La terre d’Israël – son merveilleux magnétisme : magique !
« Yaacov s’installe dans la terre de ses ancêtres, dans la terre de Canaan. »
Rachi de préciser : « Alors que Yaacov désire enfin s’installer paisiblement en Terre Sainte, la colère au sujet de
Yossef surgit. »
Ah oui… Yaacov n’est pas au bout de ses surprises. Depuis sa conception, encore dans le ventre de sa mère, il ne connaît pas de répit.
Il grandit avec ce fameux Essav qu’il redoutera pendant des années. Berné par son futur beau-père Laban, il se voit l’objet d’une supercherie à devoir travailler un total de 14 ans pour se marier avec Rachel et Léa. Puis, à nouveau, à son propre compte pendant encore six années avec un beau-père qui essaie de l’arnaquer à maintes reprises. Comble de malheurs, sa fille Dina sera victime d’un viol par un étranger.
Une vie aux affres de la douleur
Pourtant, le patriarche affiche un mental d’acier, une foi authentique, Yaacov conserve son fringant, l’espoir toujours intact de trouver asile en Israël pour y jouir d’une paisible vieillesse.
La suite… Vous la connaissez : Yossef et ses rêves…Quelle zizanie : la famille en tumultes, la fratrie en éclats : des songes au cauchemar : la vente de Yossef, l’exil en Egypte
Reste un détail énigmatique ! Comment Yaacov espère-t-il encore jouir et s’épanouir après tant d’années de souffrance ?
Autre source de mystère : comment expliquer que le rêve de grandeur de Yossef ne surgisse qu’à ce point du récit ?
Vous aimeriez la réponse à ces questions… Vous en rêvez ! Tenez-vous bien…, Vous y êtes presque, nous y voilà : « Yaacov s’installe dans la terre de ses ancêtres, dans la terre de Canaan. »
Pas moins que ça, pas plus que ce rêve tant attendu :la terre d’Israël, la terre de nos ancêtres ! voilà la réponse à notre question.
La Terre d’Israël, une terre qui pousse les gens vers l’excellence, une terre qui propulse vers de hauts sommets.
Précisément à ce moment de son existence, en s’installant sur cette Terre, Yaacov respire enfin cet optimisme, régénère ses forces et se prépare à braver, sans le savoir, l’épreuve suivante : celle de Yossef.
« Pourquoi la Terre d’Israël est-elle comparée à une gazelle ? C’est pour te dire ceci : de même que la gazelle ne peut contenir sa chair dans sa peau, ainsi la Terre d’Israël ne peut contenir tous ses fruits.
Autre explication : de même que la gazelle est la plus rapide de tous les animaux, ainsi la Terre d’Israël fait mûrir ses fruits plus rapidement que toutes les autres terres. » (Ketoubot 112a)
Il est également écrit :
« De même que la peau d’une gazelle ne peut contenir sa chair (car une fois la peau retirée, il est impossible de la remettre pour contenir toute la chair de la gazelle), ainsi la Terre d’Israël : lorsque ses habitants (Israël) y résident, elle est vaste et généreuse ; mais lorsqu’ils ne l’habitent pas, elle se contracte et devient restreinte. » (Guitin 57a)
Entendez-vous ? Ouvrez bien vos écoutilles !
Une terre généreuse qui favorise l’expansion de son peuple, de ses enfants !
Telle se trouve être l’explication pour notre patriarche Yaacov, ainsi que pour son fils Yossef, digne héritier de son père, qui saura vivre les mêmes sensations de magnificence et d’éclat.
Mais les commentateurs ne s’en arrêtent pas là et, coquetterie de leur génie, « poussent le bouchon un peu plus loin » : le mot » tsevi » ne signifie pas uniquement la gazelle.
Dans le livre de Daniel, écrit majoritairement en araméen, nous trouvons justement là, cet adjectif attribué à la Terre d’Israël. Et, comme nous le savons, » tsavi » en araméen signifie : accepter, vouloir, consentir.
Raison pour laquelle, dans la ketouba, acte de mariage également écrit en araméen, nous trouvons écrit :
Et la kala a accepté ( » vetsaviat « ) de se marier avec le hatan…
La Terre d’Israël est une terre qui détient ce charme, pour certains inexplicable, incompréhensible : énigmatique : celui de créer, de générer, de promouvoir en nous cette volonté folle et mystérieuse mais ô combien juste de vouloir y résider, y vivre paisiblement.
« Monsieur le rabbin » , me soufflez-vous.
« Oui, je le sais, vous aussi, vous êtes tout autant sous le charme hypnotique d’Erets Israël ! J’en ai fini… pour le moment !, à vous la plume ! Et bientôt, toutes et tous réunis à Jérusalem reconstruite, Amen. »





