Parachat Tetsavé À la mémoire d’Élie Marey zal
La Mode à petits prix
Quel titre pourrais-je entendre avant même de commencer mon travail ?
Avis à la population : le rabbin va parler de mode ? Et en plus, à petits prix ? Ça existe ?
Voilà ce que les plus empressés pourraient être tentés de faire circuler comme info !
Nul ne peut se penser, se dire, d’une manière ou d’une autre épargné, non intéressé ou non impacté par la mode. Que dire des privilégiés que nous sommes, nous qui habitons Paris, Paris l’élégante, élue capitale de la mode ?
Faisons, ensemble, un détour obligé, direction : le fond de ma pensée.
Dans notre paracha, D. enseigne à Moché Rabbénou la confection des habits qui devront être réalisés et ornés pour parer le Cohen Gadol et sa famille : la tunique, le chapeau, son tablier et même son caleçon.
L’essence même de cet ordre divin ne manque pas d’être explicite dans le verset :
« Tu feras confectionner des vêtements sacrés pour Aharon, ton frère, insignes d’honneur et de majesté. »
Des habits honorifiques et majestueux !
Mais pour qui, me dis-je ? En l’honneur d’Aharon ou de D. ?
Pour les deux, nous dit le Ramban.
Nous voilà au point d’exergue de notre enseignement.
Effectivement, la mode a pour but de définir les codes vestimentaires d’une société, d’unifier globalement le style des gens, de promouvoir par cela, le vivre-ensemble.
La recherche de l’avant-garde oblige certaines enseignes à tenter de se démarquer en créant un style atypique, destiné aux plus excentriques d’entre nous. Mais l’idée se tient.
Dans notre paracha, les habits d’Aharon sont spéciaux : ils apportent l’expiation pour l’arrogance, pour le lachon hara, pour les mauvaises pensées de l’homme, et pour le manque de sainteté dans les relations humaines.
Il va sans dire que la mode peut être un atout majeur dans le développement de la société, mais, vigilance oblige, elle peut aussi être la source de son déclin, tant matériel que spirituel.
Parmi les pièges auxquels nous nous trouvons tous confrontés se trouvent aux premières loges, la surconsommation et la pression sociale engendrées par la mode ? Qui d’entre nous n’a jamais mis de côté certaines valeurs spirituelles – autrefois universelles – pour ne pas se sentir différent des autres, au détriment de sa dignité, de sa pudeur voire de son intimité ?
Là intervient D.
« Tu feras à ton frère Aharon des vêtements sacrés… »
Des habits qui rappelleront au peuple la chance qu’il a de pouvoir servir l’Éternel, de s’élever et de se sanctifier à travers sa tenue vestimentaire, tout en gardant à l’esprit les valeurs fondamentales de l’humanité : l’humilité, la sainteté, le respect d’autrui, la force de la parole et des pensées positives.
Ainsi, chacun, à sa manière, quelle que soit l’époque dans laquelle il vivra, pourra faire un choix majeur dans sa vie :
Choisir « la mode à petits prix ».
Ces habits, aussi élégants soient-ils, doivent avoir un petit prix spirituel : ils ne doivent pas entacher notre lien indéfectible avec le Tout-Puissant ni avec notre entourage. Bien au contraire, ils doivent tisser des liens de fraternité et d’élévation, entre les hommes et avec les cieux.




