Parachat Vayeleh: Ce que la mort ne peut arrêter

Pour les amateurs de sensations fortes, autant vous dire que cette semaine, vous allez être servis !

Avec en point d’exergue, un moment culminant : nous assistons au dernier jour de Moché Rabbénou.

Ses derniers instants auprès de son peuple, son dernier discours devant ceux qu’il a guidés pendant plus de quarante ans.

Grandeur du Maître, Moché Rabbénou ne tente aucunement de masquer sa vulnérabilité : le jour même de son départ, l’émotion est à son comble.

« Je suis aujourd’hui âgé de 120 ans. Je ne pourrai plus sortir et venir devant vous. »

Le Talmud de Babylone nous rapporte ses propos (Sota 13) :

« C’est aujourd’hui le jour de mon départ de ce monde, 120 ans exactement jour pour jour depuis ma naissance. Je suis encore en pleine forme, mais D. a décidé que je ne franchirai pas le Jourdain avec vous… N’ayez crainte des peuples habitant la Terre sainte, car D. combattra à vos côtés… »

Quelle angoisse préhensible pour le Am Israël de perdre son chef de guerre, son ange protecteur de toujours, cet homme qui trouvait la force de tenir tête au Roi des rois pour sauver son peuple…

Sans perdre de vue l’amertume légitime pour notre maître Moché, qui se sent encore vaillant, prêt à mener de nombreuses guerres à la tête de ce peuple à la nuque raide, que de se voir retirer la vie à un moment si crucial.

Comment appréhender le choix de ce temps ?

Pourquoi donc lui retirer la vie précisément maintenant ?

Pourquoi ne pas le doter d’une paire de jumelles afin de voir l’entrée de son peuple en terre d’Israël ?

Pourquoi ne pas lui permettre de rester en contact avec lui au-delà du Jourdain ?

Certes la déclinaison des questionnements pourrait filer bon train. La réponse n’en reste pas moins aussi lapidaire que pure et simple : le Dong a sonné.

Il a 120 ans, jour pour jour.

Telle se trouve être la règle depuis la faute d’Adam Harichon : tout le monde est rappelé à l’ordre, même en plein élan.

Eh oui, vous l’aurez compris : personne ne choisit l’heure de son départ, pas plus celle de son arrivée.

Pourtant dans sa superbe, Moché n’est pas abattu à l’idée de quitter ce monde, ni frustré de ne pas guider son peuple dans ce moment tant attendu.

Sa fierté prend le dessus pour un point : avoir rempli son devoir jusqu’au bout, avoir pu conjuguer le jour de sa venue au monde à celui de son départ.

Son message d’alors ne souffre d’aucune ambiguïté :

« N’ayez crainte, D. combattra à vos côtés ! »

Quelle constance remarquable :

– Il est ce même Moché convaincant le Am Israël de croire en sa délivrance,

– Le même personnage qui appela les Léviim à punir ceux qui fautèrent en servant le veau d’or,

– Ou encore, celui qui fut prêt à perdre sa vie en échange de son peuple,

– Aujourd’hui à nouveau, il est là pour les rassurer que nul n’est indispensable tant que D. est avec nous !

Oui mes amis, c’est aujourd’hui que je vous quitte.

Je suis encore vaillant, mais c’est ainsi : la vie nous est offerte pour un temps limité.

Il nous appartient de savoir nous élever au-delà de cette temporalité et de garder notre sang-froid afin d’accomplir notre mission jusqu’au bout.

On peut reconnaitre là l’envergure d’un véritable chef : un homme qui refuse de devenir l’esclave du temps, un homme qui n’a pas peur de la mort, car s’il est bien une chose que la mort ne peut arrêter, c’est bien la Vie.

Cet espoir, ce réconfort, il est en train de les semer à l’endroit de ses troupes qui vont pouvoir continuer à vivre, renforcées par cette même impulsion qu’il leur insuffle magistralement.

Une petite frayeur ? Allons donc, c’est bientôt Kippour, non ?!

Chers amis, personne d’entre nous ne sait quand nous allons partir… Alors gardons avec conviction une seule chose en tête : soyons capables de rester droits dans nos baskets jusqu’au bout.

Soyons assez sages pour marcher droit, la tête haute, et rehausser avec entrain et joie notre mission divine.

Pour imprimer le Dvar Matok 🍯

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Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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