Parachat Toldot: Chacun son héritage

Le Dvar Matok de cette semaine est offert par notre ami Reouven Bitton que nous remercions 

Pendant que Rivka affine un stratagème afin que Yaacov puisse bénéficier de la bénédiction de son père Its’hak ; Essav, tout fin limier qu’il est, peine, de son côté, à chasser du gibier pour son père.

Yaacov arrive premier et remporte l’héritage familial, celui de la maison d’Avraham.

C’est alors qu’Essav, arrivant enfin à destination, apprend qu’il a raté le coche ! Sans désarmer pour autant, il s’empresse de solliciter son père.

« La berakha est-elle unique pour toi, mon père ? Bénis-moi aussi ! »

Its’hak acquiesce : « Une contrée gracieuse sera ton domaine, et les cieux t’enverront leurs rosées. Tu vivras au fil de ton glaive, et ton frère, tu le serviras… »

Eh oui : un père ne restera jamais en mal de bénédictions pour ses enfants. Cette tâche, toujours pour le moins chirurgicale, s’attachera à privilégier deux points :

• Comment les bénir,

• Que leur laisser en héritage,

Voilà qui relève indubitablement du dilemme à qui prend la mesure des enjeux en lice.

Its’hak n’est pas le premier à bénir celui qui ne représentera plus la famille après son décès.

Avraham Avinou aussi avait plusieurs enfants, et il leur offrit des cadeaux avant sa mort, j’entends déjà vos récriminations et vos questions :

• Lesquels, Monsieur le rabbin ?

• Les secrets de la sorcellerie !

Un parent conscient et lucide prépare son départ avec sagesse et clairvoyance, il saura bénir et léguer à juste titre l’héritage propre à chacun de ses enfants. Il saura trouver les bons mots pour leur laisser un bon souvenir, pour les encourager en prenant la mesure de ces caractères tellement variés, et offrir à chacun ce privilège de lui octroyer, en stimulant, la force de donner le meilleur de soi-même.

Oui Essav, tu bénéficieras d’une terre riche et abondante, tu vivras de ton glaive — certes, cela t’est singulier. Mais tu serviras ton frère !

Its’hak tranche par ses propos cinglants qu’il décoche sans équivoque, capables de faire mouche : « Chacun sa place », nous dit-il.

L’honnêteté de ses propos prend en compte qu’il ne suffit pas de mettre ses enfants devant le fait accompli ou encore d’énumérer leurs points forts et leurs faiblesses : bien plus, il faut aussi savoir leur dire la vérité sans ambiguïté : « Tu serviras ton frère » !

Sans nul doute, en fine lame, tu sais manier ton épée, mais prends garde à toi, ne t’avises surtout pas de toucher, ne serait-ce qu’un seul cheveu de ton frère : c’est lui que tu devras servir et protéger !

Its’hak, au regard de son grand âge, avance affaibli certes, aveugle sans nul doute, et pourtant toujours plein de sa vigueur légendaire. Capable de faire fi des déboires qu’il pourrait subir, il n’a sûrement pas froid aux yeux, et ne craint pas un seul instant de braver son fils barbare.

Il lui lance en face ce qu’il est, et la réalité qui sera la sienne à son décès : le serviteur de Yaacov.

Un patriarche infatigable et clairvoyant : tel est notre père Its’hak, tel est son message dans notre paracha.

Voilà également ce qu’est la nature d’un enfant — quel qu’il soit, même le plus grand des « gangsters » — il reste à l’affût, attend résolument la bénédiction de son père, ce message qui le portera durant le restant de sa vie, message ô combien authentique et qui viendra toucher son ego.

Pour télécharger le Dvar Matok 🍯 

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Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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