Parachat Pekoudé À la mémoire d’Élie Marey zal – Pour la hatslaha de Anna Tsipora bat Sarah veYaacov
Nissan – un mois propice à la délivrance
Cette semaine, mes chers amis, nous achevons la lecture du deuxième livre de la Torah, le Séfer Chemot.
Il va sans dire que la clôture de ce Séfer avec la construction du Michkan ne relève en rien de la coïncidence, pas plus que sa date d’édification, le 1er jour du mois de Nissan, ne relève du hasard ! Nous qui annonçons, à notre tour, ce Chabbat, l’arrivée de ce mois béni !
Tentons d’élucider le lien profond de l’association de ces 3 éléments :
– La fin du Séfer Chemot
– La construction du Michkan
– Le mois de Nissan
Le Séfer Chemot n’est pas un récit anodin. Il raconte bien plus qu’un enchaînement d’événements : c’est l’histoire d’une famille qui, à travers les affres de l’esclavage, de cette redoutable épreuve, devient un peuple.
Un peuple meurtri, brisé, mais qui renaît de ses cendres pour recevoir la plus grande berakha : accueillir son Père céleste en son sein, au cœur du camp d’Israël.
Mais la magie de ce récit ne s’en arrête pas là.
L’inauguration du Michkan en cette date du 1er Nissan, un choix précieux, en souvenir, en l’honneur de ce mois qui n’est nul autre que celui de la création spirituelle du monde. (Rabbi Yehochoua- Roch Hachana p10)
« Benissan nigalou oubenissan atidin lehigael – en Nissan ils furent délivrés et en Nissan ils seront délivrés. »
D. nous livre ici une leçon intemporelle, un message adressé à Son peuple à travers les générations :
« Vous êtes invincibles. Votre destinée est de revivre, encore et encore, votre indépendance et votre délivrance. N’ayez pas peur de l’exil ni de vos oppresseurs : un jour viendra, ce fameux premier Nissan, où J’achèverai le but ultime de la création. Ce jour où Je résiderai à nouveau parmi vous. »
L’histoire du peuple juif commence par une descente en Égypte, histoire en apparence d’une simple famille qui semble vouée à disparaître, absorbée au sein d’un peuple plus puissant.
Mais ce serait sans compter sur l’ineffable génie du Maître du monde, capable des scénarios les plus improbables pour les esprits étriqués que nous sommes : D. en décide autrement. Il fait de cette famille la preuve vivante de Son existence, le symbole éternel de la foi et de l’espérance d’un peuple en sa délivrance.
De tout temps, l’homme-juif traverse des périodes d’exil jalonnées de moments difficiles où l’avenir prend des formes les plus incertaines, improbables, inquiétantes…
Vaille que vaille, il faut se parer d’une foi inébranlable, se lier à cette corde millénaire, ces maillons attachés à nos ancêtres, eux-mêmes enlacés à cette trame d’intimité première avec l’Eternel-Tout-Puissant.
Ainsi comme d’un simple geste de la main, pourra t’on effleurer cette corde, la secouer, percevoir dés lors le son de l’espoir infini retentir au point d’éveiller les plus belles et délicates mélodies, mélopées capables de nous animer du plus profond de notre âme vers ce noyau ancré, vaisseau de l’hymne par excellence de la liberté : le Chema Israël.
Fabuleuse phrase en harmonie que nous récitons tant dans les moments de joie que ceux plus délicats car elle incarne l’âme d’un peuple, de notre peuple.
Aujourd’hui encore, sachons prendre conscience du privilège immense d’appartenir à ce peuple qui s’attache inlassablement à l’espoir, sachons nous élever à notre véritable stature :
« Israël acher beha etpaar – Israël par lequel Je resplendis. »




