Parachat Pinhas: La recette de Moché Rabbenou pour réussir 

Le Dvar Matok est offert par la famille Kakoun que nous remercions pour l’anniversaire et la réussite de Tal Aaron ben Haïm et Sophie Alice Rivka🎂

Alors que Moché Rabbenou reçoit l’ordre divin de rejoindre ses pères, sa première préoccupation ne se réduit pas à celle de son propre sort, mais bel et bien à l’avenir de son peuple. Il en a l’intime intuition, il le sait, il en est pleinement conscient : laisser tout un peuple dans le désarroi le plus total pourrait le faire sombrer au plus bas.

L’Éternel exauce sa prière, lui répond : « Prends pour toi Josué, fils de Noun… » En ce point précis, le texte sacré nous livre une fabuleuse nuance :

« Tu mettras de ta splendeur, de ta gloire, sur lui ». Plus loin, D. lui dit de lui imposer la main : « et tu poseras ta main sur lui. »

Il importe de savoir apprécier la bienveillance et la générosité infinie de Moché qui ne se suffit pas d’apposer une seule main, comme s’il mesurait son héritage. L’empreinte suprême du maître pour son disciple oblige, il veut faire de son disciple un ustensile rempli, débordant de sagesse. Le verset nous dit ensuite : « Il posa ses deux mains sur lui, et lui donna ses ordres… »

Peut-on imaginer plus bel acte de grandeur !

Vous savez, une question lancinante peut venir nous occuper quand on quitte ce monde, à savoir, que reste-t-il de nous dès lors ? Notre patrimoine ? Notre richesse matérielle ? Pure illusion d’optique ! Pures fadaises !

Imaginez plutôt la scène suivante : vous gardez cachée au grand jour une formule, un mystère, une force extraordinaire… Là, les gens auront de quoi parler après votre mort, n’est-ce pas ? C’est le propre de l’ego humain de vouloir garder une part d’exclusivité.

Conforme à son humilité légendaire qui atteint ici des sommets, Moché Rabbenou n’a pas eu cet orgueil d’être celui qui sait tout et qui ne transmet qu’une partie. Son souhait le plus cher ? Que son disciple connaisse l’intégralité de sa sagesse, jusqu’aux secrets les plus infimes, les plus intimes, les plus retranchés, particuliers.

Reçu 5 sur 5 ? Pour être plus explicite, tentons un petit dialogue de la vie quotidienne :

— Allô Stéphanie, comment ça va ? Dis-moi, j’ai adoré ton gâteau aux fruits rouges, Oh là là ! Une vraie bombe, un pur délice ! Tu vas bien me donner la recette ?

— Bien sûr Nelly ! (Mais en elle-même : « Quel pot de colle celle-là… Bon, je vais lui donner les ingrédients, en me gardant bien de lui confier mon petit secret de préparation, faut-pas abuser… »). Alors, tu prends 3 œufs, 300g de farine…

Bon, vous connaissez la suite… Le gâteau de Nelly est sorti du four pas complètement raté mais… bien loin de l’original ! Eh oui, que croyez-vous ? On n’est pas nés de la dernière pluie, on sait très bien comment fonctionne la nature humaine !

Penchons-nous à nouveau mais de plus près cette fois sur l’ordre donné par D. à Moché. Il se révèle double : Moché devait certes transmettre sa sagesse à savoir l’esprit mais aussi sa gloire, la majesté royale.

Côté sagesse, Moché se livre pleinement, il donne tout, avec ses deux mains.

Côté gloire, rayonnement extérieur, Moché écoute strictement la parole de D. et retient la mesure avec parcimonie : il ne lui transmet qu’une infime partie de sa splendeur, le Midrach toujours éclairant, compare Moché au soleil et Yehochoua à la lune.

Pourquoi donc ?

Rappelez-vous nous dit le Hatam Sofer: le visage de Moché rayonnait après le don de la Torah, il irradiait tellement que le peuple avait même peur de s’approcher de lui pour lui parler, à tel point qu’il dut mettre un masque.

Dans son amour infini pour Israël, Moché préfère que son disciple reste accessible au peuple, se refuse de l’imaginer éloigné de lui par une majesté trop écrasante.

Moché, lui, avait pu connaitre cette proximité avec le peuple avant que ce dernier ne faute, à un détail près qui n’est pas des moindres : la communauté avait eu le temps de se familiariser avec lui.

Or, Yehochoua ne bénéficiait pas encore de ce vécu avec eux. Afin que le courant passe, qu’il devienne un dirigeant à l’écoute, il lui fallait rester abordable. Pour ce faire, évidemment rien de mieux que la stricte conformité à la mesure dictée par D..

Vous l’aurez compris, le message de notre récit est double et s’applique à chacun d’entre nous au quotidien :

Premièrement, le don total : vouloir le meilleur pour nos amis, nos élèves, notre famille. Transmettre ce que l’on sait sans aucune rétention, sans la moindre petite cachotterie de recette.

Deuxièmement, l’humilité dans le leadership : même dans un cadre prestigieux, même lorsqu’on s’élève de façon majestueuse, il faut toujours veiller à rester au plus près des gens, accessible et à l’écoute.

Chabbat Chalom

Pour télécharger le PDF 👇🏻

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Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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