Parachat Nasso – Un sujet tabou de plus !

Ah là là..! Que de sujets tabous aujourd’hui soigneusement passés sous silence par notre société pourtant proclamée des plus débridées !

Violence, escroquerie, débauche… Tant de thèmes qui, selon la formule consacrée « ne sont pas en odeur de sainteté » ! Autant de sujets qui font mal.

Des sujets qu’il ne fait pas bon aborder à table, ni même avec nos enfants, pour les éveiller aux vérités du monde qui les entoure.

Fort heureusement la Torah, elle, dans toute sa magnificence, du haut de sa superbe, de ses sphères les plus élevées, ne manque pas d’évoquer tous les sujets, y compris ceux qui nous apparaîtraient comme les plus improbables ou invraisemblables.

Qu’il s’agisse d’inceste, de zoophilie, de meurtres, de violences… ou, comme dans notre paracha, d’infidélité.

Ici, exemple nous est donné d’un homme marié constatant que le comportement de son épouse ne correspond pas à celui qu’il attendait. A priori… Il y aurait un amant, une personne avec qui sa femme pourrait avoir une faiblesse.

La Torah fixe le protocole à suivre : il va l’avertir, lui interdire de s’isoler avec l’homme en question. Si persistance il y a, si la femme s’isole malgré tout ou adopte un comportement étrange, alors l’homme pourra conduire son épouse devant le Cohen, au Temple.

Ce dernier, de lui faire boire s’il le juge opportun, cette potion désignée comme « les eaux de la femme Sota ».

Une eau « magique », selon certains. D’après le Keli Yakar, une eau tout à fait naturelle, qui joue un rôle de test : savoir si la femme a été ou non, souillée par une tierce personne.

Est-elle encore pure ?

Le but de ce processus : rien moins que de tenter de rétablir la confiance dans le couple, défi des plus délicats !

Outre le caractère anecdotique, un point ne manque pas de retenir notre attention dans le déroulement de cette mise en scène. En effet, avant même de boire cette eau, la femme se devait d’apporter une offrande au Temple : une min’ha, appelée Min’hat Kenaot, l’offrande des jalousies.

Rachi dans le cinglant de son regard d’affirmer : deux jalousies s’expriment ici.

La jalousie du mari envers sa femme… et la jalousie de D. envers elle.

Il nous faut comprendre ce phénomène de jalousie.

Pour parler tout à fait franchement : cette femme a peut-être voulu se faire « plaisir » avec un autre homme. Parler de jalousie de son époux peut s’entendre, mais comment appréhender la jalousie de D. ?

La réponse est percutante, profonde, engageante.

Contrairement à ce que nous pensons ou ressentons souvent, l’homme ne s’appartient pas.

L’homme est et reste la créature de l’Éternel.

Une femme, au-delà d’être la fille du Kadoch Baroukh Hou, a un corps qui appartient à D., et aussi à son mari.

Entendons-nous bien, il ne s’agit nullement ici d’une appartenance charnelle ou matérielle.

Il s’agit d’une appartenance spirituelle, sacrée.

Lorsqu’une fille d’Israël en vient à banaliser une valeur ou un commandement divin, pour un simple plaisir — entre guillemets — voilà qui en appelle à la jalousie de son Créateur.

Comment ? Ma fille… Ma chair… Elle qui porte en elle Mon étincelle divine… Comment peut-elle rompre notre lien, à la fois spirituel et matériel, pour un plaisir si passager ?

Interrogation, bien sûr, symbolique de l’Éternel.

La suite en découle naturellement, et il en va de même pour son mari.

Alors qu’ils sont passés tous deux sous le dais nuptial, leur union ne s’entendait pas simplement pour la chair mais aussi pour leurs âmes.

D’où la question lancinante qui ne peut qu’envahir le mari dans ce contexte :

Pourquoi cette trahison ? Pourquoi souiller notre lien avec une tierce personne ? Nous étions unis… Ainsi se décline la jalousie du mari.

Pour revenir sur ce point qui retenait notre perplexité, rappelons que, avant même de boire la fameuse eau citée, cette femme devait apporter un korban.

Il s’agissait de montrer que l’infidélité déborde le cadre conjugal, elle est d’abord spirituelle.

Elle est une infidélité envers le Créateur. Et cela aussi demande réparation.

Voilà ce que vient révéler la paracha de Nasso.

Lorsqu’une faiblesse se manifeste, ne pas se cantonner à y voir « simplement » un problème conjugal ou matériel.

L’analyse doit conduire à y trouver une faille spirituelle, un manquement qui relève de l’éloignement intérieur, une distance profonde.

Là se situe le nœud du problème, de cette fragilité du lien avec D. qui, peu à peu, fragilise aussi le couple.

N’allez surtout pas croire que l’infidélité est un acte personnel, isolé, nous dit la Torah.

Elle est double. Elle brise, il va sans dire, le lien conjugal, Mais aussi … le lien avec D..

Sujet tabou ou non ? A vous de voir !

Mais une chose est sûre : qui dit tabou, dit : perché, corrompu, dissocié de D.

Entendez-vous bien le véritable message de notre paracha ?

Monsieur…Madame… : Warning, Please, Ne vous désolidarisez pas du Bon D.

 

 

 

 

 

 

 

 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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