent de l’avant.

Yaacov ne peut donc rien contre Essav. Il lui faut un bras beaucoup plus long, plus fort : Yossef.

Yossef est cet électron libre — « Yossef », que l’on pourrait traduire comme : « ajout », en est un de taille. Un jeune gaillard qui saura s’élever au-delà de la jalousie de ses frères, au-delà de sa future maîtresse en Égypte.

Qui saura, ô combien, comparé au taureau belliqueux, rester fidèle à l’enseignement de son père, faire vivre ce feu de kedoucha intérieur jusqu’à anéantir ou élever les gens qui le côtoieront.

Dans la vie, mes amis, il ne s’agit nullement de se contenter de survivre, de se cantonner à cultiver notre différence avec les autres, de nous suffire de nous protéger de l’extérieur.

Un sursaut qualitatif s’impose, et pour ce faire, monter au créneau, avancer, être prêts à nous confronter au mal si nécessaire, le métamorphoser ou l’anéantir, à l’instar de Yossef.

D’où l’adage des sages : « Sache quoi répondre à l’épicurien ! »

Yaacov ne s’y trompe pas et le comprend parfaitement, tant que l’absence de Yossef perdure, il lui manque cet héritier digne de ce nom, cet acteur décisif qui saura propager ses enseignements et leur donner vie.

N’y voyez aucunement un simple privilège, mais bel et bien une nécessité primordiale, incontestable.

Nous découvrons ici la source de ces bouffées énergisantes ressenties par Yaacov à la naissance de Yossef : un oxygène pur qui fait monter, qui donne vie au feu intérieur de Yaacov au point d’atteindre des sommets et d’élever la création tout entière vers les cieux.

Je vous imagine sourire en y pensant… Et maintenant, dites-moi, franchement, juste entre nous : de quel feu êtes-vous ?

Pour télécharger le Dvar Matok 👇🏻 

Dvar Matok vayichlah 5786

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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