Parachat Michpatim Le Talmud de Babylone – Ravina et Rav Achi

Parachat Michpatim

Le Talmud de Babylone – Ravina et Rav Achi

Cette semaine, une actualité bien particulière a retenu mon attention :

« Des hassidim du courant Breslev ont rénové la tombe de Rav Achi lors du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. »

Mais qui sont ces personnages du Talmud, et quelle reconnaissance devons-nous leur rendre ?

Avant de partager avec vous l’importance de ces deux figures fondamentales du judaïsme, penchons-nous d’abord sur le premier verset de notre paracha afin d’illuminer leurs actions et de leur rendre hommage :

« Voici les lois que tu placeras devant eux (les enfants d’Israël). »

Les commentateurs expliquent qu’il ne faut entendre là, un ordre spécifique adressé à Moché de transmettre au mieux la Torah aux enfants d’Israël, mais bien d’une injonction valable pour chaque dirigeant spirituel de toutes les générations confondues.

D’où la célèbre phrase du Talmud :

« Iftakh bedoro keChemouel bedoro » – « Iftakh, le guerrier, est dans sa génération comme le prophète Chemouel dans la sienne. »

Iftakh fut un grand guerrier qui sut guider et protéger le peuple d’Israël à son époque. Il était loin d’être un prophète et encore moins comparable à Chemouel, qui, selon nos Sages, équivalait en grandeur à Moché et Aharon réunis. Pourtant, son autorité, bien que différente, devait être respectée de la même manière que celle de Chemouel dans sa génération.

Que veut nous enseigner la Torah ici ?

On pourrait poser comme prédicat du judaïsme, le respect du peuple envers ses dirigeants. Ce qui nous conduit à supposer ici, un message plus profond de la Torah.

L’ordre divin adressé à Moché et à ses successeurs nous enseigne que, malgré le passage du temps, un Rav doit s’efforcer de transmettre les valeurs et les lois de la Torah avec la même force et la même vérité que Moché les a transmises à son peuple.

Mais comment y parvenir dans un monde dynamique par essence ? En effet, si nous considérons l’évolution nécessaire du monde, de ses usages, de ses coutumes, il nous faudrait admettre que la modernité s’impose. Comment enseigner une Torah « datée », « ancienne », « vieillotte » diraient certains, « Torah d’un autre temps », qui parle de peuples dits « primitifs » et de sociétés bien différentes de la nôtre ?

C’est précisément là qu’interviennent avec l’éclat et le génie qui les caractérisent, nos Sages Ravina et Rav Achi, rédacteurs et compilateurs de la plus grande œuvre de tous les temps : le Talmud de Babylone.

Contrairement à certains courants qui cherchent à adapter la Torah à leur époque en réinterprétant sans cesse ses préceptes, pire, en les annulant au nom du progrès, Ravina et Rav Achi ont choisi une autre approche. Plutôt que de modifier la Torah, ils revisitent son enseignement et l’actualisent, et, ce faisant, la rendent accessible à chaque génération.

Doit-on rappeler un des fondements essentiels du judaïsme posé en exergue par le Rambam (Maïmonide) dans ses Treize Principes de Foi : la Torah est immuable, unique et doit rester inchangée.

Aucun de ses commandements ne peut être ajouté ou retiré, elle demeure éternelle à travers les générations. Telle est la vision défendue par Ravina et Rav Achi au gré de leur rédaction du Talmud : non pas une Torah que l’on adapte, mais une Torah que l’on actualise dans son enseignement tout en conservant son intégrité absolue.

Vous pourriez m’avancer : « Mais, Monsieur le rabbin, vous ne nous avez rien appris cette semaine ! »

Erreur ! Mon cher Watson !!! Je nous ai appris aujourd’hui, qu’il est essentiel d’évoluer avec le temps, de revisiter notre héritage et de redonner goût à nos anciens comme à notre jeunesse pour qu’ils comprennent la beauté intemporelle de la Torah.

Car, soyons honnêtes, et je m’adresse y compris aux communicants les plus zélés : savez-vous aujourd’hui comment capter l’attention d’un jeune homme ou d’un vieillard qui ne connaît du judaïsme que l’image d’un peuple « beau, riche et intelligent » ?

Alors, allons-y ! Au travail !

Le kever de Rav Achi se trouve à la frontière entre le Liban et l’État d’Israël. Aujourd’hui, la frontière a été déplacée, et la tombe de ce grand Amora se situe désormais entièrement dans le territoire israélien.

Qui sait ? Peut-être aurons-nous un jour la chance d’y faire pèlerinage ?

En attendant, prenons exemple sur ces sommités, mettons-nous à l’ouvrage et tentons de rédiger le Talmud de notre génération, de notre temps !

 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *