…Pas à pas…
1. L’euphorie du don : quand le cœur s’élève
Dans notre Paracha, « save the date » : l’ordre est enfin donné. Les enfants d’Israël vont construire le Temple de D. !
Imaginez l’effervescence… Un peu comme si, demain, sur tous les réseaux et toutes les ondes on annonçait : « Le peuple juif peut enfin reconstruire le Temple à Jérusalem ! La campagne de dons est ouverte ! » Quelle euphorie, quel élan pourrait-on voir à l’œuvre !
Pourtant, nos ancêtres se trouvaient dans une situation bien plus délicate. Ils se remettaient à peine de l’épisode du Veau d’Or, fébriles, suspendus à cette question poignante : « D. voudra-t-il encore résider parmi nous ? Sommes-nous pardonnés ? »
Et pourtant, en ce moment crispant et décisif jaillit ce miracle de la volonté humaine : chacun y va de son énergie, de sa détermination, de sa foi et apporte tout simplement ce qu’il a : pour celui-ci de l’or, pour celui-là de l’argent, pour ce dernier des tissus précieux… Déclinaison des sublimes pourrait-on croire !
Et pourtant, le verset précise :
« Vékol acher nassa otam libam » — « Tout celui dont le cœur l’a élevé ».
Le Temple ne se construit pas avec des lingots, il se construit avec des cœurs, des cœurs qui désirent, passionnément, retrouver la proximité de D. .
That makes the difference !
2. Le défi de la Galout : l’habitude du manque
Il est vrai, mes amis, que si l’on s’attardait à regarder notre génération, nous pourrions semble-t-il, avoir de quoi être fiers.
Contrairement à nos ancêtres dans le désert, nous ne sommes pas tombés dans des fautes aussi graves que celle du Veau d’Or.
Aujourd’hui, le peuple d’Israël brille par sa Téchouva, par sa solidarité et par son attachement à la Torah malgré les épreuves.
Sur bien des points, notre droiture et notre fidélité semblent exemplaires.
Pourtant, en ce point précisément se cache un paradoxe : malgré notre mérite, nous avons parfois perdu cette qualité brute et brûlante de nos ancêtres.
Ces derniers, au cœur de leur faiblesse, ils éprouvaient ce besoin vital, quasi désespéré de la proximité de D. .
Ils savaient qu’ils ne pouvaient plus vivre un seul instant sans que Sa présence ne réside au milieu d’eux.
Aujourd’hui, nous faisons le bien, nous voyons les miracles… mais nous nous sommes habitués à ce que D. soit un « partenaire de loin ».
Nous Le servons avec dévotion certes, mais, nous avons perdu ce précieux désir ancestral d’un foyer commun ici-bas.
Nous nous sommes comme installés dans le confort de l’exil, comme convaincus qu’il s’agirait de la situation normale, ayant oublié que la normalité ne devrait pas être que D. nous protège seulement du Ciel, mais qu’Il habite bel et bien avec nous, sur Terre.
Qu’en dites-vous ?
3. Le secret du couple : de la distance à la présence
Pour comprendre notre manque véritable, accordons-nous, si je puis dire, ce petit détour : regardons l’image du foyer.
Un père pourrait très bien subvenir aux besoins de sa famille à distance, payer le loyer, l’école, les vacances. Les enfants, eux, entre les bonnes mains d’une mère bien dévouée, et toute cette mécanique paraît bien huilée, cela semble bien fonctionner !
Et pourtant !
Peut-on encore parler d’un « foyer » ?
Quoi de plus harmonieux, de plus noble, de plus beau que lorsque le père est là !
Présent, non point virtuellement, présent physiquement, attentif, bienveillant.
Sa présence ne peut se réduire à une fonction utilitaire qui consisterait seulement à « gérer » le quotidien.
Un père doit savoir se hausser à cette exigence quotidienne, permanente, celle de savoir honorer son épouse, de savoir lui dire merci pour son sacrifice, de savoir partager chaque joie et chaque poids.
Vous l’aurez compris, D. est comme ce père, Il nous envoie tout ce dont nous avons besoin depuis le Ciel.
Mais, ce qu’Il attend vraiment de nous, c’est que nous sachions Lui dire : « On ne veut plus que Tu nous aides de loin, on veut que Tu habites ici, avec nous. »
…Pas à pas.
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