Parachat Vayé’hi: Quel papy devenir ?

J’ignore si vous avez déjà laissé vagabonder votre esprit vers l’avenir, voilà un sport qui, je l’avoue, m’est coutumier, il ne me faut pas plus que la vue d’un papy pour me voir embarqué vers d’autres contrées… et si un jour j’étais comme lui…

Vous avez le papy discret, qui ne fait pas de bruit, et que personne ne remarque vraiment quand il entre à la synagogue.

Ou encore le papy tout feu tout flamme, encore plein d’énergie, qui blague, qui sympathise.

Mais aussi le grand érudit, encore plein de vie, qui magnifie chaque endroit où il passe.

Une palette de couleurs se décline à l’infini :

entre ceux auxquels la mémoire joue des tours,

et ceux, regrettablement malades, alités, diminués.

Autant de papys dans leurs déclinaisons les plus éblouissantes, à qui sait s’y attarder.

Quand je les regarde tous, une question me traverse :

lequel voudrais-tu être ?

Ou, plus honnêtement : lequel deviendras-tu ?

Jetons un œil sur notre Paracha :

« Yaacov vécut en Égypte dix-sept ans ; et les années de Yaacov, les années de sa vie, furent de cent quarante-sept ans. »

Toute sa vie, Yaacov a aspiré au repos, à la plénitude, à ce moment où l’on peut enfin vivre sereinement. Et pourtant, quelle somme de péripéties, de combats, de douleurs et de labeurs l’ont accompagné… Sur cent quarante-sept ans, combien furent réellement paisibles ?

Voilà pourquoi nombre de personnes citent ces mots de David :

« Al tachlikhéni lé’et zikna » — Ne me délaisse pas dans ma vieillesse.

En réalité, ce qu’ils veulent dire, c’est : fais que je vieillisse bien.

Mais là n’est pas la véritable question.

Leurre absolu que de penser qu’il nous appartient de choisir comment nous serons lorsque nous deviendrons vieux.

Au fond, il n’existe pas de papy idéal que l’on pourrait sélectionner à l’avance.

La seule chose qui soit véritablement entre les mains de l’homme :

vivre.

Vivre maintenant. Vivre quand c’est facile et quand c’est difficile. Être prêt à lutter, à réfléchir, à construire, à soutenir ceux qui nous entourent, à garder le sourire et l’espérance même quand tout donne l’impression de vaciller.

Ça, c’est vivre. Voilà l’éternité à laquelle on peut goûter au quotidien.

Et c’est exactement ce que la Torah dit de Yaacov.

Non pas qu’il ait eu une vie facile, mais toutes ses années furent appelées « les années de sa vie ».

Il n’a pas attendu la vieillesse pour vivre. Bon an mal an, il a vécu chaque instant de sa vie.

Alors quel papy serai-je ?

« Qui vivra verra. »

Une chose est sûre : je ne veux pas gaspiller la vie que D. nous donne chaque jour, à chaque instant.

Car cette vie-là, oui, celle-ci, est éternité.

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Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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