Parachat Vayera : Un petit péché mignon

Le Dvar Matok de cette semaine est offert par S. Polin que nous remercions !

J’ignore si nous sommes parvenus à la même conclusion, mais, quant à moi, j’ai le sentiment qu’Avraham n’a pas choisi n’importe quelle jeune fille pour épouse (rires).

En effet, Saraï ou Sarah se révèle comme une véritable ministre (sar – ministre) des temps modernes, femme de caractère capable de s’affirmer et, de plus, d’une beauté sans pareille.

Lors de ses différents voyages, sa beauté est convoitée par les plus grands rois et seigneurs…

Le choix initial d’Avraham sera de choisir la grâce, au demeurant tellement manifeste, qu’elle laisse présager une vie tumultueuse, en aucun cas une vie paisible.

« Ils seraient capables de le tuer pour se marier avec elle… » Quelle galère.

Ceci dit, un petit détail reste à élucider.

Effectivement, D. s’adresse à Avimélekh lui interdisant de porter atteinte à l’intégrité de Sarah et de la rendre à son mari. Avimélekh formule ses excuses et sa confusion, affirmant qu’il ne savait pas qu’elle était mariée et qu’en aucun cas il ne se serait permis cet égarement s’il avait eu connaissance de son statut de femme mariée.

D. accepte sa version et l’excuse pour son comportement. Une réserve tout de même : il lui faudra formuler des excuses à Avraham pour ce désagrément.

Illico presto, c’est chose faite dès le lendemain.

« Je ne savais pas qu’elle était ton épouse, pourquoi m’as-tu dit qu’elle était ta sœur ? »

Avraham lui répond : « Car je sais que dans votre royaume il n’y a pas de crainte du ciel et ils n’hésiteraient pas à me tuer pour l’avoir. »

Un instant, mon cher Avraham : D. accepte les excuses d’Avimélekh et accepte sa bonne foi, comment peux-tu, quant à toi, montrer une telle perplexité ?

Poussons un peu le raisonnement : si Avimélekh est sincère, pourquoi D. le punit ? Pourquoi lui demande-t-Il de formuler des excuses à Avraham et de prier pour la guérison de son palais ?

Réponse : Il ne faut pas voir ici une transgression majeure des sept lois noahides, mais tout simplement un petit péché mignon !

Vous voyez ce que je veux dire, vous savez… ce petit kiff pour lequel il n’y a pas vraiment d’interdiction spécifique, explicite, mais qui rentrerait difficilement dans la catégorie de Mitsva.

Vous voyez de quoi je parle : cette zone d’ombre coutumière de la Torah qui laisse libre cours à l’interprétation, en fonction de notre approche personnelle des textes.

Or, entendons-nous bien, si c’est un péché – cela ne peut pas être mignon. Et si c’est mignon – peut-être que cela est véritablement délicat, pourrait avancer un de nos penseurs, ou encore un bon talmudiste !

Alors que faire ?

Pas d’inquiétude, Avraham a la clé :

La crainte du Ciel !

« Lorsqu’un étranger arrive à peine dans un village, est-il véritablement opportun de lui poser d’emblée la question concernant la belle femme qui l’accompagne ? Les règles de la bienséance, de la courtoisie, du savoir-vivre consisteraient plutôt à lui proposer de se désaltérer ou de se nourrir ? »

Un petit ajustement côté pendule s’impose ! Il est où le hibou ? Il dort ?

Dring dring… « Une dose de Yirat Shamayim pour vous, Mr Avimélekh… Un petit comprimé le matin, un petit comprimé le soir ! Attention à ne pas rater le coche, ça peut faire mal ! » lui dit Avraham.

Et D. de lui donner raison.

Mes amis, chacun de nous a son petit point faible, sa petite échappatoire.

Bien entendu, il n’est pas question d’enfreindre un interdit explicite de la Torah, ni même des sages d’Israël, mais soyons attentifs à une chose : gardons dans nos mains soigneusement cette règle de mesure, celle de notre Yirat Shamayim.

Elle nous aidera à profiter pleinement de chaque instant de notre vie avec joie et sérénité, sans glisser dans les pâquerettes ou les bégonias.

Nous saurons toujours comment justifier notre comportement devant D. Il est notre roi, notre père, il nous comprend à cent pour cent. Mais tout de même, un peu de Yirat Shamayim est tout à notre honneur, nous, les enfants d’Avraham.

Allez, soyons tous au diapason de cette crainte du Ciel – de la Yirat Shamayim – pour vraiment kiffer davantage.

Pour télécharger le Dvar Matok 🍯 👇🏻 

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Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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