Parachat Mikets

Une seule solution – c’est la révolution !

Dans la paracha de cette semaine, Yossef retrouve ses frères après plus de 20 ans de séparation. Yossef se lancera dans une investigation, tentative de sonder leurs âmes, de les redécouvrir sur le plan idéologique et s’enquérir de l’évolution de leurs valeurs, avec un zoom pointé sur leur sens de la famille. Il va sans dire que cette épreuve représente un ascenseur émotionnel pour Yossef sans perdre de vue les risques encourus au regard de sa fâcheuse expérience avec ses derniers au relent du fratricide.  Quid de leur esprit de famille à ce jour ?

Son audace se verra néanmoins couronnée de succès : pas plus loin que dans la paracha qui suit, ses frères afficheront un visage frondeur (front unique) face à Yossef, qui encore masqué sous son statut de monarque, feint de vouloir maintenir leur frère Binyamin en captivité, au risque de mettre en péril la vie de leur père. Unis comme un seul homme les voilà prêts à mettre l’Egypte à feu et à sang, avec pour seul but : ramener leur frère sain et sauf à leur père Yaacov.

Le récit de ce fait historique n’est pas sans me rappeler une actualité bien plus proche de notre temps. Allusion qui n’aura pas manqué d’éveiller votre perspicacité et votre esprit d’à-propos :  la Révolution française diriez-vous avec fierté ! … Nenni !

La révolte des Maccabim, le miracle de Hanouka.

Eh oui ! Hanouka, la fête que nous commémorons cette semaine. Hanouka, cette funeste période où les Grecs interdirent la pratique de la religion juive au sein de la société d’Israël, pire, au cœur de Jérusalem, pire, dans le Temple, le Beit Hamikdash !

Chose consternante, tout comme la révolte des frères de Yossef, la révolte des Maccabim contre les Grecs n’intervint pas dès le début de l’occupation grecque ou de l’interdiction de pratiquer le Shabbat, la Brit Mila, etc. Pas non plus à l’emprisonnement de Shimon, qui précéda celui de Binyamin.

Alors, pourquoi ont-ils agi, me direz-vous ?

A quand la goutte… ? Le vase… ?

Il faudra attendre l’arrestation de Binyamin. Ou encore, drame redoutable, quand la fille du Cohen Gadol, la sœur des Maccabim, dut être livrée la veille de son mariage pour être souillée par un dignitaire grec.

Comprenez bien, l’enjeu, ici, une révolte ne peut se réduire en un acte individuel, mais bien collectif. Elle représente  cependant, le mécontentement d’un groupe uni, d’une société tout entière.

La garantie de réussite d’une révolution : l’unité du peuple, des révolutionnaires. Voilà comment et pourquoi la révolte des frères et celle des Maccabim portèrent leurs fruits.

«Balivernes, Monsieur le rabbin !» crois-je entendre. «Nous sommes loin du texte de Al Hanissim institué par nos sages dans la prière ! Vous vous égarez vénérable rabbin !»

Chers fidèles, on ne peut décidément pas vous berner ! Enfin… Vous avez raison : tout ce que nous avons dit jusqu’à présent est juste à 99,99 %. Mais ce serait voué à l’échec si un autre facteur ne se manifestait pas :

« Pour les miracles, pour la délivrance, pour les actes de bravoure, pour les sauvetages et pour les guerres que Tu as opérés pour nos ancêtres en ces jours-là, en ce temps-ci. »

Comment cela ! ?  D. aurait opéré pour nos ancêtres ? Ce sont bien eux qui se sont rebellés, eux qui ont risqué leur vie pour sauver leur identité juive !

Sans conteste, mais pour qu’une révolte fonctionne, la clause suspensive bien entendu : il faut que D. y prenne part.

Voilà toute la subtilité, la difficulté dans l’organisation d’une révolte : qui oserait prendre cette initiative sans être persuadé que D. sera avec lui ?

Voilà, mes amis, ce qu’ont fait nos héros : ils ont écrit une partie de l’histoire de l’humanité, main dans la main avec D. .

Que leur mérite nous porte bonheur, que leur motivation devienne aussi la nôtre, pour qu’à notre tour, nous puissions mériter de voir D. s’allier à nos œuvres. Amen.

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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