Que diriez-vous de rester dans l’esprit des vacances, non ?
La rentrée laisse poindre le bout de son nez avec son lot de … Appliquons-nous à maintenir le temps d’un songe la saveur des vacances en bouche.
Pour cela, rien de tel que notre paracha !
En effet, jusqu’alors, les enfants d’Israël ne pouvaient consommer de la viande qu’à condition d’apporter un korban chelamim – un sacrifice de paix – sur l’autel extérieur. A présent, D. demande à Moché Rabbénou d’enjoindre l’application de lois futures aux enfants d’Israël à compter de leur entrée en Terre sainte :
« Lorsque l’Éternel ton D. élargira ton territoire comme Il te l’a promis, et que tu diras : “Je voudrais manger de la viande !” parce que ton âme en a désiré, tu pourras manger de la viande autant que ton âme en aura envie » (Devarim 12,20).
Tadam ! Coup de théâtre ! Plus besoin de korban chelamim ! Désormais, il sera permis de procéder à la che’hita d’un animal, où que l’on se trouve, et de le consommer librement.
Question ! Avance un de nos sages commentateurs : depuis quand la Torah encourage-t-elle le désir de manger de la viande, et, de surcroît, ce désir « sans modération » ?
Que faire de la prescription : « Soyez saints » — même dans ce qui vous est permis ?
Savlanoute ! Avant de donner sa réponse, sachons nous arrêter sur un autre détail du verset :
« Lorsque D. élargira ton territoire… ».
Comment comprendre cette précision ? Serait-ce uniquement « lorsque vous serez dans l’opulence » ?
Passons une fois de plus par les lumières de Rachi :
« La Torah nous enseigne ici une règle de vie, du derekh erets : il n’est pas convenable qu’un homme désire consommer de la viande s’il ne vit pas dans l’aisance. (Houlin 84) »
Aïe, aïe, aïe… Vous l’avez compris, mes amis, message difficilement audible par les moutons que nous pourrions être ! Adeptes dociles d’une société sans limites, où les rangs sociaux tendent à s’estomper jusqu’au point de s’effacer, où la pression sociale conduit au mimétisme, en une propension stérile et passive à vouloir parfois aveuglément imiter les riches.
Tenez-vous bien, nous n’en sommes là qu’au début de la réflexion !
Certes, tu peux consommer de la viande autant que tu en désires, nous dit la Torah…
Mais gare ! A condition d’en avoir réellement les moyens. Et surtout, à condition de conserver au plaisir la place que l’on se doit de lui conférer et de lui préserver — ne jamais le faire sombrer dans la banalité, la fadeur, ne jamais le vider au point de le dénaturer, le désincarner de sa valeur.
Quelle puissance que cet enseignement !
Rester raisonnable. A entendre non pas exclusivement dans le sens de la modération, mais bel et bien dans le sens de la raison, de la réflexion.
Car, il va sans dire qu’il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir se faire plaisir, et même quand ce cadeau nous est offert du Ciel, il ne s’agit aucunement de s’égarer au point de déconsidérer la valeur intrinsèque des choses, au point de leur faire perdre leur éclat, leur grâce et leur vraie saveur, il faut savoir raison et mesure garder, le sens du discernement !
Voilà, mes amis, le message de D. : beau, actuel, si nécessaire à notre époque.
Alors, de retour des vacances, calmons un peu nos ardeurs, laissons respirer nos comptes bancaires (rire) …
Mais surtout, souvenons-nous de remercier D. pour ces bons moments passés en famille, abstraction faite de la destination et du contenu spécifique.
Le simple fait d’avoir pu nous offrir une pause, un temps de repos, correspond déjà en soi, en un cadeau divin.
À vos fourchettes… et livriout pour votre prochain steak, dans la joie et dans la gratitude !




