Parachat Vaera
Shkoun- Qui est-ce ?
Le Messie, enfin désigné en la personne de Moché Rabbénou, fait son entrée en Égypte et conquiert le cœur des Hébreux .
Certes, ils sont exténués et accablés de souffrances. Peut-être même sont-ils prêts à croire en quiconque leur offrirait un semblant d’espoir. Pourtant, une surprise attend à la fois Moché et son peuple. Après la demande de libération formulée à Pharaon, le sort des Hébreux empire.
L’acharnement du grand Pharaon à leur encontre est incompréhensible. Pourquoi intensifier l’esclavage pour la simple requête d’un homme, jusqu’alors inconnu, qui n’a porté aucun coup ni créé le moindre déséquilibre en Égypte ? Et pourquoi Moché, envoyé de D., semble-t-il échouer dès sa première confrontation avec Pharaon ?
Vous pardonnerez le peu d’une transition abrupte aux premiers abords, mais nous n’avons pas le choix : la réponse réside dans le nom même de D.
« Qui est donc D. pour que j’écoute Ses paroles ? Je ne connais pas D. et je ne libérerai pas les enfants d’Israël ! »
Alors que Moché se présente comme envoyé de l’Éternel, Pharaon ne reconnaît pas cette divinité. Il convoque son archiviste pour qu’il identifie ce D. mentionné par Moché. Fiasco ! aucune trace de Lui.
Pharaon connaît Elokim, le Maître du monde, et Cha.dai, le Maître-Limiteur, mais il ignore tout du nom Adon.ai – l’Éternel, ce qui le conduit à la formule : « Le D. dont vous parlez m’est inconnu. »
Cependant, cette ignorance ne laisse pas Pharaon tranquille. Il sait que Moché et les Hébreux croient au monothéisme, et cela l’intrigue. Si ce D. possède plusieurs “casquettes” – Elokim, symbolisant la rigueur, et Cha.dai, symbolisant la limite – alors peut-être en existe-t-il une autre qu’il ne maîtrise pas. Cette idée l’angoisse.
Pharaon, poussé par son insécurité, choisit d’étouffer cette crainte par une cruauté accrue. Il intensifie l’esclavage, imposant une politique plus brutale, espérant ainsi se conforter dans son rôle de roi suprême.
Mais en tentant d’étouffer son mal-être psychologique, Pharaon finit par attirer sur lui et son peuple des souffrances physiques encore plus grandes.
Il aurait pu choisir l’humilité, reconnaître son ignorance face au Tout-Puissant, et répondre favorablement à Sa demande. Mais il privilégie son ego à la place de la vérité, refusant d’admettre sa petitesse devant le Plus-Haut.
Pharaon goûtera à l’amertume des plaies. Le sang, les grenouilles et les poux s’insinuent dans le quotidien des Égyptiens, jusqu’à les affecter intérieurement. Puis viendront des pertes matérielles et physiques : les bêtes sauvages, la grêle… jusqu’à l’ultime coup fatal : la mort des premiers-nés et le départ des Hébreux, emportant, cerise sur le gâteau, les richesses d’Égypte.
Bien souvent, nous préférons garder nos repères et préserver nos habitudes, même si elles nous enferment. Nous redoutons le changement, de peur qu’il nous déstabilise.
Parfois, nous refusons même de remettre notre destin entre les mains de D., persuadés que nous savons mieux gérer notre vie. Pourtant, cette résistance ne fait que nous enfoncer davantage.
Ce comportement, reflet de notre insuffisance spirituelle, témoigne d’un ego surdimensionné face à la grandeur de D., qui pourtant ne veut que notre bien.
Serions-nous, à notre manière, de petits Pharaons ?
Certes, lâcher prise est difficile, mais lorsque nous y parvenons, quel soulagement !
Alors, bye bye Pharaon ! Et qui sait ? Peut-être à la revoyure mais pour cette fois, message reçu 5 sur 5.




