Parachat Vayakhel : Et si vous étiez un Cohen Gadol ?!

Parachat Vayakhel À la mémoire d’Élie Marey zal 

Et si vous étiez un Cohen Gadol ?!

Dans notre paracha, Moché Rabbénou rassemble tous les hébreux afin de les informer de leur nouvelle mission : construire le michkan, l’édifice sacré tant attendu, afin que la présence divine réside parmi eux sur terre.

Dans ce Temple, une famille se voit promue au service de D. : la famille des Cohanim. 5 personnes pour 600 000 âmes ! Nombre infime eu égard au nombre des enfants d’Israël !

Leur nombre pourra aller croissant pour culminer à 24 gardes de Cohanim dans le Beit Hamikdash. Au demeurant, un rôle campera, immuable : celui du Cohen Gadol.

En cette personne, réside le plus haut représentant du peuple, celui qui intercède en son nom devant D. le jour de Yom Kippour, jour le plus saint de l’année, et ce, dans le Saint des Saints, endroit le plus kadosh de la planète.

Depuis la destruction du Temple, nos sages nous délivrent un enseignement d’envergure qui prend effet depuis : aujourd’hui, le Cohen Gadol a un remplaçant : nous-mêmes.

Ouvrez bien vos écoutilles ! Entendez-vous bien ? ! Pas moins, pas plus que nous-mêmes !

Quelle charge phénoménale !

Lorsqu’un Juif prie, il doit se tourner vers la Terre d’Israël, plus précisément vers Jérusalem et le Kodesh Hakodashim (Choulhan Aroukh, Ora’h ‘Haïm 74 :1).

De nos jours, la Tefila remplace les sacrifices et les offrandes. Mais qui présente ces prières devant D. ? Qui est ce Cohen Gadol qui intercède pour nous et nous apporte l’expiation ?

Nous-mêmes !

Aujourd’hui, en l’absence du Temple, nous sommes tous des Cohanim Guedolim !

Mais alors, comment comprendre, justifier la nécessité d’un Grand Prêtre à l’époque du Temple, si, du haut de notre superbe, nous pouvons être considérés comme tels aujourd’hui ?

Pour répondre à cette question, intéressons-nous à l’un de ses vêtements sacrés :

le ‘Ourim VeToumim, ce plastron sur lequel se voient gravés les noms des douze tribus d’Israël, atour dont le Cohen Gadol se trouvait orné, porté sur son cœur en entrant dans le Sanctuaire.

A la réserve près, qui ne manque pas d’intriguer : le jour de Yom Kippour, alors qu’il pénétrait dans le Kodesh Hakodashim, il ne portait pas ses habits d’or, ni le ‘Ourim VeToumim, mais uniquement des vêtements blancs.

Le Hatam Sofer explique que même s’il n’entrait pas avec cet habit, il devait le porter sur son cœur, symboliquement.

Voilà qui nous permet d’en dégager un enseignement fondamental :

La différence entre notre époque et celle du Temple réside dans la capacité d’un homme à porter en lui l’ensemble du peuple d’Israël.

À l’époque où le Beit Hamikdash se dressait, les Cohanim, ces hommes d’exception, s’élevaient spirituellement et prenaient sur eux l’âme et la destinée du peuple tout entier.

Un travail immense, incommensurable, d’une envergure exceptionnelle, charge au demeurant, qu’ils accomplissaient avec brio.

Aujourd’hui, comme disent nos sages :

« Bemakom chéèn Ich, ichtadel lihyot Ich » – « Dans un endroit où il n’y a pas d’homme, tâche d’être cet homme. »

Nous sommes donc nos propres représentants devant D.

Mais de quel « Ich » parlons-nous ici ?

De Moché Rabbénou, bien sûr, qualifié de « l’homme de D. », comme mentionné dans la prière de Moché (Téhilim 90).

D’Aharon HaCohen et des Cohanim Guedolim, comme le rappelle la Michna du traité Yoma : « Mon homme, le Cohen Gadol. »

Notre écart générationnel avec nos ancêtres se doit donc d’être considéré quelque part comme une aubaine : nous avons l’opportunité de nous hisser, à notre échelle, au statut de petits Cohanim Guedolim.

Mais cet écart révèle également une faiblesse : celle de ne plus savoir regarder au-delà de soi-même, cette fâcheuse propension à se scruter le nombril, ne plus ressentir profondément le souci de l’autre, ne pas s’enquérir de son bien et sa réussite.

Voilà pourquoi le Ari Zal écrit qu’avant de prier, il faut proclamer à voix haute que nous aimons l’ensemble du peuple d’Israël et que nous prions en son nom.

En procédant de la sorte, l’homme parviendra véritablement à s’élever au niveau spirituel du Cohen Gadol d’autrefois : il lui faudra porter en son cœur l’ensemble du peuple d’Israël.

Sans plus tarder, allons-y, chers Cohanim et « Cohanot » Guedolim, le peuple d’Israël nous attend !

 

 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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