Vendredi 5 Iyar 5708 (14 mai 1948), à 16h, environ huit heures avant la fin officielle du mandat britannique et conformément à la résolution de partage de l’ONU du 29 novembre 1947, David Ben Gourion proclama solennellement la création de l’État d’Israël.
La Déclaration d’Indépendance fut signée lors d’une cérémonie historique.
Cette proclamation fut volontairement avancée au vendredi après-midi, quelques heures avant l’expiration du mandat (prévue le 15 mai à minuit), afin de respecter l’entrée imminente du Shabbat et d’éviter toute profanation.
La date hébraïque de cet événement, le 5 Iyar, devint celle de Yom HaAtzmaout, la fête de l’indépendance de l’État d’Israël. (Wikipedia)
Dans la paracha de cette semaine, nous retrouvons la mitsva de la Brit Mila — une mitsva bien plus ancienne que les textes de la paracha elle-même.
Elle fut ordonnée à Avraham Avinou près de 400 ans avant le don de la Torah au Sinaï.
Alors, quelle est cette mitsva ?
Quelle est sa segoula — sa force spirituelle, sa particularité unique ?
Une célèbre discussion entre Rabbi Akiva et Turnus Rufus vient éclairer ce mystère :
Un jour, Turnus Rufus, haut responsable romain, demanda à Rabbi Akiva :
« Quelles œuvres sont les plus belles — celles de D. ou celles des hommes ? »
Rabbi Akiva répondit calmement : « Celles des hommes. »
Le Romain, choqué : « Peut-on créer le ciel et la terre ?! »
Rabbi Akiva rétorqua : « Ne parle pas de choses hors de portée de l’homme, mais de ce qui est en son pouvoir. »
Alors, Turnus Rufus le questionna sur la Brit Mila : « Pourquoi pratiquez-vous la circoncision ? »
Rabbi Akiva avait anticipé cette question :
« C’est justement pour cela que je t’ai dit que les œuvres humaines peuvent être plus belles. »
Il apporta deux choses : des épis de blé — l’œuvre de D. — et des gâteaux — œuvre de l’homme.
« Ne vois-tu pas, dit-il, que les gâteaux sont plus beaux, plus accomplis ? »
Le Romain insista : « Si D. veut la circoncision, pourquoi l’enfant ne naît-il pas circoncis ? »
Rabbi Akiva répondit :
« Pourquoi alors l’enfant ne naît-il pas sans cordon ombilical ? Pourquoi sa mère doit-elle le couper ?
Ce que tu dois comprendre, c’est que D. n’a donné les mitsvot à Israël que pour les affiner, pour les élever.
Comme le dit le roi David : “Les paroles de l’Éternel sont pures.” »
L’indépendance de l’État d’Israël, tout comme la mitsva de la Brit Mila, ne sont pas de simples actes symboliques.
Ce sont des expressions profondes de la grandeur de l’homme, de sa capacité à transformer, à sublimer, à dépasser.
Elles nous enseignent que l’être humain n’est pas figé dans sa forme d’origine. Il n’est pas limité à ce que D. lui a donné au départ. Il est appelé à grandir, à agir, à parfaire le monde à travers le dépassement de soi.
Ainsi, alors que nous fêtons ce Shabbat l’indépendance de l’État d’Israël, prions pour que cette indépendance soit véritable — pas seulement militaire ou politique, mais profondément spirituelle.
Qu’elle reflète un peuple qui reconnaît sa mission divine, Un État juif, fidèle à la Torah, respectueux de sa tradition, Un peuple libre, oui — mais libre d’accomplir sa vocation.
Ces différentes mitsvot et événements ne sont pas simplement la preuve d’un libre arbitre accordé à l’homme. Elles sont l’opportunité de nous démarquer loyalement de nos semblables, en mettant en valeur notre singularité. Par extension, notre loyauté envers Lui, symbole de Sa bienveillance et de la confiance qu’Il place en nous.
Am Israël Haï – Chabbat Chalom!




