Parachat Vaet’hanan: Et s’il y avait une autre manière de supplier ?

Dans notre paracha, Moché Rabbenou raconte son entêtement à vouloir rentrer en Israël :

« J’ai supplié D. à ce moment-là en disant : Éternel mon D., Tu as commencé à montrer à Ton serviteur Ta grandeur et Ta main puissante ; qui comme Toi, D., sur le ciel et la terre, peut faire comme Tes actions et Tes prodiges ? Puis-je passer et voir cette terre, cette belle montagne et le Liban ? »

Ah… la terre d’Israël, qui n’en rêve pas ? Qui ne voudrait pas avoir suffisamment de moyens afin de pouvoir s’y installer sans stress ?

Mais serait-ce l’épice magique pour réussir ce projet ?

… Non.

Moché Rabbenou, en fin connaisseur, emploie des mots d’une précision chirurgicale. Eh oui ! Au-delà des mots et de la flatterie, se cache la clé de la réussite pour une bonne installation en Israël.

« Tu as commencé à montrer à Ton serviteur Ta grandeur. » Ha’hilota ; « commencer » peut se traduire également par ‘Hol, le profane.

De Ton haut Ciel, Maître du monde, Tu étais prêt à transformer spiritualité et infinité en matière, à dévoiler une once de Ta grandeur sur terre. En d’autres termes, Infini Tu es, séparé des mortels ; pourtant, Tu ne T’es pas empêché de vouloir régner sur la terre et de magnifier cette dernière par des actions magistrales.

Sans conteste, D. a Lui-même créé le monde, mais ce monde aujourd’hui est devenu profane. Un lieu où seulement une petite poignée de gens croient en Lui comme leur Créateur. D. n’a pas honte de Se dévoiler à ces mécréants, quitte à matérialiser et à désacraliser ce qui est le plus haut vers le plus bas.

Ainsi, Maître du monde : « E’ebrah na » !

Ce mot vient aussi d’Ibour, la gestation, le fœtus. Moché ne demande pas seulement de traverser une frontière, il dit : laisse-moi éclore, naître comme un bébé qui sort de sa matrice pour évoluer, grandir et entrer enfin dans le monde des grands ! Laisse-moi voir cette terre, cette montagne — le Mont du Temple —, et le Liban — le Bet Hamikdash !

Moché Rabbenou a compris une leçon extraordinaire du Maître du monde : l’audace de se lancer dans un monde qui nous est étranger.

Si telle est Ta conviction, Boré Olam, que chacun peut faire techouva (d’où Ton espoir envers eux), ainsi soit-il avec moi ! Laisse-moi également ce mérite d’éclore et de pouvoir m’introduire dans la cour des grands, dans Ton sanctuaire, le Bet Hamikdash.

Pour mériter de rentrer véritablement dans la vraie Israël, il n’est pas question d’argent ou de langue, il est question d’un désir de spiritualité Infini.

La commodité a évidemment sa place dans un projet de déménagement, mais elle est secondaire vis-à-vis de la raison même de ce déménagement. Argent pour argent, allons au Maroc, en Inde, c’est plus rentable… !

Israël ? Pour cette conquête, il faut détenir cette épice millénaire : l’audace de grandir spirituellement.

Reconstruire Jérusalem est un dicton bien connu, mais ne vous trompez pas sur la définition de cette phrase. Car elle peut déjà se construire en diaspora, cette Jérusalem ! Dans le cœur de chacun et chacune d’entre nous attachés à vouloir gravir les échelons de Jacob.

Moché Rabbenou a fait mouche ! Sauf que D. en avait décidé autrement.

Il lui dira : « Stop, arrête-toi ! Tu m’as eu, mais Je ne peux pas te le céder pour une raison de sécurité ; celle de ton peuple que tu as fait sortir d’Égypte, pour qui tu fus prêt à donner ta vie. Pour la pérennité du Am Israël. »

Pourquoi ? Parce que si Moché bâtit le Temple, ce bâtiment devient indestructible. Et en cas de faute, D. aurait dû s’en prendre au peuple plutôt qu’aux pierres. D. préférait détruire le Temple de Jérusalem plutôt que Son peuple ! Ce Temple que Moché voulait voir érigé… Moché ne peut que baisser la tête et acquiescer.

Les amis, le Temple fut détruit comme D. l’avait vu.

Mais aujourd’hui, c’est à nous de jouer ! Car oui, il ne sera pas détruit une troisième fois, cette fois c’est la bonne. Pour ce faire, il nous faut une seule chose, bien mieux que toute supplication ou prière quelconque :

l’argumentaire de Moché Rabbenou… Bingo !

Pour télécharger le PDF 👇🏻 

Vaethanan

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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